Des salles spacieuses et lumineuses, des murs coulissants et un mobilier ergonomique, nous sommes bien sur le nouveau campus parisien de Grenoble Ecole de Management (GEM). C’est là que jeudi 20 mars, Loick Roche, le directeur de GEM, a présenté à la presse le plan stratégique à 2018 de l’école, « de la Business School à la School for Business. »

Un contexte propice aux changements

Les effets de la mondialisation contraignent les grandes écoles à devenir de plus en plus compétitives, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi internationale. Loick Roche le reconnait : « il faut répondre aux « impératif qualité » des organismes d’accréditation ce qui nous conduit à revoir notre plan stratégique tous les 5 ans. » GEM souhaite maintenir son statut de grande école en France (top 6) tout en se faisant une place parmi les grandes écoles européennes et internationales. « La compétition ne se joue pas avec le voisin d’à coté mais bien à l’échelle internationale » souligne-t-il. Face à la baisse des subventions étatiques, les grandes écoles doivent se tourner vers d’autres financements et renforcent leurs partenariats avec les entreprises. « Il est essentiel de remettre l’entrepreneuriat au cœur de notre dispositif. Nous souhaitons que nos étudiants aient une approche plus concrète de la réalité de l’entreprise grâce à des projets en commun avec celles-ci. »

Des partenariats étrangers renforcés, une approche pédagogique plus concrète, GEM se lance pleinement dans le changement pour s’adapter au mieux à ce contexte.

Le nouveau visage de GEM pour ses 30 ans

2014 marque le 30e anniversaire de Grenoble Ecole de Management. Depuis sa création, elle a su s’imposer comme une école de renommée nationale, mais reste encore peu connue à l’international. « Aujourd’hui, il est temps d’aller plus loin » annonce L.Roche. GEM se lance dans la course en n’hésitant pas à se renouveler.

L’école a fait le choix de refondre totalement son logo, abandonnant le célèbre Dauphin rappelant son ancrage régional pour un « G » certes plus sobre mais beaucoup plus indentifiable à l’international. « Souvent, nos partenaires nous demandent pourquoi un Dauphin. Même si nous restons très liés au bassin grenoblois, nous devons proposer une image plus neutre. »

GEM ouvre aussi un campus à Paris, en collaboration avec EM Normandie. »Nous avons conscience que les étudiants internationaux préfèrent vivre à Paris où toutes les grandes instances sont regroupées plutôt qu’à Grenoble. » Un campus parisien est un véritable atout pour renforcer les échanges internationaux et en créer de nouveaux. Les étudiants français sont également ravis de ce nouveau campus : « nombreux sont ceux qui font leur stage à Paris. Le campus parisien leur permettrait de se rapprocher des sièges sociaux des grandes entreprises. » Ce campus a aussi le net avantage de rapprocher GEM de ses partenaires, de développer les formations en continues et ainsi de se recentrer sur les entreprises.

« Créer l’école du futur »

Pour finaliser sa métamorphose, GEM met à jour ses programmes.

Consciente que les entreprises recherchent des profils de plus en plus variés, GEM veut former des étudiants capables de « penser autrement. » « Les grandes firmes recherchent des profils atypiques, et notre rôle est de préparer nos étudiants à faire la différence » rappelle Loïck Roche. GEM s’investit pleinement dans de nouvelles méthodes pédagogiques : les Business Cases, le MOOC et les Serious Games.
Les premiers sont de véritables projets d’études d’entreprises qui sont soumis aux étudiants. Encore jamais résolus, ces cas pratiques permettent aux élèves de se plonger dans les difficultés réelles d’une firme en tant qu’acteur principal. GEM remet l’entreprise au cœur de son enseignement. « Il est essentiel qu’ils comprennent les tenants et les aboutissants du monde entrepreneurial. Nous tendons à devenir une « School for Business » en mettant les compétences des étudiants au service des partenaires. »
Le MOOC est un cours public accessible directement en ligne. Son objectif est de toucher le plus de personnes possibles en dehors de l’école ce qui profite à son rayonnement international. GEM a décidé d’en instaurer un nouveau sur la géopolitique pour cet été 2014.
Enfin, les Serious Games ont pour but d’inspirer les étudiants et de les faire réfléchir aux problèmes que peuvent rencontrer les entreprises via des ressorts ludiques. « Les premiers tests se sont avérés fructueux et les étudiants ont su résoudre des problématiques entrepreneuriales de manière originale. Nous ouvrons une Chaire « Serious Games & Innovation » qui consiste à développer 5 serious games qui seront destinés aux entreprises pour les aider à motiver leurs équipes et adapter leur discours. Cette méthode innovante propose une nouvelle manière de penser et d’apprendre pour les étudiants, leur permettant d’apporter un regard neuf dans l’entreprise.

En adoptant des méthodes d’enseignements inspirées d’établissements comme Harvard, Stanford ou Yale, GEM veut faire passer un message. Elle souhaite devenir un acteur qui compte dans le grand jeu des écoles internationales.

 

Olympe Muller & Simon Sénot