La Responsabilité Sociétale, jusque-là attachée aux impacts sociaux, économiques et environnementaux des Entreprises (RSE) s’enracine de plus en plus dans la politique des établissements de l’enseignement supérieur, et entre autres des business schools. La RSE devient alors aussi la Responsabilité Sociétale des Etablissements (de formation). – Par Christian Grapin, directeur de TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises

 

 

Au sein des enjeux RSE auxquels les écoles sont confrontées, se trouve celui de répondre aux impacts sociétaux liés au handicap et à l’inclusion scolaire, économique et sociale des jeunes en situation de handicap. 80% des personnes handicapées ont un niveau de formation inférieure au Bac. Dans une société où le diplôme est un sésame incontournable pour accéder à l’emploi (et encore), permettre aux jeunes d’avancer dans les études supérieures et d’en sortir diplômés représente un enjeu majeur. Or même si le nombre de jeunes handicapés inscrits dans un parcours d’études progresse (151400 en primaire*, 82460 collégiens*, 26040 lycéens*), ils sont encore trop peu dans les études supérieures, 20550* soit seulement 7%, et trop peu à atteindre un niveau Bac+5, 1%.

Dans ce contexte, quelles responsabilités sociétales doivent assumer les business schools ?

J’en vois particulièrement cinq.

La première de leurs responsabilités est d’ouvrir les portes de leurs formations et de leurs campus aux jeunes en situation de handicap et de les inclure pleinement dans les cursus. Ne pas offrir cette opportunité aux lycéens handicapés qui en ont les capacités, c’est leur interdire d’accéder à un diplôme supérieur et donc – surtout en France – de restreindre considérablement leurs chances d’accéder à un emploi et de le conserver. N’oublions pas que le taux de chômage des travailleurs handicapés est le double du taux de chômage de l’ensemble des travailleurs.

La seconde est de contribuer non seulement au développement du niveau académique du jeune qui intègre l’école, mais aussi à la construction d’un projet professionnel ambitieux tenant compte certes du handicap mais aussi du potentiel de l’étudiant et de ses qualités en vue de sa future intégration dans le monde du travail. Comment ? En lui ouvrant des opportunités de rencontres et d’expérience en entreprises.

La troisième est de veiller à la dynamique inclusive des associations étudiantes qui animent les différentes activités extra-académiques de l’école. Deux axes d’engagement au moins sont possibles : L’un consiste à mener des actions sociétales d’égalités des chances au bénéfices de collégiens et lycéens en situation de handicap. L’autre est, pour une association, d’être en capacité d’associer tous les étudiants handicapés qui le souhaitent à ses activités. Si inclure un jeune en situation de handicap dans ses parcours académiques est capital ; l’inclure dans la vie de son campus l’est également.

Une business school forme les managers de demain. La quatrième responsabilité est de les sensibiliser lors de manifestations ou de les former dans le cadre des enseignements dispensés, à la thématique du handicap. Former les étudiants d’aujourd’hui au handicap, c’est en faire, demain, des managers ouverts aux salariés handicapés, des promoteurs de leur inclusion professionnelle et, en conséquence, de leur épanouissement dans notre société.

La dernière responsabilité sociétale, est de ne pas oublier qu’une business school est aussi un employeur. A ce titre sa politique de recrutement doit lui permettre de compter parmi ses effectifs des salariés et des managers en situation de handicap.

« L’expérience d’une vie réussie n’est pas à l’aune de la victoire, mais dans le sentiment et la conscience d’avoir été à la hauteur de ses responsabilités. » Conversations avec moi-même – Nelson Mandela

 

Face à ces cinq Responsabilités Sociétales des Etablissements, que peut faire TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises ?

L’association se veut être, pour chaque université, école d’ingénieurs, ou business school, un partenaire pragmatique engagé à leurs côtés pour mettre en oeuvre des actions concrètes en faveur des jeunes en situation de handicap. Elle aide ces écoles à s’ouvrir davantage aux jeunes lycéens handicapés, et encourage ces derniers à prolonger leurs études dans ce domaine s’ils le souhaitent.

Avec notre réseau de plus de 200 entreprises, l’association crée du lien entre étudiants en situation de handicap et monde professionnel. Pour ceux qui recherchent des conseils, une orientation ; nous les mettons en contact avec des professionnels. S’ils recherchent des stages, des jobs d’été, des alternances : nous les accompagnons. Enfin, s’ils recherchent leur premier emploi ; nous les y aidons.

Intervenir auprès des associations étudiantes, engager les étudiants dans une démarche citoyenne, s’inscrit également dans nos partenariats. Nous avons ainsi répondu à l’invitation de l’association NOISE de emlyon business school pour sa journée ‘‘Jobs to change the world’’. Depuis 5 ans, nous sommes partenaires du Raid ESSEC et de son ouverture aux étudiants handicapés. Lorsque des étudiants nous sollicitent, comme à emlyon business school ou à TBS pour apporter leur aide en tant que bénévoles ou stagiaires, nous essayons de leur donner une suite favorable. S’il faut être en appui aux tuteurs PHARES de l’ESSEC ou de toute autre école engagée dans ce dispositif : nous le faisons. Nous répondons aussi présents pour sensibiliser les étudiants à la question du handicap, (campus de Lyon ou Saint-Etienne, de emlyon business school, EM Strasbourg, ESCE, ESSCA, Télécom EM…). S’il faut intervenir dans les cursus, nous le faisons aussi.

L’engagement de la business school en tant qu’employeur, nous concerne aussi. emlyon business school est la première école à être, à ce titre membre de l’association TREMPLIN. Les établissements sont eux aussi, à partir de vingt salariés, soumis à l’obligation d’emploi. Ils sont prêts à accueillir des futurs stagiaires, alternants et collaborateurs en situation de handicap dès lors qu’ils répondent aux exigences de l’école en termes de qualifications et de compétences.

 

Enfin, et dans un tout autre univers, pour renforcer ces liens forts qui nous unissent avec les établissements d’enseignement supérieur, TREMPLIN organise depuis 5 ans maintenant le Concours Vidéo Handicap Étudiants Tous HanScène®. Ce concours mobilise les étudiants – handicapés ou non – des établissements post-bac, pour qu’à travers un film de 2 à 3 minutes ils mettent le handicap à l’affiche.
Nos objectifs :
1- Par la réalisation de vidéos, faire changer le regard sur le handicap dans l’enseignement supérieur
2- Par la diffusion de ces vidéos, faire changer le regard qu’ont les lycéens handicapés sur les études supérieures, en montrant que handicap et études supérieures : c’est possible !

En 4 éditions : 475 étudiants engagés, 119 vidéos réalisées et 135000 vues (ou visualisations) des vidéos (soit plus de 1000 vues par vidéo : pas mal !)

 

* Rentrée 2014

 

Contact : christian.grapin@tremplin-handicap.fr