La DSI est au cœur de la transformation de l’entreprise. Mais chez un leader mondial du transport aérien, le système d’information recouvre des enjeux véritablement critiques. Un moteur de performances mais aussi un vecteur d’opportunités pour un jeune talent. Nicolas Nelson (École des Ponts ParisTech 86), Directeur des Systèmes d’Information d’Air France, nous présente sa DSI à lui.

 

40 % des 700 M€ de budget alloués par le Groupe Air France – KLM à la DSI sont consacrés à l’innovation ! « 2 500 applications tournent chaque jour dont 10 % avec un niveau critique. » Des chiffres qui donnent le tournis mais qui font le quotidien de Nicolas Nelson.

500 sites connectés en temps réel dans le monde

Le principal enjeu de la DSI d’Air France ? Fournir un même niveau de qualité et de disponibilité partout sur la planète. « Nous sommes dans une activité de transport aérien très concurrentielle et fortement mondialisée. Nous sommes sans cesse à la recherche de facteurs de différentiation. L’informatique est un vrai facteur d’amélioration et de proposition de nouveaux services. » La DSI devient force de proposition. Fini les barrières ! Ses 4 défis clés : excellence – proximité – innovation – mondialisation.

3 leviers de transformation

1er levier : faire rimer projet avec agilité. Une nécessité plébiscitée par les métiers et la DSI elle-même. Pari gagné : Air France figure parmi les leaders en matière de conduite agile. « L’agilité devient un levier de développement professionnel et personnel. Nous menons 30 % de projets en mode agile et notre objectif en 2017 est d’atteindre 50 %. »
2e levier : la digitalisation des métiers. « 45 000 tablettes ont été déployées au sein du groupe : pilotes, personnels de cabine, agents au sol, techniciens… Nous avons de fortes appétences en recherche opérationnelle et en data sciences depuis de nombreuses années pour gérer des millions de possibilités complexes. » La compagnie vient ainsi de signer un partenariat stratégique avec l’École des Ponts ParisTech pour créer une chaire d’apprentissage en Recherche Opérationnelle.
3e levier : les avions connectés. La nouvelle génération (Airbus A350 ou Boeing 787) permet d’échanger des données entre l’appareil et le sol. 1 To d’informations sont ainsi partagées à chaque atterrissage permettant des analyses de données pertinentes. À la clé : enrichir les modèles via de la maintenance prédictive pour éviter une future panne ou un retard, et anticiper la défaillance de certains équipements.
Mais aussi d’avantage de services : « par exemple le personnel de vol est équipé pour améliorer le service au client, et ceci de manière de plus en plus personnalisée. »

 

La data donne des ailes à Air France

La donnée est aujourd’hui au centre des enjeux stratégiques de l’entreprise. Le DSI se pose comme le garant du bon fonctionnement de l’existant. « Le challenge est d’animer des équipes dans un contexte dual entre systèmes innovants et plus anciens. Il faut s’assurer de la cohérence d’ensemble et s’adapter en permanence avec un accompagnement permanent. Mon ambition est d’amener les équipes à de nouveaux paradigmes. »

2 000 attaques par heure

Voilà ce que subit le système informatique d’Air France. En réponse, 70 personnes assurent la sécurité avec un haut niveau d’exigence en matière de robustesse de l’existant. « Ce sont des passionnés : la menace évolue, les technologies aussi… Le sujet se renouvelle sans cesse. Nous devons gérer la contradiction entre des menaces qui se multiplient et un Système d’Information de plus en plus ouvert. »

50 recrutements par an : « Nous cherchons des développeurs Java mais aussi des experts dans des domaines pointus comme la sécurité, l’architecture, la data science ou les télécoms nouvelle génération… Ce sont des profils qui vont nous amener un savoir-faire nouveau et un regard neuf. Ce sont également les managers de demain capables de piloter des transformations, des équipes, et de communiquer en transverse. »

Les SI ouvrent des portes

Chez Air France, pas de parcours prédéfini, ni de plan de carrière. En revanche, les passerelles sont nombreuses. « Il faut être capable de saisir les opportunités. Un jeune cadre va changer de poste en moyenne tous les 3 ans. Les passerelles entre la DSI et les métiers existent à travers les projets. »  La compagnie aérienne a aussi déployé plusieurs initiatives pour développer la collaboration avec des startsups et ouvrir des opportunités d’innover différemment à l’image du hackathon « Priorité Client » organisé en novembre 2016 avec des candidats internes et externes. Une démarche amenée à se développer !

Des jeunes en immersion : Les jeunes talents suivent un vrai parcours d’intégration, en immersion totale au sein du groupe. « Nous leur faisons visiter certaines des activités du Groupe comme le « Hub » de CDG ou la Maintenance. Nos jeunes ont aussi l’opportunité d’aller voir leurs collègues de KLM par exemple avec lesquels ils échangent fréquemment. Ils sont rarement confinés dans un bureau. Leurs missions leur imposent d’aller à la rencontre des autres. »

(c) Virginie Valdois / Air France

Des jeunes talents moteurs

Les soft skills appréciés ? La personnalité, le savoir-être, l’aptitude à se projeter, la capacité d’écoute et d’acquisition, l’ouverture à l’autre. « J’apprécie aussi les gens capables de construire, de dynamiser, de proposer, d’être force d’action dans notre transformation actuelle. Je déjeune régulièrement avec les jeunes recrues pour discuter de leur étonnement, de leurs premiers pas. Ils se sentent contributeurs de l’innovation. »
Un brassage anciens – nouveaux très porteur de valeurs. Donc restez ouvert, connaissez votre valeur ajoutée pour en faire profiter votre entreprise et vous évoluerez dans un contexte d’enrichissement mutuel.

Quel manager êtes-vous ? « Je suis un manager qui aime comprendre, sans forcément développer l’expertise, donc j’écoute beaucoup pour m’imprégner des situations. C’est ainsi que l’on comprend que les équipes fourmillent d’idées qu’elles n’osent pas mettre en œuvre. Mon rôle est alors de les aider à franchir le pas et à avancer en montant le projet ensemble. Je suis d’abord un manager de transformation. »

 Une tête bien faite plutôt que bien pleine

Ouverture, intérêt pour des sujets très ouverts, expertise… Autant de qualités transmises par l’École des Ponts ParisTech qui font la différence chez Air France ! « Les jeunes diplômés sont aussi capables d’apporter leur savoir-faire dans la transformation, de prendre des postes de management et d’interagir à un haut niveau. »

Une grande richesse culturelle : Air France – KLM est un groupe franco-néerlandais. Résultat : de nombreux projets sont menés par des équipes binationales. Deux approches différentes, un double enrichissement. Autre source d’épanouissement : la parité ! La DSI accueille environ, 30 % de femmes avec d’égales chances d’occuper des postes à responsabilité.

 

« La DSI, c’est un mélange d’exigence de performance, d’innovation et d’intimité avec les métiers de l’entreprise. »

 

Contact : ninelson@airfrance.fr

Comment l’École des Ponts ParisTech prépare les jeunes à construire les mondes de demain