Présidente de l’Association Nationale des Apprentis de France (ANAF), Sakina Ben Khalifa, 25 ans, s’engage avec ferveur dans la défense de la jeunesse. Aujourd’hui salariée, elle poursuit son second mandat entamé alors qu’elle était étudiante avec l’envie d’aller jusqu’au bout de son défi : porter la voix des apprentis de France. Maximilien Arengi

 

« Je n’arrivais pas à me faire aux études universitaires, j’avais besoin de travailler, d’être active ! C’est pour cette raison que j’ai choisi une formation en apprentissage. Malheureusement, lorsque j’étais apprentie, je me suis vite rendu compte qu’il était difficile de trouver une entreprise, seule. »

 

Impulser une nouvelle dynamique à l’apprentissage

Le combat de Sakina Ben Khalifa ? Attirer l’attention des hommes politiques sur les étudiants et plus particulièrement sur les apprentis : « l’apprentissage n’est pas au cœur de leurs préoccupations. Il y a même une méconnaissance totale de ce sujet. » Or, cette absence de considération est un problème : « cette voie offre de nombreux avantages, c’est une formation professionnalisante qui permet d’acquérir une solide expérience et facilite l’insertion sur le marché du travail ! »  Son engagement porte ses fruits : Sakina a mis en place avec l’ANAF une nouvelle méthode pour trouver des entreprises. « Je suis fière d’avoir repris les chantiers de mes prédécesseurs pour faire en sorte que la recherche d’emploi soit plus proactive. Aujourd’hui, grâce aux informations collectées en amont de sa candidature, le futur apprenti anticipe les besoins de l’entreprise et montre sa valeur ajoutée auprès de ses employeurs potentiels. »

 

« Cette expérience m’a apporté des compétences utiles pour mon avenir professionnel »

 

Une vie à cent à l’heure et sous les projecteurs !

Son BTS Management des Unités Commerciales en poche, Sakina a décidé de ne pas aller plus loin dans ses études, lorsqu’elle a rempilé pour un second mandat en 2016. En parallèle de son emploi dans un grand magasin parisien, elle se consacre aujourd’hui pleinement à son action bénévole auprès des apprentis. « L’apprentissage est un chantier considérable et très prenant que je mène en plus de mon emploi à plein temps. » Mais le jeu en vaut la chandelle : « je me sens utile quand je vois des apprentis démotivés par leur recherche infructueuse reprendre confiance en eux lorsque nous les aidons à trouver une entreprise. » Cette double vie a apporté à Sakina une visibilité médiatique qu’elle n’attendait pas (interviews, participation à des débats politiques, etc.) et qu’elle gère d’une main de maître grâce aux membres de l’ANAF qui sont prêtes à l’aider en cas de besoin. Elle en retire de nombreux bénéfices : « cette expérience bénévole m’a apporté des compétences utiles pour mon avenir professionnel. J’ai développé mon sens de la communication en entreprise, beaucoup de diplomatie et de pugnacité. J’ai également acquis une capacité à convaincre dans les débats. J’ai appris à me dépasser. »

 

Un avenir tout tracé ?

Grâce à cette expérience au sein de l’association, la jeune femme progresse aujourd’hui professionnellement : « mon travail va connaître des évolutions : mes managers étudient la possibilité de me faire monter en grade afin d’encadrer des employés. » Le second mandat Sakina Ben Khalifa se termine en février 2018 et elle compte mettre à profit le temps qui lui reste à la tête de l’ANAF pour son nouveau défi : trouver un digne successeur pour poursuivre ses combats.

 

Ta personnalité en trois mots : Engagée, Attentive, Altruiste

 

« Oser explorer loin des sentiers battus ! »