« Outre son statut de grand établissement, l’originalité du Conservatoire national des arts et métiers repose sur sa mission de formation professionnelle supérieure tout au long de la vie et son maillage territorial. »
Olivier Faron, Administrateur général du Cnam

Olivier Faron

Olivier Faron

Quel est le bilan du Cnam après 220 ans d’existence ?
Après plus de deux siècles d’existence, le Conservatoire reste fidèle à l’esprit de l’abbé Grégoire, son fondateur, qui souhaitait diffuser l’innovation technologique et les savoirs scientifiques au plus grand nombre. Aujourd’hui, le Cnam est ainsi le principal établissement de formation professionnelle supérieure tout au long de la vie avec un siège parisien, vingt-huit centres régionaux et des implantations à l’étranger. Il représente un ascenseur social et une seconde chance pour les 100 000 auditeurs qui suivent tous les ans nos formations, comme il l’a été pour le million d’anciens élèves en activité.

 

Dans quelle mesure votre proximité avec les entreprises et les organisations influe-t-elle sur le contenu de vos enseignements et sur votre pédagogie ?
Un certain nombre de nos auditeurs bénéficient de dispositifs publics d’aide à la formation professionnelle. Par conséquent, nos formations ont pour principale finalité le retour à l’emploi, l’ascension sociale ou l’insertion professionnelle. Nous entretenons aussi des liens étroits avec les acteurs du monde économique. Cette proximité s’exprime par exemple au sein de notre corps professoral, issu du monde universitaire comme du monde de l’entreprise, mais aussi dans le fait que nous associons toujours dans nos formations les savoirs académiques et les compétences professionnelles.

 

L’avenir du Cnam passe-t-il par les nouvelles TIC ?
Près d’un tiers de nos auditeurs suit déjà au moins une unité d’enseignement à distance, le plus souvent dans le cadre d’un dispositif pédagogique hybride alternant cours à distance, période de regroupement et tutorat. Le Cnam a toujours eu la volonté d’utiliser les innovations technologiques pour faciliter l’accès de tous à la connaissance. En 1963, nous diffusions par exemple nos premiers cours sur le réseau télévisé et, cinquante ans plus tard, nous produisons des cours en ligne ouvert à tous (moocs) pour France université numérique (Fun). Pour bien négocier le tournant numérique que connaît la société actuelle, nous avons d’ailleurs élaboré un schéma numérique d’ensemble pour les cinq prochaines années.

 

L’internationalisation du Cnam constitue-t-elle une de vos priorités ?
Déjà présent au Liban, au Maroc et en Chine, nous négocions aujourd’hui des partenariats avec plusieurs pays du Maghreb et finalisons notre présence en Haïti pour former les cadres intermédiaires dont ce pays a besoin. Contrairement à d’autres établissements qui regardent essentiellement vers l’Asie et les zones anglophones, il nous paraît important de nous implanter dans les territoires francophones et de devenir acteur d’une formation professionnelle qui contribue au développement économique des pays en difficulté.

 

Un mot sur la recherche au Cnam…
Si elle couvre de nombreux domaines scientifiques, de la psychologie du travail à la métrologie en passant par la dynamique des fluides ou la sociologie économique, ses dénominateurs communs sont d’être à l’écoute des grands enjeux sociétaux et de déboucher sur des applications concrètes. Nous contribuons ainsi au développement de l’innovation scientifique et technologique, mais aussi à la compétitivité des entreprises, à l’attractivité des territoires ou à la création d’emplois.

 

Patrick Simon

 

Evénements prévus 220 ans : à suivre sur notre site www.cnam.fr/