Le confinement a mis un coup de projecteur sur le numérique au service de l’enseignement. En France, plus de 400 entreprises se positionnent sur ce marché. Un écosystème que fédère l’association EdTech France depuis près de 3 ans. Son directeur général, Rémy Challe, nous explique pourquoi la France doit prendre sa place sur ce marché mondial en pleine expansion.

 

Le but de l’association EdTech France ?

Nous sommes une association, créée en 2018 pour fédérer les entrepreneurs français qui mettent la technologie et l’innovation au service de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation. Nous nous adressons à trois marchés : l’enseignement scolaire, l’enseignement supérieur ainsi que la formation professionnelle et continue. Nos 300 entreprises membres ont besoin de rendre plus visibles et lisibles leurs offres et d’avoir une voix qui porte pour montrer aux clients et entreprises (école, collectivités, établissements…) la richesse française en matière de technologies. Elles doivent peser dans le débat public.

La filière EdTech française c’est : 650 millions € de CA en 2019 / 7 000 emplois directs / 430 entreprises / 108 millions € de levée de fonds

 La technologie dans les salles de classe, un phénomène récent ?

L’Educational Technology existe depuis plus de 20 ans mais a connu une accélération ces 5 dernières années, grâce à la maturité des usages d’Internet, l’arrivée du smartphone ou encore les tendances comme l’intelligence artificielle. Cela transforme la façon dont on enseigne. Mais le but n’est pas de remplacer les enseignants !

Quelle est la valeur ajoutée du numérique dans l’enseignement ?

C’est par exemple l’opportunité d’être plus inclusif. Le numérique est une aide pour les enfants dyslexiques, les déficients visuels ou les parents qui ne parlent pas français. Et pendant le confinement, il a permis à minima de garder un lien, et pour la majorité des élèves de continuer à avancer et progresser.

Le numérique dans les salles de classe, une innovation toujours bien accueillie ?

Le marché de l’enseignement scolaire est très difficile pour les entreprises. Pour des raisons structurelles d’abord. En effet, ce sont les collectivités qui achètent les outils numériques pour les écoles, alors même qu’elles ne sont pas utilisateurs mais payeurs. Il y a un frein culturel également. On diabolise les écrans alors même que le numérique, ne se limite pas à ça. On peut tout à fait apprendre à coder sans écran, par exemple. On constate enfin une méfiance à l’égard des acteurs du privé. C’est dommage car le succès du numérique éducatif est mesuré dans les classements PISA. De fait, le modèle français n’est pas très performant, loin derrière l’Estonie ou la Corée du Sud où le numérique est présent depuis longtemps. On observe les mêmes freins dans l’enseignement supérieur. En revanche, il faut être innovant pour se démarquer dans un milieu internationalement concurrentiel.

La France est donc en retard dans ce secteur ?

Les géants du numérique éducatif sont tous américains ou chinois et partout où le marché de l’enseignement scolaire est ouvert, les licornes sont toutes américaines, chinoises ou indiennes. L’Europe est assez en retard, mais pas ridicule pour autant ! La Grande-Bretagne y est par exemple le pays le plus dynamique, suivi de la France puis de la Scandinavie.

Pourquoi est-il important que la France se positionne sur ce marché ?

Il est fondamental de garantir à la France une sorte de souveraineté éducative et de proposer des solutions venant d’entreprises française vertueuses. Sinon, il n’y aura plus que des solutions chinoises et américaines. Il faut garantir des outils qui portent des valeurs éthiques et responsables made in France ou Europe.

EasyCov : l’idée qui sauve !
Quand l’innovation est au service de la santé. Un consortium constitué de la société de biotechnologie SkillCell, filiale du groupe ALCEN, du laboratoire CNRS Sys2Diag et de la société VOGO a mis au point  le test salivaire EasyCov. Le but ? Détecter la présence de la Covid-19 dans l’organisme et ce en moins d’une heure ! « EasyCov est une innovation qui place la recherche française au premier rang mondial, salue Franck Molina, chercheur au CNRS et directeur du laboratoire Sys2Diag. Je suis convaincu que ce test de dépistage salivaire marquera une véritable rupture dans la lutte contre la Covid. »  Parallèlement au lancement de l’étude clinique, VOGO développe une solution numérique qui permet d’automatiser l’analyse des résultats par la lecture colométrique du test EasyCov. En septembre, le test était encore en période d’évaluation.