Chez ITP Interpipe, l’innovation se transforme en solutions concrètes pour transporter l’énergie de demain. À la tête de cette PME présente sur les grands projets énergétiques du monde entier, Ludovic Villatte (CentraleSupélec 91), revendique une culture du terrain, du collectif et du concret.
Présentez ITP Interpipe à un jeune ingénieur !

Nous intervenons dans le monde entier à partir de nos sites basés en France. Notre équipe cœur, composée de 70 collaborateurs en CDI, peut mobiliser jusqu’à 300 personnes selon la taille des projets et le niveau d’activité de notre site de production en Normandie. Notre technologie historique, le pipe-in-pipe, repose sur un concept performant : un tube dans un tube, séparé par un isolant hautement efficace. Cette architecture, qui nécessite un engineering particulier, permet de transporter en toute sécurité des fluides à forte valeur énergétique tout en préservant leurs propriétés et leurs performances, même dans les environnements les plus exigeants, sous-marins par exemple. Nous concevons et fabriquons nos systèmes en France, tout en étant capables de déployer nos équipements et nos équipes directement chez nos clients.
Vos pipelines peuvent transporter des fluides à des températures extrêmes. Qu’est-ce qui rend votre technologie si particulière ?
Notre différence, c’est d’être exigeants sur la performance thermique de nos systèmes, sans parti pris ni dépendance. Le résultat peut-être jusqu’à quatre fois meilleur que celui d’une solution concurrente pour des applications qui exigent fiabilité et pérennité. Nous avons également réussi à intégrer des câbles chauffants dans l’espace annulaire, permettant de maintenir la température du fluide. Le pipeline devient un véritable outil de process.
Comment ITP Interpipe s’inscrit-elle dans la transition énergétique ?
Il n’y aura pas de transition énergétique sans industrie. Cela demande des équipements concrets pour transporter l’énergie, qu’elle soit fossile, renouvelable ou stockée sous une autre forme. Ce n’est pas antinomique : c’est indispensable. Notre rôle, c’est d’améliorer l’efficacité énergétique des systèmes existants. Notre technologie répond déjà à ces nouveaux besoins, tout en rendant les infrastructures plus sobres. Nous nous développons pour le transport d’Hydrogène liquide et le transport d’électricité par câbles supraconducteurs.
Vous êtes à l’origine de plusieurs innovations brevetées. En quoi votre expérience d’ingénieur-inventeur a-t-elle influencé votre manière de diriger ?
Je reste très attaché à la culture technique. J’aime comprendre, challenger, discuter de détails avec les ingénieurs, même à la machine à café. Garder la technologie au centre : c’est ma manière de diriger ! Le fait d’avoir été inventeur m’a aussi appris à laisser la place aux idées. Chez nous, si quelqu’un a une intuition solide, on lui donne les moyens de l’explorer, et ce dans tous les domaines, pas seulement en R&D. Nous avons aussi une vraie culture de l’exigence : quand on livre un produit, il faut qu’il marche mieux que prévu. Parce que le jour où le client a un imprévu, il doit reconnaitre notre marque de fabrique : la fiabilité.
CentraleSupélec
À Centrale, l’enseignement était très ouvert : on apprenait à raisonner vite, à comprendre les choses dans leur ensemble, pas seulement sur le plan technique. Certaines notions, comme la propriété industrielle, m’ont resservi bien plus tard. En dernière année, j’avais choisi l’option Océan. C’est ce qui m’a mené à une première mission en Angola. Centrale, c’était la liberté : la liberté d’apprendre, de faire, de ne pas être enfermé dans une case. C’est ce qu’on essaie de transmettre aux jeunes ingénieurs qui nous rejoignent. J’en profite pour partager avec eux un conseil : commencez par de l’innovation. Même quelques mois. Parce que la formation d’ingénieur est très déterministe… alors que la vraie vie ne l’est pas. L’innovation, c’est l’école de l’empirique et de la réflexion pour viser juste : on réfléchit, on teste, on recommence si nécessaire.
Quelle est la meilleure arme de l’ingénieur CentraleSupélec de 2025 ? La synthèse rapide et l’esprit d’équipe. Maîtriser la complexité, c’est savoir la simplifier : découper un problème en éléments simples et aller droit à l’essentiel. Et puis, rien ne se fait seul. À Centrale comme en entreprise, c’est toujours une histoire d’équipe. On n’investit pas dans un projet, on investit dans ceux qui le portent.
Chiffres-clés : 4 Sites de représentation – 17 pays – 25 nationalités
Contact : frederic.moureu@itp-interpipe.com