À l’évidence, il n’est pas de challenge plus passionnant aujourd’hui que de diriger un département pédagogique portant sur des formations marketing et communication digitale. Ce secteur est aujourd’hui soumis aux dictats des tendances et des évolutions de marché qui nécessitent de repenser la manière dont nous concevons le programme pédagogique, mais également le recrutement des différents talents qui viendront associer leurs compétences au corps enseignant de l’école. Entre mise à jour des programmes, recrutement, activité de recherches et publications, relations entreprises…  Nous devons donc pratiquer ce que nous enseignons : l’agilité et la fluidité !

 

Le casse-tête des contenus, sourcer à la racine !

Notre secteur, celui du marketing et du e-business, dont l’évolution régulière des tendances n’est plus à démontrer nous oblige à repenser les contenus de façon annuelle quand ce n’est pas, parfois, en cours d’année. Ce mouton à cinq pattes, que nous cherchons tous à former, doit en réalité être nous-mêmes avant tout. Le sourcing des tendances se fait, pour notre part, à l’aide de deux leviers.
En premier lieu, la participation à de nombreux salons évènement nationaux et internationaux comme le CES, le NRF, l’IFA ou plus récemment VivaTech. Ce premier levier nécessite du temps à la fois en termes de visites, mais aussi, et surtout en analyse et retransmission des différentes tendances ce que nous avons pu constater.
En deuxième lieu et c’est un fondamental pour nous, la création d’une commission d’échanges avec l’ensemble de nos partenaires extérieurs composée de DRH, mais surtout d’experts métier. Ces deux leviers nous permettent de repenser nos contenus et l’organisation pédagogique avec un impact sur les programmes de 50 % à 60 % par an.

Recrutement, l’équilibre entre permanent et experts métiers

C’est le challenge clé d’une direction pédagogique que de trouver les talents qui composeront le corps enseignant de l’année. Une des tendances que l’on voit apparaître depuis la création d’écoles dédiées au digital est la multiplication des partenaires extérieurs venant consolider les enseignements dispensés par des permanents. Les métiers que nous enseignons étant particulièrement exposés à l’actualité et aux changements, nous insistons beaucoup sur le fait d’avoir, dans nos équipes, des experts enseignants le métier qu’ils pratiquent au quotidien, mais également permettre au corps enseignant de s’organiser pour continuer à se confronter au marché et à ses évolutions lors de missions. C’est une des clés pour conserver des compétences fortes en sortie de programme chez nos étudiants. C’est également l’assurance de disposer d’une richesse d’enseignement forte.

Une reconnaissance d’État, mais aussi des pairs de la profession

La reconnaissance des diplômes par l’État, bien que nécessaire, est aujourd’hui souvent associée à une reconnaissance des pairs de la profession. C’est ainsi que de nombreuses écoles sont associées voir même parfois investies dans différents Think-Tank du numérique et participent activement au développement du digital en général et des formations y étant associées en particulier. L’entreprise reste au cœur du dispositif dans les programmes et partenariats, chaires etc.

Le lâcher-prise sur la rigidité des programmes

Adopter les modes de fonctionnement auxquels nous préparons nos étudiants nous incite donc à lâcher-prise sur la rigidité des programmes dans le temps. Par exemple, les dernières tendances quant à l’intelligence artificielle font que depuis deux ans déjà les programmes marketing digital de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) ont intégré des cours autour du Deep Learning et, depuis septembre 2016, sur la création de chatbot dans les stratégies e-business. Et l’année prochaine, nous irons encore plus loin !

Matthieu Deboeuf-Rouchon est Directeur du département Ebusiness et Communication Digitale de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) Groupe Léonard de Vinci

Quand le contenu revient au centre des stratégies digitales, zoom sur le content marketing !