Le dernier groupe français producteur de pâte à papier marchande incarne les challenges du secteur de l’industrie forestière où innovation, environnement et bioéconomie avancent de concert. Thomas Petreault (TBS Education 09, AgroParisTech 02), Directeur Affaires Publiques et Communication Corporate & Directeur de filiale chez Fibre Excellence, partage sa vision d’une industrie riche d’opportunités pour les jeunes diplômés.
Pourquoi l’industrie forestière est-elle stratégique pour la France ?

Nous sommes le dernier acteur industriel français à produire de la pâte à papier marchande, matière première essentielle utilisée par nos clients pour fabriquer des objets du quotidien comme les cahiers, les emballages ou les mouchoirs. Cela fait de nous un pilier de la souveraineté industrielle. Au-delà de l’aspect économique, nous contribuons aussi à la transition écologique, puisque notre ressource – le bois – est à la fois renouvelable, locale et encadrée par une réglementation stricte de gestion durable des forêts. Il n’y a pas de déforestation en France : la forêt progresse même de près de 80 000 ha par an selon l’IGN (Institut National d’Information géographique et forestière).
Quels sont vos chantiers stratégiques ?
Trois priorités structurent notre action. D’abord, moderniser et sécuriser nos outils industriels pour rester compétitifs dans un marché international où d’autres producteurs mondiaux, notamment sud-américains, ont des coûts de production ultra compétitifs. Nous sommes ensuite engagés à améliorer en continu notre empreinte environnementale car notre activité doit être exemplaire. Enfin, notre ambition est de devenir leader de la bioéconomie. Nous investissons en R&D et valorisons toutes les bio-composantes du bois : la cellulose pour la pâte à papier, les extractibles et autres composés pour des bioproduits (essence de térébenthine, savons, édulcorants naturels…), la lignine et les écorces pour de l’électricité verte. Nos usines produisent plus d’électricité qu’elles n’en consomment et réinjectent chacune sur le réseau l’équivalent de la consommation de 20 000 foyers !
Quels métiers proposez-vous aux jeunes dip’ ?
Nous comptons environ 700 collaborateurs et plus de 50 métiers différents. Les opportunités couvrent un spectre très large : des ingénieurs forestiers qui garantissent une gestion durable sur plusieurs décennies, des ingénieurs process et industriels qui pilotent des usines hautement technologiques, mais aussi des profils commerce, RH, communication ou en affaires publiques, qui accompagnent la stratégie du groupe. Cette diversité ouvre des parcours passionnants avec des passerelles entre filiales et fonctions corporate.
Les soft skills qui font mouchent ?
La sincérité, la rigueur, l’honnêteté et la capacité à travailler en équipe. L’envie et le punch font souvent la différence. Nous pratiquons un management participatif : les collaborateurs peuvent proposer, tester et porter des projets. Nous encourageons l’initiative et acceptons le droit à l’erreur. Dans mes équipes, chacun est responsabilisé et adapte son propre agenda pour réaliser efficacement son travail. La hiérarchie n’est pas verticale : nous avançons dans une logique de consultation et d’écoute. La Gen Z apporte une vision ouverte du monde, une conscience écologique forte et un rapport au travail différent qui nous oblige à repenser nos pratiques. C’est une vraie richesse.
Pourquoi choisir Fibre Excellence quand on a 25 ans ?
Parce que nous sommes dans une industrie bas carbone, locale et stratégique. L’impact est concret et immédiat : on valorise une ressource renouvelable, on soutient l’économie locale et on contribue à la transition énergétique. Chacune de nos usines génère à elle seule plus de 5 000 emplois indirects. Travailler dans l’industrie forêt-bois-papier, c’est faire partie d’une filière tournée vers l’avenir qui relie directement la forêt à nos besoins du quotidien.
Vos conseils pour un parcours optimal ?
Commencez par le terrain. La durabilité et la responsabilité sociétale n’est pas qu’un concept : c’est une pratique. Il faut aller en forêt, en usine, au contact des machines et des équipes. Ensuite, progresser en construisant un socle solide avant d’évoluer vers des responsabilités élargies. Enfin, restez curieux et engagés. L’industrie a besoin de profils qui croient à son rôle positif dans la société et qui veulent agir pour une économie plus durable.
TBS Education Ce qui m’y a particulièrement intéressé, c’est l’apport business et entreprise, complémentaire à ma formation initiale d’ingénieur. J’y ai découvert la finance, la comptabilité, la gestion, le management RH… Autant de compétences qui m’ont permis de prendre des postes à plus hautes responsabilités et de diriger des filiales. Pour moi, la formation est un accélérateur : l’initiale agit comme un starter, un passeport qui ouvre de nombreuses portes et la formation continue permet de passer de nouvelles vitesses.
Contact : thomas.petreault@fibre-excellence.com