Claude Bertrand, Vice Président Exécutif R&D et Directeur Scientifique d’IPSEN, groupe pharmaceutique spécialisé dans la recherche de solutions en oncologie, en neurologie, et endocrinologie, fait partie de ces chercheurs passionnés qui continuent d’expérimenter au-delà de la paillasse. Son nouveau terrain de jeu : l’open innovation.

Claude Bertrand, Vice Président Exécutif R&D et Directeur Scientifique d’IPSEN © IPSEN

Claude Bertrand, Vice Président Exécutif R&D et Directeur Scientifique d’IPSEN © IPSEN

Quelles motivations ont gouverné votre parcours dans la R&D ?
A 10 ans, déjà passionné de nature et de biologie, je composais des herbiers regorgeant de plantes médicinales. Issu d’un milieu modeste, j’ai préféré des études en pharmacie à un cursus en médecine que je ne pensais pas pouvoir assumer financièrement. Finalement, j’ai persévéré pendant 10 années jusqu’au post doctorat. Je souhaitais faire progresser la science de manière concrète, pas pour la beauté d’une équation, mais pour trouver de nouveaux remèdes aux maux de ce monde. Sauver des vies humaines, c’est l’objectif fondamental qui m’anime depuis que je me suis engagé dans la recherche pharmacologique. Il faut savoir qu’entre la découverte d’une molécule et sa mise sur le marché sous forme de médicament, il se passe généralement entre 10 et 15 ans. Voilà 25 ans que je fais ce métier et j’ai eu la chance de voir apparaître sur le marché plusieurs produits pour lesquels j’ai participé à certaines phases de R&D. J’ai assisté aux formidables avancées réalisées grâce aux nouvelles technologies, notamment en oncologie. Mon métier a beaucoup de sens et je trouve cela fabuleux.

 

« Opter pour la R&D dans l’industrie pharmaceutique,
c’est choisir un métier qui a du sens et qui propose de nombreux débouchés. »

Quel est votre quotidien en tant que Directeur de la R&D chez IPSEN ?
Mon rôle consiste à structurer la recherche avec des objectifs à l’année. J’impulse les thématiques et aires thérapeutiques en établissant des priorités. J’en assure ensuite l’exécution et suis garant de son efficacité opérationnelle. En parallèle, je siège au Comité Exécutif d’IPSEN et décide avec les autres membres de la stratégie et de l’avenir de l’entreprise. Certes je ne manipule plus d’éprouvettes tous les jours, cependant je reste très proche du terrain et de mes équipes. Je partage mon temps entre le siège à Boulogne et nos trois centres de recherche : les Ulis en France, Cambridge aux Etats-Unis, et Abingdon-Oxford au Royaume-Uni, dirigeant une équipe de 400 personnes en R&D. Les opportunités m’ont amené progressivement à endosser une fonction métier de scientifique, j’ai très vite été passionné par le management et tout particulièrement chez IPSEN, une société à taille humaine.

 

Comment utilisez-vous l’open innovation au sein de la R&D ?
L’open innovation fait partie de l’ADN d’IPSEN. Aujourd’hui, cette démarche s’impose pour moi comme une évidence et j’ai souhaité aller plus loin que signer de simples partenariats avec des chercheurs. Je crois fondamentalement aux interactions humaines. C’est pourquoi, j’ai entrepris d’implanter nos centres de R&D au plus proche des ruches d’innovation. Le plateau de Saclay prend un envol considérable qui profite à notre site contigu des Ulis. Nous y avons développé notre propre campus où nous accueillons nos entreprises partenaires de façon à ce qu’elles soient complètement intégrées à notre infrastructure. Aux USA, nous avons déménagé notre site isolé dans le Massachusetts dans le campus de Cambridge. Ainsi, nous multiplions les partenariats avec les laboratoires, les universités, les hôpitaux, jouissant du dynamisme qui émane de ce bassin. En Angleterre, l’achat d’une biotech voisine d’Oxford nous a permis de consolider nos forces dans la région. Ces implantations sur des pôles scientifiques internationaux nous permettent d’accroître notre visibilité et de mieux identifier les projets sur lesquels nous avons besoin d’avancer. Dans l’amélioration continue, nous cherchons à développer l’open innovation au-delà des sentiers battus.

 

AM.

 

Contact : claude.bertrand@ipsen.com