Créées pour répondre aux besoins de développement économique et industriel de la France depuis le 19ème siècle, les Ecoles des Mines ont accompagné toutes les révolutions industrielles et des communications. Et ses diplômés continuent de le faire ! Ingénieurs agiles, dotés d’une solide base scientifique généraliste, ils s’adaptent tout au long de leur carrière, et sont plus que jamais ouverts sur l’international. De fait, ils s’illustrent aussi bien en experts techniques qu’en managers technologiques et en acteurs de transformation sociétale. On vous explique comment.
SOMMAIRE
L’interview de Godefroy Beauvallet, directeur de Mines Paris-PSL
L’interview de Cécile Dubarry, DG de l’IMT
Vous recherchez R&D et compétitivité ? Frappez à la porte des Mines !
What’SUP dans les Ecoles des Mines ?
Si je rejoins une école de l’IMT à la rentrée 2026 je suis sûr de…
« Le grand défi des ingénieurs aujourd’hui, c’est de garantir la prospérité dans un monde fini » – L’interview de Godefroy Beauvallet

A Mines Paris-PSL on entend d’ailleurs former des ingénieurs de l’innovation, mais aussi des ingénieurs de la protection. Son directeur, Godefroy Beauvallet, nous en dit plus
Pour définir l’ingénieur des Mines, vous parlez du carré magique de l’ingénieur généraliste. Mais quelles en sont les quatre faces ?
D’abord, la profondeur scientifique, en opposition au feeling of knowledge, particulièrement dangereux à notre époque. Ensuite, l’agentivité technologique, c’est-à-dire la capacité de faire, à ne pas être spectateur. A cela s’ajoute le recul créatif, cette capacité à résoudre des problèmes en prenant en compte les contraintes (éthiques, climatiques) tout en dépassant les dilemmes qu’elles peuvent poser. Et enfin, le leadership relationnel, qui suppose de savoir mener des projets et des équipes, mais aussi, parfois, de construire des alliances et de se positionner en loyal serviteur du projet. C’est l’assemblage de ces quatre côtés qui permet à l’ingénieur de Mines Paris d’être un généraliste… mais pas un spécialiste en généralité !
Membre de l’Université PSL, vous portez son projet de bachelor international I-BE³, qui sera lancé à la rentrée 2026. Dites-nous en plus.
Ce bachelor que nous portons avec l’ESPCI Paris – PSL et Chimie ParisTech – PSL (nos écoles sœurs), s’inscrit dans le cadre de la Paris School of Engineering de PSL. C’est notre manière de contribuer à la formation des natifs de la transition écologique. En effet, nous ne pouvons pas former les futurs ingénieurs – celles et ceux qui sont nés après le Sommet planète Terre de Rio – comme avant. Fort de ce constat, ce bachelor regarde la science depuis un autre point de départ et forme en proximité de l’applicatif. Ce bachelor en trois ans 100 % en anglais est construit sous forme de semestres thématiques, autour d’un fil rouge disciplinaire et d’un fort angle projet. De fait, notre école, qui allie depuis toujours « théorie et pratique », sa devise, est très bien placée pour porter ce projet. C’est une première dans l’histoire de Mines Paris – PSL. Un gros challenge qui nous permettra, je l’espère, d’attirer plus de profils internationaux atypiques, plus de jeunes femmes et, dans tous les cas, des gens porteurs d’inventivité pratique.
L’ingénieur des Mines est-il voué à agir au service de l’État, des entreprises ou de la planète ? Le grand défi des ingénieurs aujourd’hui, c’est de garantir la prospérité dans un monde fini. Relever ce défi nécessite d’être à la fois plus astucieux et plus précis. Un exemple pour illustrer ce point : si on se fiche de la biodiversité, l’insecticide est une très bonne solution pour cultiver des betteraves, mais quand on s’en préoccupe, la solution est beaucoup moins évidente ! Dès lors, l’ingénieur de Mines Paris- PSL se doit d’être au service de l’Humanité, de la planète, de tout et de tous, et à son échelle, au service de l’Etat, de son territoire, de ses projets. C’est ça qui fait la beauté de notre modèle.
« Nos ingénieurs sont au service du développement économique, de la société, de la nature et du monde » – L’interview de Cécile Dubarry

Les diplômés de l’IMT sont plébiscités par les entreprises pour leur vision systémique et leur capacité à appréhender les problématiques techniques et leur impact environnemental et social. Mais qui est l’ingénieur IMT aujourd’hui ? Réponses de Cécile Dubarry, directrice générale de l’IMT.
Quelles sont les trois grandes orientations stratégiques de l’IMT cette année ?
S’adapter, s’adapter, s’adapter ! Environnement, budget, attentes des entreprises : dans un monde aussi mouvant, notre principal enjeu, c’est d’être dans le mouvement. Parmi les gros chantiers de cette année, je citerais bien sûr l’intégration de l’IA dans l’ensemble des métiers de l’IMT, formation, recherche et services supports, sujet stratégique que nous abordons dans une approche collective et fédérale. Nous allons par ailleurs déployer l’offre entreprises IMT définie au cours de l’année écoulée en s’appuyant sur les initiatives et les meilleures pratiques de chacune des écoles.
S’adapter c’est le propre de l’ingénieur ! Mais selon vous, qui de l’ingénieur généraliste ou de l’ingénieur spécialiste est le plus à même de relever les défis de l’ingénierie du 21ème siècle ?
Il ne faut pas opposer ces deux profils qui sont en réalité très complémentaires. L’ingénieur généraliste que nous formons se caractérise par sa capacité à avoir une vision suffisamment globale pour formaliser des problématiques complexes, et leur trouver des solutions en prenant la pleine mesure de leur impact sur la société et sur le monde. Cette formation généraliste permet également à nos diplômés de ne pas s’enfermer dans une filière unique, et de pouvoir s’adapter, évoluer, tout au long de leur carrière.
Les écoles de l’IMT forment-elles encore des ingénieurs ou plutôt des managers technologiques ?
Pour répondre aux besoins des entreprises, nos écoles d’ingénieurs combinent un socle technologique très solide et des briques essentielles en matière de gestion de projet, de travail en équipe, de RSE, etc. Une formation qui permet à nos élèves de s’ouvrir un maximum de possibilités, allant de l’expertise technologie pure, au management. Il ne faut pas oublier que l’Institut Mines-Télécom compte aussi parmi ses membres IMT-BS, une business school pas comme les autres, dont l’objectif est justement de former des ingénieurs-managers.
De fait, l’ingénieur diplômé d’une école de l’IMT doit-il être au service de l’État, des entreprises ou de la planète ?
Nous le formons pour être au service du développement économique, de la société, de la nature et du monde. Nous outillons nos étudiants et diplômés dans cette optique, sans être normatifs : l’avenir et leurs choix leur appartiennent !
Vous recherchez R&D et compétitivité ? Frappez à la porte des Mines !
Des partis-pris qui font aussi des Ecoles de Mines des partenaires de choix de la R&D de l’industrie française et internationale. La preuve.
Avec un chiffre d’abord : 30 millions. « C’est le montant des financements issus de la recherche contractuelle, hors chaires de mécénat via la Fondation Mines Paris. Cela représente environ deux tiers de la subvention de l’État, ce qui illustre à quel point la recherche de Mines Paris-PSL est profondément connectée au monde socio-économique » introduit Paolo Stringari, directeur de la recherche à Mines Paris-PSL. L’école défend d’ailleurs une recherche à double impact. Une recherche « qui repose sur des partenariats industriels durables dans le temps, fondés sur une interaction continue entre chercheurs et ingénieurs, et qui se construit en phase avec les problématiques industrielles réelles. Les développements technologiques de l’entreprise sont directement influencés par les résultats scientifiques, et inversement, nos travaux académiques se nourrissent de défis applicatifs nouveaux, qui génèrent fréquemment des avancées en recherche fondamentale » ajoute-t-il.

Des impacts scientifiques et industriels concrets
Le partenariat de Mines Paris-PSL avec Safran en est d’ailleurs une bonne illustration. Celui-ci a en effet permis de mener des recherches « sur le cracking du méthane par procédé plasma haute température, permettant de produire de l’hydrogène tout en stockant le carbone sous forme de noir de carbone, utilisé notamment dans la fabrication de pneus. Ce procédé a conduit à la création et au développement de la startup américaine Monolith. Il a également nécessité une compréhension approfondie du plasma et de sa production maîtrisée dans des réacteurs appelés torches plasma. Ces travaux ont généré des avancées fondamentales en physique des plasmas, avec des retombées allant jusqu’à la compréhension de phénomènes astrophysiques, comme les conditions de formation de la poussière de certains types d’étoiles. » Autre exemple emblématique de cette recherche à double impact : le travail entrepris avec Air Liquide pour répondre à un des enjeux majeurs de l’industriel : la liquéfaction de l’hydrogène, nécessaire pour son transport et son stockage. « À -250 °C, l’hydrogène subit une conversion entre ses deux isomères quantiques (ortho/para), phénomène exothermique pouvant provoquer une réévaporation partielle. Pour permettre un déploiement industriel à grande échelle de l’hydrogène, nous avons contribué à une meilleure compréhension de son comportement quantique fondamental, afin de maîtriser ces processus thermodynamiques et sécuriser sa liquéfaction » explique l’expert. De fait, impact industriel, sociétal et avancées fondamentales se renforcent mutuellement.
Pour faire de la bonne recherche appliquée, il faut savoir faire de la recherche amont
Un constat que partage Laurence Le Coq, directrice déléguée à la recherche et l’innovation de l’IMT. « Notre ministère de tutelle est le ministère de l’Industrie : il est donc dans notre mission d’accompagner le développement économique de notre industrie. Et c’est ce que nous faisons à travers nos formations et les résultats de notre recherche, que nous mettons au service du développement des industriels. En tant que groupe d’écoles d’ingénieurs et de management, notre formation et notre recherche sont forcément très connectées aux technologies industrielles et à leurs applications concrètes. Nous participons au développement de nouvelles solutions et technologies pour les aider à continuer à se positionner sur le marché et à se transformer, pour toujours allier performance et souveraineté. Mais si nous sommes capables de faire de la bonne recherche appliquée, c’est aussi parce que nous savons faire de la recherche amont. Notre programme de financement de thèses, Futur, ruptures & impacts en est une bonne illustration. Celui-ci soutient des projets de thèses d’excellence aux approches radicalement nouvelles, susceptibles de transformer durablement l’industrie et la société, avec des impacts profonds dans des domaines clés tels que l’écologie, l’environnement, le numérique, et bien plus encore. La preuve que la recherche amont, c’est la recherche appliquée de demain. »
L’IMT soutient les startups deeptech Le concours Up To Start by IMT est dédié aux technologies deeptech et de rupture. Parce que « le passage de l’invention à l’innovation reste un moment charnière et complexe, qui nécessite des temps de développement longs, des investissements conséquents, et s’accompagnent fréquemment de verrous technologiques, industriels ou réglementaires », celui-ci soutient des projets scientifiques ambitieux, portés ou développés en collaboration avec des chercheuses ou chercheurs des laboratoires des écoles de l’IMT. « Ce concours d’entreprenariat offre aux startups un écosystème d’excellence pour franchir ce cap et préparer leur industrialisation à travers le réseau d’incubateurs des écoles de l’Institut Mines-Télécom. » Chaque lauréat intègre l’incubateur de son école d’origine et y bénéficie d’un accompagnement stratégique, technologique et entrepreneurial.
What’SUP dans les Ecoles des Mines ?

Les réponses aux grandes transitions, c’est dans les Ecoles des Mines qu’on les trouve ! La preuve en actus.
Mines Saint-Etienne assoit sa présence dans le top 201-300 du classement général IMPACT 2025 du Times Higher Education, où elle se classe même 1er ou 2ème établissement français sur six ODD. Illustration de cet engagement dans la transition environnementale, l’école des Mines de Saint-Étienne, la startup eenuee et l’Agence nationale de la recherche ont inauguré en octobre dernier le Laboratoire Commun DISC-AER. Celui-ci vise à accompagner le développement d’avions 100 % électriques pour les déplacements interrégionaux. Un premier vol est programmé aux alentours de 2029 et une commercialisation envisagée en 2031.
Dans cette même optique de décarbonation, IMT Atlantique ouvrira à la rentrée 2026 la nouvelle formation d’ingénieurs par apprentissage Ecologie industrielle et décarbonation. L’objectif : former des professionnels capables de piloter des projets d’écologie industrielle, de gestion d’effluents et de décarbonation. Cette formation entend les doter d’une large palette de compétences (audit, diagnostic, montage et financement de projets, conduite de chantier, exploitation, maintenance etc.) pour les ouvrir à de nombreux métiers : consultant en environnement industriel, chef de projet en écologie territoriale, responsable de site éco-industriel, ingénieur énergie ou valorisation énergétique, chargé de développement en collectivité territoriale, etc.
Une dynamique qui anime aussi l’écosystème entrepreneurial d’IMT Mines Albi. Trois nouveaux projets ont d’ailleurs intégré son incubateur : GreenWorks (une solution éolienne innovante pour une énergie plus stable et durable), Reed Material (des panneaux biosourcés sans bois pour une industrie plus responsable) et ScanSecure (un outil de diagnostic pour fluidifier l’accès aux services d’urgences). Des projets qui pourront s’inspirer de la réussite d’Hopteo. Cette startup co‑fondée par trois diplômés d’IMT Mines Albi est spécialisée dans l’orientation scolaire numérique. Elle accompagne déjà plus de 40 000 jeunes, familles et établissements scolaires et lance une levée de fonds de 300 000 euros pour accélérer sa croissance.
Ce parti-pris pour l’innovation à impact irrigue aussi la communauté d’IMT-Mines Alès. La preuve avec EndoFix, lauréat du concours Up To Start by IMT de l’IMT. EndoFix est un projet de dispositif médical innovant dédié à l’amélioration de la prise en charge des troubles gynécologiques fonctionnels. En agissant sur la motricité utérine et la limitation du reflux menstruel, ce dispositif ouvre la voie à une nouvelle vision du soin gynécologique via un dispositif médical de rupture.
IMT Nord Europe déploie quant à elle un nouveau programme pédagogique pour son Cycle Ingénieur généraliste. Parmi ses fondamentaux : un renforcement du socle scientifique en 1A, un renforcement de l’ouverture vers la Transition Économique et Sociale et la création de huit parcours thématiques (Systèmes Intelligents Sécurisés et Communicants, Data science et IA Responsable, Industrie Durable, Ingénierie de la Conception Mécanique, Eco-ingénierie des Matériaux Polymères et Composites, Génie Civil et Environnement, Génie de l’Environnement et des Risques Industriels et enfin, Génie Énergétique). Cinq profils d’ingénieur sont aussi proposés aux étudiants de 2A pour compléter leur formation par des compétences managériales particulières liées à leur projet professionnel : ingénieur-entrepreneur, ingénieur d’affaire, ingénieur-pilote des transitions, ingénieur-manager et ingénieur-fonctionnaire.
Depuis plusieurs années, Mines Nancy se démarque en s’engageant activement au niveau européen, par le biais de projets de recherche et d’innovation. Depuis 2022, l’école a remporté quatre projets européens et prévoit d’en déposer deux nouveaux dès mars 2026. L’école coordonne également plusieurs projets emblématiques. Parmi eux : Future Networks Academy (six universités européennes de premier plan réunies pour démocratiser l’accès aux technologies de pointe dans le domaine des réseaux du futur) ou Erasmus Mundus Greenano (master européen porté par quatre établissements, pour former une nouvelle génération d’experts en nanotechnologies au service des transitions verte et numérique).
Si je rejoins une école de l’IMT à la rentrée 2026 je suis sûr de…
Dijane Schmitt est étudiante à IMT Nord Europe (promo 2026) et représentante élue des élèves au CA de l’IMT. Elle nous explique pourquoi elle a choisi une école de l’IMT.

« Après ma prépa, je cherchais une école généraliste qui puisse me mener vers l’énergie ou l’environnement. Disciplines, campus, vie asso, international : toutes les cases étaient cochées avec l’IMT, et surtout à IMT Nord Europe. J’y ai acquis un socle scientifique et technique solide, à la fois généraliste, avec un volet managérial que j’ai développé au sein de la Junior-Entreprise. Depuis début 2026, je représente les étudiants au CA de l’IMT. J’ai cette volonté de représenter les élèves, de leur donner une voix et de porter des sujets qui me tiennent à cœur, comme l’intégration des étudiants internationaux, les partenariats inter-Mines ou encore la prévention des VSS, un sujet sur lequel nos écoles font déjà beaucoup de choses. Pourquoi je recommanderais à un.e étudiant.e de choisir une école de l’IMT ? Parce que rien n’y est jamais tracé à l’avance ! Ici, tout est adaptable, les évolutions se font naturellement et dans une grande liberté. A l’IMT, on n’a jamais peur de faire le mauvais choix ! »