« La CRGE : l’excellence au service de l’emploi et de l’innovation dans la Région Nord- Pas-de-Calais. »
Jean-Pierre Hillewaere, Délégué régional CRGE

 

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Les nombreuses grandes écoles de la région  Nord-Pas-de-Calais couvrent les besoins de la région  en matière d’encadrement technique et managérial.  Leur potentiel de formation leur permet-il d’irriguer  d’autres territoires ?
Dans la région Nord-Pas-de-Calais, le nombre de cadres et d’ingénieurs embauchés, issus des grandes écoles, est de l’ordre de 2 500 à 3 000 par an, dont plus de 25 % de femmes. En ce qui concerne les seuls ingénieurs, la  Région forme environ 3 500 ingénieurs par an, dont environ 1 500 restent dans la Région. Nous sommes ainsi une région exportatrice de diplômés des grandes écoles. En effet,  si environ 40 % d’entre eux intègrent des  entreprises régionales, les 60 % restants trouvent des débouchés à l’extérieur, dont 15 % à l’étranger.

 

Placées à un carrefour  international, les grandes écoles du Nord-Pas-de-Calais comme l’EDHEC ou Centrale Lille attirent des élèves  étrangers. Quelles sont  les avantages apportés à la région par ce brassage et cette diversité des populations étudiantes ?
Ces populations, en provenance d’horizons variés, apportent énormément aux écoles  et à la région. Tout diplômé d’une grande école doit connaître ce brassage et avoir  effectué lui-même un passage significatif  à l’international pour être réellement opérationnel. Les étudiants étrangers apportent leur culture « at home », ce qui permet de bénéficier d’une interculturalité très riche. Lorsqu’ils repartent dans leur pays d’origine, ils entretiennent naturellement des relations d’affaires avec la France. Nous diplômons chaque année près de 700 ingénieurs étrangers, soit le cinquième des ingénieurs issus des grandes écoles.

 

Comment l’entrepreneuriat, très présent dans la région Nord-Pas-de-Calais,  contribue-t-il à impacter son dynamisme et sa croissance ?
Dans la région, l’entrepreneuriat est très  présent dans les grandes écoles, notamment dans le cadre de la plateforme d’incubation baptisée Grandes Ecoles du Nord Incubation (GENI), mais aussi dans l’enseignement.  Cette prégnance de l’entrepreneuriat permet d’entretenir l’esprit d’entreprise dans la  région, tout en contribuant à son développement économique. Les entreprises créées sont essentiellement des TPE.

 

Les grandes écoles de la région ont-elles pris la mesure du potentiel de développement de nouvelles activités économiques comme celles issues de la transition énergétique par exemple ?
La région Nord-Pas-de-Calais est entrée de plain-pied dans la Troisième Révolution  Industrielle. Pour passer le cap de la transition énergétique et du changement de société,  la région s’est attachée les services de Jeremy Rifkin comme conseiller. Nous sommes  en train de réfléchir sur les ressources énergétiques, les nouveaux matériaux, comme les plastiques agrosourcés, et l’économie de  la fonctionnalité, pour ne citer que ces exemples. En matière de développement économique, nous ne devons pas oublier l’attrait touristique et culturel de la région dont le  chiffre d’affaires est comparable à celui de  l’industrie.

 

Quels sont les atouts  apportés par la recherche  effectuée dans les grandes écoles ?
Il s’agit le plus souvent d’une recherche  partenariale, entre un laboratoire d’une école et un industriel ayant un besoin précis. D’autre part, pour être reconnues sur le plan académique, les grandes écoles se sont également lancées dans une recherche plus fondamentale qui donne lieu à de nombreuses publications. De fait, sur 500 thèses soutenues chaque année dans la région Nord-Pas- de-Calais, 180 émanent des grandes écoles.

 

 

Patrick Simon