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Examin : la startup qui dépoussière la conformité réglementaire

Examin

Télécom Paris Novation Center, l’incubateur de l’école d’ingénieurs Télécom Paris, nous présente une de ses perles : la startup Examin. Interview de ses deux fondateurs, Clémence Philippe et Frédéric Duflot, qui nous partagent leur aventure entrepreneuriale.

Clémence Philippe

Présentez-vous !

Clémence. Bonjour, je suis la cofondatrice de la société Examin aux côtés de Frédéric Duflot. J’ai commencé par une Licence de droit à Sceaux, avant de passer ma Maîtrise à la Sorbonne. J’ai continué dans un Master en affaires européennes à Bruxelles et je suis rentrée en France pour faire un M2 en droit des nouvelles technologies. C’est au cours de cette formation que j’ai rencontré Frédéric. J’ai ensuite passé le concours du CRFPA de Versailles et j’ai commencé ma carrière dans des cabinets anglo-saxons. En 2013, j’ai créé mon cabinet Welaw Avocats, qui existe toujours, et que j’ai quitté en 2019 pour créer Examin !

Frédéric Duflot

Frédéric. J’ai un parcours professionnel avec des compétences qui sont complémentaires à celles de Clémence Philippe. C’est une des raisons pour lesquelles on s’entend si bien et qu’on se fait confiance. J’ai un parcours de juriste moins classique puisque, après avoir rencontré Clémence sur les bancs de la fac, j’ai rejoint l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations et le Ministère de l’intérieur. J’y ai participé, entre autres, à la rédaction de la plupart des réglementations cyber de ces dernières années, tant au niveau français qu’européen. Cette expérience fait que j’ai un côté très institutionnel, qui complète bien le côté commercial de Clémence.

Examin en quelques mots ?

Clémence. Examin est né de notre volonté de répondre aux besoins des clients. Initialement, j’ai fait appel à Frédéric pour un très gros audit RGPD d’un groupe international. On s’est rapidement rendu compte qu’il manquait un logiciel pour être toujours à jour et assurer un vrai suivi de la conformité de nos clients. Nous avons donc commencé à y penser de plus en plus, tout en continuant les audits en parallèle pour monter en compétence et voir le plus possible de cas d’usage différents. L’idée mûrit et en 2019, nous décidons de créer Examin pour élaborer l’outil qui nous manquait en tant que consultant. Nous avons embauché notre premier développeur en 2020, puis après sont arrivés plusieurs juristes et d’autres développeurs en 2021. Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 13 personnes et nous proposons un logiciel de pilotage de la conformité réglementaire avec un focus (pour l’instant !) sur la protection des données et la cybersécurité. Nous fournissons, à côté, des services pour former nos clients à la conformité afin qu’ils deviennent totalement autonomes en la matière.

Un exemple d’application de votre logiciel ?

Clémence. Si vous prenez l’exemple de l’incubateur de Télécom Paris, qui possède les données des salariés, des stagiaires, des startups… Il lui faut un registre de traitement, des notices d’informations pour informer les personnes du traitement de ces données. Grâce à notre plateforme, un tableau de bord avec toute la conformité de l’incubateur est à disposition. On est vraiment là pour aider les entreprises, les écoles, les associations, les startups ou les grands groupes à piloter leur conformité. Nous avons également monté plusieurs partenariats avec des cabinets d’avocats ou des cabinets de conseil pour travailler sur de nouvelles normes et augmenter notre catalogue de référentiels d’évaluation. Nous travaillons par exemple, en matière de lutte contre la corruption commerciale, sur la loi Sapin 2 et nous avons prévu de nous attaquer aussi à la lutte contre le blanchiment. Avec le moteur d’indexation que nous sommes en train de créer, nous permettrons demain à nos clients de créer leurs propres référentiels pour des perspectives presque infinies.

Pourquoi vous êtes-vous lancés dans l’entrepreneuriat ?

Clémence. Pour deux raisons. La première : j’ai créé un cabinet d’avocats en 2013, mais je ne voulais plus faire ce métier. J’avais envie de créer quelque chose qui corresponde à notre façon de penser avec Frédéric. Quelque chose qui aide vraiment nos amis avocats, responsables de la sécurité des systèmes d’information et plus globalement, les acteurs de la conformité. Avec Frédéric, nous sommes amis depuis 18 ans, on sait ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas, on connait nos manières de travailler et les défauts de l’autre. Ensemble, on voulait monter quelque chose qui reste dans le paysage. Aujourd’hui, on fait de la conformité. Ce n’est pas le sujet le plus sexy du monde, celui qui va changer le monde ou le climat, mais on peut avoir un vrai impact sur pas mal d’entreprises et créer de nombreux emplois.

Quels sont les principaux challenges auxquels vous avez dû faire face en créant Examin ?

Frédéric. C’est un marathon. Il faut tenir le coup mentalement et physiquement. Quand tu enchaînes de longues journées et que tu prends peu de vacances, que tu dois traiter 20 sujets par jour tout en faisant attention à ce que cela ne dérive pas sur le long terme, c’est forcément compliqué. Il faut aussi tenir le coup financièrement, car nous avons la responsabilité de rémunérer plusieurs salariés. Mais le plus gros challenge pour moi, c’était peut-être de prouver que deux juristes pouvaient faire un bon produit tech, en sortant un peu des canons du genre, sans CTO, avec un modèle économique qui valorise chaque acteur de notre écosystème.

Clémence. Il y a beaucoup de challenges. Déjà, ce n’est pas si évident de monter une startup et d’avoir des gens qui nous font confiance. Nous sommes des juristes et il fallait prouver qu’on savait faire autre chose. Car on nous prenait souvent pour des consultants qui cherchaient à vendre leurs prestations. Maintenant, ce n’est plus le cas. L’intégration à Télécom Paris Novation Center nous a énormément aidé et a débloqué beaucoup de choses pour nous, tant au niveau de la confiance que des nouvelles compétences que l’incubateur nous a permis d’acquérir. Autre challenge : le challenge technique et design de la plateforme pour qu’elle soit intuitive et plaisante pour tous les utilisateurs. Et puis après, les challenges du quotidien : être lauréat de tel concours, être refusé par un autre, embaucher de nouvelles personnes, la communication auprès des salariés…

Que va-t-il se passer pour Examin en 2021 ?

Clémence. Nous allons tripler le chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année, continuer les embauches, participer à de nouveaux concours, obtenir des subventions et des prêts… Actuellement, nous sommes en roadshow pour la levée de fonds auprès de business angels afin d’accélérer et développer tous les projets que l’on a en tête ! Nous allons également poursuivre l’ajout de référentiels et consolider les clients actuels, éviter le « churn » de fin d’année puisqu’on est sur des abonnements annuels, et les départs de salariés. C’est essentiel pour nous.

Frédéric. En 2021, comme en 2020, nous sommes aussi confrontés au Covid. Il faut relancer la machine en permanence. Moins d’évènements, donc moins de réseautage et d’opportunités. Cette année, on prend notre téléphone, on prend notre carnet de contacts et on tente de compenser ce qu’on aurait pu faire en temps normal.

Comment pensez-vous que le secteur de la conformité va évoluer ?

Clémence. C’est un secteur exponentiel. Un marché énorme, surtout pour les PME qui réalisent qu’il va falloir s’y mettre. Pour nous, c’est un vrai terrain de jeu. On le voit au quotidien puisque ça marche très bien chez nous. On a un problème de cycle de vente long mais le marché est là, il est mature. Examin a toutes les chances d’évoluer en même temps que ce marché.

Avez-vous des conseils pour les personnes qui souhaiteraient se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Clémence. Ne pas se poser de question. Quitte à se prendre un mur. Quand on est jeune, ce n’est pas grave. Puis se faire confiance, surtout en tant que femmes. L’entrepreneuriat féminin ne doit plus se contenter de projets dans lesquels la société l’imagine, mais commencer à se diriger vers des projets plus tech où les entrepreneures ont toutes leurs cartes à jouer. Comme dans les écoles d’ingénieurs !

Frédéric. Les stéréotypes de genre du mec geek qui bosse en startup est clairement dépassé. En effet, ce serait bien qu’il y ait plus de femmes qui viennent faire bouger un peu les codes. Prenez des forces avant, assurez-vous d’avoir suffisamment de soutien en amont et surtout n’oubliez pas de penser à vous. Il faut savoir se poser, stopper le rush continu pour pouvoir réfléchir, se remettre en question ou tout simplement reprendre son souffle. A terme, c’est ce qui nous fait gagner beaucoup de temps.

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