Entrepreneur dès le plus jeune âge, chef d’entreprise qui ne conçoit pas la performance financière sans la performance sociale et environnementale, Alexandre Mars est un homme engagé. Engagé contre les inégalités sociales et climatiques (avec la création de la fondation Epic) et engagé pour l’égalité des chances (à travers INFIИITE, EdTech sociale qui accompagne des étudiants issus de milieux populaires dans leur accès à l’enseignement supérieur). L’utilité sociale, valeur cardinale de la Gen Z, a toujours été sa boussole. Il encourage aujourd’hui les jeunes talents à participer à la construction d’un futur responsable.
Vous avez créé votre premier projet entrepreneurial alors que vous n’étiez encore qu’au lycée et à 22 ans vous étiez déjà à la tête d’une des premières agences web françaises. La réussite n’a pas d’âge pour vous ! Cet adage est-il encore valable pour un étudiant en 2025 ?
Oui, plus que jamais. En 2025, entreprendre jeune est non seulement possible, mais c’est aussi parfois un atout. Les outils numériques, l’accès facilité à l’information et aux réseaux ont considérablement réduit les barrières à l’entrée. Ce qui compte aujourd’hui, ce n’est pas l’âge, mais l’alignement entre ses convictions, ses choix et ses actions. À 17 ans, on peut déjà avoir une idée forte, une vision du monde à défendre et surtout, l’audace de se lancer. J’en suis la preuve, mais ce que je vois dans les nouvelles générations me rend encore plus confiant : elles sont prêtes. C’est aussi ce qui m’a poussé à lancer INFIИITE : pour que des étudiants talentueux, mais défavorisés, puissent accéder aux meilleures écoles grâce à un prêt sans garant ni intérêt. Parce que le potentiel n’attend pas.
Entrepreneur, chef d’entreprise, philanthrope : l’utilité sociale a toujours été au cœur de votre parcours. Mais dans quel rôle vous êtes-vous senti le plus utile à la société ?
Honnêtement, je me sens profondément utile quand je suis sur le terrain, au contact des réalités humaines. Si j’avais suivi mon envie, j’aurais probablement fini travailleur social après la vente de mes entreprises. C’est un métier que j’admire énormément. Mais j’ai compris avec le temps que ma place était ailleurs : dans l’entrepreneuriat, parce que c’est là que je peux maximiser mon impact. C’est dans cet univers que j’ai fait mes preuves et aujourd’hui, c’est ce levier-là que j’utilise pour servir des causes qui me tiennent à cœur.
« Ose est ma devise en matière d’entrepreneuriat » dites-vous. Mais pensez-vous que la Gen Z ose assez ?
Elle ose, mais elle ose autrement. Là où ma génération fonçait parfois tête baissée, la Gen Z réfléchit davantage à la cohérence entre ses valeurs et ses actions. Elle remet en question les modèles dominants, elle refuse de séparer réussite économique et impact social. Elle ose dire non, elle ose exiger du sens. Peut-être lui manque-t-il parfois l’impulsion pour passer à l’action, concrètement, mais je crois profondément en son potentiel. Elle a compris que l’engagement, ce n’est pas un supplément d’âme : ça peut être le cœur d’un projet.
Alors que le climat social, politique, environnemental n’a jamais été aussi complexe, vous considérez que nous vivons dans un monde de solutions. Pourquoi ?
Parce que les solutions sont là. Nous avons les technologies et les connaissances pour répondre aux grands défis contemporains. Ce qui manque, ce n’est pas l’innovation, c’est la mobilisation. Trop souvent, on se laisse submerger par l’ampleur des problèmes, alors qu’on devrait se concentrer sur les réponses déjà disponibles. Ce que je constate dans le monde de la philanthropie et de l’investissement à impact, c’est qu’il existe une vraie dynamique, des outils, des approches concrètes. Mais le vrai défi, c’est d’en faire un levier de transformation à grande échelle : accessible, mesurable, durable. Et cela suppose un véritable effort collectif ! Des projets comme le programme INFIИITE qui accompagne aujourd’hui plus d’une centaine étudiants ou la fondation Epic qui a mobilisé près de 100 millions d’euros depuis 10 ans pour transformer la vie des enfants et des jeunes et protéger la planète, montrent que lorsqu’on on mutualise les efforts, on peut déplacer des montagnes.
Dans quelles mesures la Gen Z est-elle indispensable à l’émergence de ces solutions ?
La Gen Z est en train de redéfinir les codes. Elle exige de la transparence, de la cohérence, de l’impact mesurable. Elle est aussi profondément engagée sur les sujets de l’égalité des chances et de la transition écologique, deux causes majeures pour le futur de nos sociétés. Contrairement aux générations précédentes, elle ne sépare plus l’éthique du business. Elle vient donc bousculer les modèles établis, mais elle a aussi besoin d’échanger avec ceux qui ont l’expérience du terrain. Ensemble, ils peuvent créer des solutions réellement transformatrices. J’ai conçu INFIИITE justement pour cette génération : elle ne demande pas qu’on lui donne tout, elle demande qu’on lui enlève ce qui l’empêche de contribuer à la hauteur de ses talents.
Dans votre podcast PAUSE, vous incitez vos invités à revenir sur leur parcours. À votre tour de faire une pause : au regard de votre carrière, que diriez-vous à l’entrepreneur en herbe que vous étiez à 17 ans ?
Je lui dirais : ose mais aussi reste aligné. Être aligné, c’est faire des choix cohérents entre ce que l’on croit, et ce que l’on fait. C’est renoncer à certaines facilités, à certains conforts, pour rester fidèle à ses convictions. À 17 ans, on ne comprend pas toujours ce que cela implique. Mais c’est ce qui donne du sens au parcours, c’est ce qui permet de durer. Et je lui dirais aussi : tu ne peux pas tout faire seul. Entoure-toi, apprends à partager l’impact autant que la vision.
« Prenez des risques ! Le monde n’a jamais eu autant besoin de votre engagement. Gandhi disait : Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde… Commencez aujourd’hui »