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Le Grand Témoin : Nicolas Marotte, directeur général d’innocent France

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Vingt ans après sa création, la marque de boissons 100 % naturelles innocent porte toujours les mêmes valeurs : produits sains, respect de l’environnement et solidarité. Interview de Nicolas Marotte, directeur général d’innocent France, qui partage les must have d’une marque employeur qui brille en 2021.

 

Interview de Nicolas Marotte, directeur général France d’innocent

Avec leur packaging coloré, impossible de louper les jus innocent dans les rayons de vos enseignes préférées. Mais derrière l’humour et l’emballage fun se cache une marque très engagée, pour ses salariés, l’environnement ou encore la lutte contre la faim dans le monde. Preuve en est, innocent reverse 10 % de l’ensemble de ses bénéfices à des ONG partenaires et à la Fondation innocent. Côté salariés, elle offre, entre autres, une bourse de 1 000 euros à un salarié pour qu’il accomplisse le projet de ses rêves. Résilience, valeur, adaptabilité… innocent cumule les bons points pour monter sur le podium des marques employeurs au top. Inspirant !

Plus de la moitié des étudiants disent aujourd’hui vouloir un travail qui a du sens. Pourquoi, à votre avis ?

Il y a quelques années, on imaginait qu’on allait faire toute sa carrière dans une même entreprise et les employés – en la rejoignant – s’adaptaient naturellement à la ligne corporate. Aujourd’hui, les cartes sont rebattues. Les jeunes entrent dans une entreprise avec la conviction qu’ils vont commencer ici puis partir ailleurs. Ils ont également le désir très fort d’y jouer un rôle impactant. C’est à la fois un besoin de mobilité, une volonté de découvrir des expériences différentes et la liberté qu’ils accordent à leur expression. Pour ce qui est du sens donné au travail, il y a donc aujourd’hui un degré d’implication très élevé. Avant, on observait une sorte de neutralité : les gens venaient simplement chercher un boulot, maintenant, on cherche bien plus.

C’est donc un challenge pour les entreprises de fidéliser les talents ?

Oui, c’est plus difficile. L’entreprise doit faire résonner des signaux qui parlent aux (futurs) employés, qui soient crédibles pour attirer les talents et les conserver. Ce n’est pas évident car la génération actuelle est versatile par nature : il y a un risque d’infidélité dans la durée.

Vos secrets pour faire d’innocent the place to be pour ces jeunes en quête de sens ?

innocent c’est : une marque bien identifiée, un « ton innocent », une ambiance de travail, des produits de grande qualité… Mais ce n’est pas que ça ! Le plus, c’est l’engagement incroyable de la marque en faveur du développement durable et de la lutte contre la faim dans le monde. Toute la communauté innocent est engagée, avec des actes structurants qui associent les employés à ces actions. C’est extrêmement important. Ce matin encore, nous avons fait un point avec nos équipes sur les actions de l’entreprise sur ces sujets. C’est au cœur de notre travail.

Une récente étude MIT-Harvard démontre que les salariés heureux sont six fois moins absents, neuf fois plus loyaux, 31 % plus productifs. Mais est-ce vraiment le rôle d’une entreprise de rendre ses collaborateurs heureux, selon vous ?

Ce serait présomptueux de prêter à l’entreprise la responsabilité de rendre les gens heureux. Le principal bonheur est celui que l’on construit dans sa vie personnelle. En revanche, l’entreprise se doit de mettre en place les meilleures conditions possibles pour que chacun se sente bien, soit motivé et ait envie de parler du projet de l’entreprise dans sa vie sociale.

Comment cela se traduit-il chez vous ?

D’abord par le fait d’avoir une organisation assez « écrasée » et non pas pyramidale ou verticale. Ensuite, nous mettons en place plusieurs critères pour favoriser ce bien-être : de la responsabilisation, de la transparence, de la communication interne, une organisation du travail flexible avec beaucoup de liberté et une raison d’être très claire. Quand vous comprenez l’objectif de l’entreprise, vous savez pourquoi vous allez travailler. C’est une garantie d’avoir plus d’efficacité et de contribuer au bien-être des salariés.

En cette période anxiogène, quelle est votre recette pour assurer le bien-être au travail ?

Notre mot d’ordre : people first. On s’assure que nos équipes se protègent et sont vigilantes, on est souvent en avance sur les règles imposées. Nous sommes très attentifs au risque d’isolement. La moyenne d’âge chez innocent est assez jeune, autour de 32-33 ans, avec des personnes vivant seules. Nous avons donc pris de nombreuses mesures pour que les équipes restent connectées et soient contactées régulièrement.

 

Quel impact la crise a-t-elle sur l’entreprise ?

Le business a bien sûr été impacté, mais nous sommes conscients d’être privilégiés. Il faut savoir regarder autour de soi et voir que nous sommes plutôt du bon côté puisque nous avons continué à travailler. Nous n’avons pas modifié notre politique de recrutement, nous avons garanti les emplois, les salaires, et nous avons choisi de ne pas recueillir les aides d’État.

Bien-être au travail, solidarité, engagement… Peut-on dire qu’innocent est une entreprise résiliente ?

Si on entend par résilience la capacité de résister aux chocs, alors oui. Pour les raisons que je viens d’évoquer mais aussi parce que, plutôt que de réduire la voilure sur nos engagements, nous avons pris conscience de la nécessité d’être encore plus solidaires et nous avons donc réfléchi à comment aller plus loin, avec une série d’actions dont je suis très fier.

Lesquelles ?

Nous avons donné encore plus de produits gratuits qu’à l’habitude, tant pour les personnels d’urgence que pour ceux qui souffrent de la faim. Nous avons aussi développé une action promotionnelle, Les grands petits pas, pour soutenir les associations qui s’investissent dans la santé, le social, l’environnement, l’alimentation, le handicap et qui recevaient moins de dons à cause de la crise. Ces actions ont eu beaucoup d’impact et ont motivé les équipes : 75 % de nos salariés ont utilisé la journée dédiée au volontariat que nous leur proposons. Tous ont été incroyables dans ce contexte.

Packaging fun, humoristique, coloré. innocent met le paquet ! Diriez-vous que le story telling autour de la marque est essentiel pour avoir du succès ?

Il est important pour chaque entreprise de se questionner sur son identité, son savoir-faire pour pouvoir communiquer de façon adaptée à son business. Chaque entreprise a ses propres pratiques, il n’y a pas un modèle applicable à toutes. Pour innocent, le packaging n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il définit un ton, un mode d’expression. Plus important que cette partie visible, c’est la capacité qu’a eue très tôt la marque de définir sa raison d’être et ses valeurs, car cela guide tout ce que l’on fait et c’est ce qui compte vraiment. Nous sommes une marque extrêmement sérieuse mais qui ne se prend pas au sérieux.

Qu’en est-il de la place des réseaux sociaux dans la promotion d’une marque ?

Aujourd’hui, les consommateurs potentiels vont chercher l’information en priorité sur Internet, dont les réseaux sociaux. C’est un réflexe devenu très naturel. Il n’est donc pas très original de dire que, oui, évidemment, nous nous servons des réseaux sociaux pour communiquer. Cependant, nous sommes très vigilants sur l’adéquation de ces supports à nos valeurs. Nous nous sommes retirés plusieurs semaines en 2020 pour les encourager à lutter davantage contre les discours haineux.

 

Génération 2020 : génération sacrifiée ?

Je voudrais dire aux jeunes qu’ils ne doivent pas se résigner mais au contraire mettre leur énergie au profit des changements. Avec force et envie, on peut agir et ils peuvent agir. Ils ne laisseront pas d’autres le faire à leur place. S’ils en ont pleine conscience, je ne pense pas du tout que cette génération soit sacrifiée, car il y a une dimension passive dans ce terme qui ne leur correspond pas. Ce que je vois ? Des jeunes qui ont envie d’être acteurs de la société !

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