Troisième groupe automobile mondial, l’Alliance Renault-Nissan s’est lancée à la conquête des fameux BRICS avec des ambitions aussi réelles que raisonnables. Et se donne les moyens de sa politique de croissance. Rencontre avec Karim Mikkiche (IUT Grenoble 85, Ingénieur & DEA CNAM 94, MBA ESSEC 01, London Business School 08), Directeur Général du Renault- Nissan Technology & Business Center India…

Karim Mikkiche (IUT Grenoble 85, Ingénieur & DEA CNAM 94, MBA ESSEC 01, London Business School 08), Directeur Général du Renault-Nissan Technology & Business Center India

Karim Mikkiche (IUT Grenoble 85, Ingénieur & DEA CNAM 94, MBA ESSEC 01, London Business School 08), Directeur Général du Renault-Nissan Technology & Business Center India

Quelles sont les ambitions de Renault-Nissan sur le marché indien ?
L’Inde fait partie des BRICS (acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud & Cie) possédant un potentiel de croissance très important. Le taux de motorisation y est encore très faible, de l’ordre de 40 véhicules pour 1000 habitants là où il est de 550 pour l’Europe. Notre histoire y est toute récente, moins de dix ans, et nos parts de marchés inférieures à 5 %, mais à terme, l’Alliance Renault-Nissan vise un objectif entre 10 et 15 %. Notre Stratégie est de développer une gamme de véhicules adaptés aux besoins spécifiques du marché, en utilisant le formidable réservoir des talents locaux et en s’appuyant sur des investissements ambitieux : ainsi de notre usine au Tamil Nadu d’une capacité de 450 000 véhicules par an, du Centre de Technologie & Business de Chennai que je dirige, et du développement rapide de notre réseau commercial sur les points clés du vaste territoire Indien.

 

 

« Les formations
au fil du parcours professionnel me semblent devenues
un outil de développement indispensable »

Quel a été votre parcours personnel et en quoi consiste aujourd’hui cette nouvelle mission en Inde ?
J’ai rejoint Renault en 1989 comme spécialiste acoustique, puis ingénieur dans ce domaine après mon passage par le CNAM. J’ai ensuite dirigé des services de R&D de plus en plus importants, passant d’équipes de 10, 100, puis 1 000 personnes et me voici aujourd’hui en Inde (depuis 2012), à la tête d’une Joint-Venture de 4400 personnes, avec une double mission de développer et d’industrialiser une gamme attractive pour le marché local et son voisinage, tout en établissant des centres d’expertise dans des métiers humain, par exemple en matière de software embarqué ou de simulation numérique, sans négliger un vrai talent local pour le « savoir-faire frugal ». Enfin, nous développons le sourcing auprès des fournisseurs locaux dans le but de nous protéger des fluctuations du change qui sont ici bien réelles.

 

Vous êtes très régulièrement retourné sur les bancs de l’école : IUT de Grenoble, diplôme d’ingénieur et DEA au CNAM, Executive MBA à l’ESSEC et enfin London Business School. Qu’est-ce qui vous a chaque fois motivé à retrouver les amphis ?
Formation et soif de connaissance sont des incontournables de mon développement personnel. Parti avec un DUT, je savais que le diplôme d’ingénieur était un ticket d’entrée indispensable pour accéder aux postes de management. J’ai opté pour une formation d’ingénieur physicien doublé d’un DEA. Ayant par la suite maîtrisé le management technique, j’ai souhaité développer la qualité et l’efficience de mon management considéré sous tous ses autres aspects, d’où l’exécutive MBA à l’ESSEC, une période extrêmement exigeante de mon parcours en termes d’investissement personnel, mais également très rafraîchissante et enrichissante par la mise en relation avec des cadres issus de tous les horizons. Enfin, acquérant toujours plus de responsabilités, il ne s’agissait plus de management, mais de leadership : développer une vision, construire une stratégie, maîtriser ses talents mais aussi identifier ses propres limites et développer son potentiel et… j’ai encore appris à la London Business School. Et ne cesse depuis de le faire au quotidien !

 

Quels profils recherchez-vous ? Et quelles qualités personnelles vous semble-t-il falloir posséder aujourd’hui pour rejoindre vos équipes ?
Soyons clairs : si nous employons plus de 4000 personnes, moins de 3 % sont des expatriés. Nous recherchons en priorité des profils expérimentés techniquement et en management d’équipes multiculturelles ; mais il nous
arrive aussi d’embaucher de jeunes ingénieurs très motivés en contrat local et nous recevons quelques VIE et des stagiaires de fin d’études sur des durées d’au moins 6 mois. Quant aux qualités requises : curiosité, autonomie, prise d’initiative et, bien sûr, ouverture d’esprit, car nos équipes viennent de partout, ce qui constitue une vraie richesse mais aussi un risque pour celui qui ne peut pas s’adapter.

 

JB

 

Contact recrutement : vidhya.radjesh@rntbci.com