Innovation absolument révolutionnaire pour certains, source de dangers sans précédent pour d’autres : une chose est sûre, l’IA, ça fait débat. Il faut dire que ses impacts technologiques, sociaux et sociétaux sont colossaux. Et ce dans tous les domaines, du travail à la souveraineté des Etats, en passant par les industries culturelles, la formation, l’éthique ou les neurosciences. Pour ou contre, la vérité se trouve toujours au milieu. On vous aide à démêler le vrai du faux sur cinq grands débats qui animent la planète IA aujourd’hui. Troisième débat de la semaine : l’IA va-t-elle faire disparaitre mon job ?
C’est un fait, l’IA est partout et impacte donc de façon non négligeable le monde de l’emploi. Le Forum économique mondial prévoit d’ailleurs une augmentation de 22 % des emplois liés à l’IA, un chiffre qui monte jusqu’à 110 % pour les métiers liés à la donnée. Le Baromètre PwC – Emploi en IA (juin 2025) constate quant à lui une hausse de 273 % des offres d’emploi dans les métiers les plus exposés à l’IA en France entre 2019 et 2024, passant de 21 000 à 166 000 offres en six ans. Les secteurs les plus exposés à l’IA dans le monde affichant une croissance du CA par salarié trois fois plus rapide que ceux moins exposés. Par ailleurs, toujours selon ce baromètre, les emplois exigeants des compétences en IA dans le monde offrent une rémunération supérieure de 56 % en moyenne à la rémunération des emplois similaires sans exigence de l’IA. Cet écart a plus que doublé en un an.
Plus de qualification, des compétences nouvelles
Cette dynamique s’accompagne d’une hausse du niveau de qualification requis. En 2024, 58 % des offres d’emploi dans les métiers le plus exposés à l’IA exigeaient un diplôme (vs 54 % en 2019). De fait, les métiers liés à l’IA demandent cinq fois plus souvent un diplôme que les autres. « L’avancée rapide de l’IA transforme non seulement les métiers mais aussi les compétences requises. Ce n’est pas un simple enjeu de recrutement : même en payant le prix fort pour des talents IA, ces compétences peuvent rapidement devenir obsolètes sans des investissements pertinents dans la formation continue » expliquent les responsables du baromètre. Mais alors l’IA est-elle à même de faire disparaitre des emplois ? « On s’inscrit plus dans une logique de transformation des métiers. Celle-ci s’articulant autour de la collaboration entre l’IA (rapidité, automatisation des tâches) et l’humain (seul doté de compétences d’adaptation comme l’intuition, la subtilité, l’empathie, la capacité à agir systématiquement avec éthique etc.) » explique Anthony Hié.
Libérer le plein potentiel de l’IA au profit de l’emploi
Mais cela nécessite de libérer le plein potentiel de l’IA. Pour ce faire, le baromètre identifie des leviers clés. D’abord, utiliser l’IA pour transformer l’ensemble de l’entreprise, la considérer comme un levier de croissance (et pas seulement d’efficacité). Ensuite, prioriser l’IA agentique, ce système d’IA capable d’atteindre un objectif précis avec une supervision limitée, en faisant preuve d’autonomie, d’un comportement orienté objectif et d’adaptabilité, en ayant la capacité d’agir de manière indépendante et ciblée. Le baromètre préconise également dedoter les salariés des compétences nécessaires pour exploiter l’IA et enfin, de libérer le potentiel transformateur de l’IA en bâtissant la confiance. Et dans ces domaines, les entreprises ont encore du chemin à faire ! Selon l’étude Odoxa publiée en novembre 2024, seuls 12 % des salariés utilisent l’IA dans leur travail, seuls 52 % des utilisateurs ont été formés aux outils d’IA, dont 47 % estiment cette formation insuffisante.
L’IA arrive au Comex
C’est un fait : l’IA est devenue un des enjeux les plus stratégiques du moment, d’où l’intégration de plus en plus systématique de la DSI au sein des Comex et une véritable prise de conscience des dirigeants. Selon la 11e édition du CEO Outlook mené par KPMG, 71% des dirigeants mondiaux considèrent l’IA comme une priorité absolue d’investissement pour 2026, et 69 % (65 % en France) prévoient d’y consacrer 10 à 20 % de leur budget sur les 12 prochains mois. 79% des chefs d’entreprises mondiaux et français estiment que l’intégration de l’IA dans leurs organisations les a amenés à repenser la manière dont sont formés les collaborateurs.
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