Innovation absolument révolutionnaire pour certains, source de dangers sans précédent pour d’autres : une chose est sûre, l’IA, ça fait débat. Il faut dire que ses impacts technologiques, sociaux et sociétaux sont colossaux. Et ce dans tous les domaines, du travail à la souveraineté des Etats, en passant par les industries culturelles, la formation, l’éthique ou les neurosciences. Pour ou contre, la vérité se trouve toujours au milieu. On vous aide à démêler le vrai du faux sur cinq grands débats qui animent la planète IA aujourd’hui. Aujourd’hui, place au cinquième débat de la semaine : l’IA atrophie-t-elle les neurones ?
Une étude du MIT Media Lab publiée en 2024 suggère que l’usage de ChatGPT diminuerait l’activité cérébrale de ses utilisateurs. Cette étude compare trois groupes : un groupe constitué de personne écrivant avec l’aide de l’IA, un groupe de personne écrivant avec un moteur de recherche traditionnel, et un groupe de personnes travaillant sans assistance. Avec des résultats sans appel : baisse de l’activité des ondes alpha et beta, diminution de la mémoire de travail et sentiment d’appropriation réduit pour les utilisateurs de l’IA. Une étude de la Swiss Business school établit par ailleurs une corrélation significative entre l’usage intensif de l’IA générative et une baisse de la pensée critique chez les jeunes adultes. Un phénomène de déchargement cognitif qui s’explique par le transfert vers l’outil d’opérations mentales habituellement effectuées par l’utilisateur. Une étude menée par Microsoft et Carnegie Mellon évoque quant à elle le paradoxe de l’automatisation, selon lequel plus la confiance accordée aux suggestions de l’IA est grande, moins l’effort d’analyse est mobilisé. Une dépendance algorithmique qui affaiblit progressivement la capacité à questionner, douter et comparer.
IA & intelligence collective
Mais est-ce pour autant que l’IA atrophie systématiquement nos neurones ? Dans une tribune récente, Armand Derhy et Rony Germon, respectivement DG et enseignant-chercheur à PST&B appellent à la nuance. Les deux chercheurs estiment en effet que l’IA peut s’imposer, au contraire, comme un révélateur d’intelligence humaine dès lors qu’elle repose sur une posture active. Questionner l’outil, challenger ses réponses, reformuler et ajuster, stimulent les fonctions cognitives. De fait, l’IA ne remplacerait pas le cerveau, mais le défierait en demandant, in fine, moins de paresse intellectuelle, plus de débat, de complexité, et d’intelligence collective. Bref, si l’IA est très bonne pour produire du contenu, la valeur ajoutée de l’humain résiderait dans sa capacité à créer du sens à partir de ce contenu.
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