Ce n’est plus de la science-fiction : la robotique, la vraie, est en marche et représentera dans les années à venir un important levier de croissance. Seconde bonne nouvelle : tirée par plusieurs start-ups locomotives, la représentation française s’est hissée dans le groupe de tête mondial et vise le podium dès… 2020 !

© Fotolia

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« La robotique est un phénomène de la même ampleur que la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle, une véritable robolution offrant aujourd’hui une rentabilité à trois chiffres qui aura très vite un impact sur toute l’industrie française ». L’homme qui affirme cela, Bruno Bonnell, est un passionné d’électronique qui, en 2006, a racheté à Villeurbanne une petite boutique de gadgets robotiques. 8 ans plus tard, Robopolis compte 3 000 points de vente dans 7 pays et a réalisé 85M€ de CA en 2013. En vendant des robots… japonais ? Que nenni ; si le pays du soleil levant a longtemps fait  figure de précurseur dans ce domaine, la France fait désormais partie de ses challengers les plus sérieux et a attiré à elle tous les  regards lorsqu’Aldabaran Robotics et son robot de compagnie Nao ont, par deux fois, damé le pion aux créations humanoïdes japonaises (leur grande spécialité) à l’occasion de récents concours internationaux.

 

Sur le podium en 2020
Un coup de projecteur qui a catapulté la start-up française au sommet de la branche humanoïde du secteur : 5 000 exemplaires vendus dans 70 pays et l’arrivée en 2015 du robot  Pepper qui, si Nao assurait sans problème une conversation soutenue, devinera, lui, vos émotions rien qu’à votre visage ! Et le cas Aldabaran est loin d’être une exception, au point qu’en 2013, le gouvernement a lancé le plan « France Robot Initiatives » et levé 80 millions d’euros de fonds d’investissements pour s’assurer que notre pays ne raterait pas ce rendez-vous avec l’avenir, projetant, dès 2020, d’entrer dans le Top Five mondial de l’art robotique. Au nombre de nos autres atouts pour relever ce challenge : RB3D, vedette européenne  de la cobotique (collaboratif + robotique) dont les machines démultiplient les capacités de l’humain grâce à des exosquelettes servant également à faire marcher des personnes  handicapées ; marché estimé à lui seul à  300 M€ dès 2020.

 

Jules Vernes 3.0
Avec la société Medtech, spécialiste des robots chirurgiens, on pénètre dans la cour des grands puisque le marché va, lui, grimper de ses 3 milliards de dollars actuels à 20 milliards dès 2019. « Et la France continuera d’y jouer un rôle majeur, explique Bertin Nahum son créateur, la robotique chirurgicale se trouvant au croisement de deux domaines d’’excellence français : la médecine et l’ingénierie ». Même son de cloches chez Tecdron qui, à La Rochelle, fabrique des robots multi-usages se substituant à l’homme pour des tâches dangereuses (manipulation de produits toxiques) ou « impossibles » (photographie animalière réclamant des heures d’attente). « La robotique est non seulement un excellent moyen de rapprocher les entreprises des universités et des grandes écoles, explique Jean-Jacques Topalian, l’un de ses deux fondateurs, mais aussi un précieux outil de compétitivité pour notre pays ; un levier de croissance qui va déboucher sur de la création de nombreux emplois ».Combien ?… « Quelques dizaines de milliers d’ici 5 à 10 ans, assure-t-on du côté de France Robots Initiatives ; notre marché impactant directement plusieurs domaines : mécatronique, électronique, optronique, logiciels, énergie, nanomatériaux, intelligence artificielle ou encore connectique. Et il concernera très vite tous les secteurs de l’économie ». Dès à présent, s’offrir la compagnie d’un androïde aux synapses en semi-conducteurs ne représente plus un fantasme inaccessible puisqu’en 2015, Pepper, le robot capteur d’émotions, sera commercialisé dans sa version de base au prix tout à fait abordable de… 1 500 € !

NB : du mardi au samedi, Aldébaran ouvre ses portes pour permettre à chacun de faire connaissance avec Nao et Pepper !
www.aldebaran.com

JB