Les écoles centrales forment leurs élèves aux métiers d’aujourd’hui et de demain en mettant l’entreprise au coeur de leur stratégie.

Classiques, ces métiers !
Véronique Le Courtois, directrice des études de l’école Centrale Lille, explique : « les grands métiers des centraliens se retrouvent en R&D, dans les domaines du conseil, de l’ingénierie, du management industriel, dans les systèmes d’information ou encore dans la gestion de projet. » Ces postes prennent des qualificatifs divers tels que chef de projet, chef d’unité de production, directeur supply chain, directeur achat, directeur production, ingénieur d’affaires, ingénieur R&D, manager et associés, trader, directeur général… Nombre de centraliens exerceront à terme des fonctions importantes, comme le constate Marie-Annick Galland, responsable pédagogique de l’école centrale Lyon, « Nos enquêtes à 20 ans montrent que 24 % des diplômés intègrent des directions générales. »

 

Des secteurs, réserves d’emplois
Si les grands secteurs d’activités restent toujours l’industrie, la finance, le transport, l’aéronautique, le BTP, l’informatique, l’énergie, le développement durable, l’audit et le conseil, les tendances peuvent varier. Véronique Le Courtois précise, « en termes de secteurs d’activité, les recrutements dépendent de la conjoncture. Sur les deux dernières années, les secteurs qui ont le plus recruté sont l’énergie, le BTP, les systèmes d’information, le transport et la logistique. » Par le biais de cours spécialisés, de filières dédiées et d’incubateurs, les écoles centrales valorisent l’entrepreneuriat (et l’intrapreneuriat) en formant des ingénieurs capables de créer ou de reprendre des entreprises à caractère technologique qui constituent les emplois de demain. Marie-Annick Galland note : « 11 % des diplômés exercent une activité entrepreneuriale, ces derniers pouvant utiliser notre incubateur : cursus innovation, entrepreneuriat et art ». Si les centraliens choisissent en priorité de travailler dans les grandes entreprises, les PME exercent un attrait nouveau sur les jeunes diplômés comme le constate Gilles Gleyze, directeur du développement de l’école centrale Paris. « Les PME deviennent internationales et permettent aux diplômés d’exercer des fonctions plus larges et plus polyvalentes que dans les grandes entreprises, tout en leur donnant des responsabilités accrues. » Patrice Cartraud, directeur de la formation de l’école Centrale de Nantes, observe. « Plus de 25 % des jeunes diplômés de Centrale Nantes démarrent leur carrière dans des PME. »

 

L’entreprise, un atout stratégique aux multiples facettes
Il existe différentes façons de placer l’entreprise au coeur de la stratégie des écoles centrales : intervenants professionnels, stages, années césures, filières en apprentissage, chaires d’entreprise, commandes d’entreprises, partenariats divers, rencontres élèves/entreprises et mise en place de structures spécifiques (Professionnels membres des CA, Conseils d’orientation stratégique, etc.). Gilles Gleyze présente une innovation de son école. « Un conseil non statutaire, le Premium Advisory Committee, comprend des professionnels qui se réunissent régulièrement pour conseiller le directeur sur la stratégie de l’école. » Des rencontres élèves/professionnels sont au programme. Marie-Annick Galland note : « en deuxième année, nous proposons la semaine de l’ingénieur de l’entreprise qui comprend séminaires, rencontres avec des professionnels, entretiens d’embauche, tables rondes et forums d’entreprises. » Les Alumni sont mis à contribution. Carole Deumié, directrice de la formation de l’école centrale Marseille, annonce : « des processus de Tutorat et de mentoring, mis en oeuvre avec de jeunes diplômés, permettent d’accompagner les étudiants dans leur projet personnel et professionnel. » La création de chaires constitue un atout supplémentaire comme l’explique Patrice Cartraud : « nous développons des chaires industrielles adossées à des programmes de recherche pluriannuels qui nourrissent des thèses et servent de points d’appui à la pédagogie des enseignants. »

 

La voie royale des métiers de demain
La logique des formations dispensées par les écoles centrales et leur proximité avec les entreprises, les conduit à s’ouvrir aux métiers d’avenir. Gilles Gleyze indique : « tous les systèmes de partenariats conclus avec les entreprises nous permettent de faire en sorte que nos systèmes d’enseignement suivent l’apparition et l’évolution des métiers à la demande des industriels (achat, innovation, actuariat…)» Pour Véronique Le Cour toi s : « l’architecture d’entreprise constitue un métier d’avenir dans le cadre des systèmes d’information qui se situent au centre de l’organisation de l’entreprise. » De même, Marie- Annick Galland précise, « nous possédons également des chaires, notamment en économie circulaire, avec des applications sur l’écoconception, thème très important pour l’industrie de demain. » De son coté, Patrice Cartraud explique : « nous décloisonnons les activités d’architecte et d’ingénieur en proposant des profils capables d’appréhender des projets architecturaux et internationaux de grande envergure dans leur globalité. De plus, j’observe que les métiers concernant les énergies marines renouvelables ont beaucoup d’avenir. » Il peut même s’agir d’anticiper les besoins futurs comme le remarque Carole Deumié, « nous sensibilisons nos élèves aux enjeux de société, très en lien avec les métiers de demain, en ciblant les grands besoins, notamment ceux liés aux énergies nouvelles. À travers un ensemble d’interactions constituées par des groupes de réflexion, à travers les instances comme la CTI et la CGE, par le contact permanent avec les professionnels ainsi que par la recherche, nous essayons d’anticiper sur les métiers de demain. »

 

Patrick Simon