Isabelle Huault, ancienne présidente de l’Université Dauphine-PSL a pris les commandes d’emlyon business school le 1er septembre 2020. Organisation, ambitions, campus : la présidente du Directoire (et diplômée de l’école) nous en dit plus sur les nouveautés qui rythmeront la vie de l’établissement en 2021.

 

« Business university » ou business school : même combat ?

Isabelle Huault
Directrice Generale
EM LYON
Aout 2020

Dauphine est une université hybride, à la fois membre de la CGE et de la CPU, j’étais donc déjà en grande proximité avec les Grandes Ecoles! Mais il y a des différences entre ces deux types d’organisations : le modèle économique et la gouvernance bien sûr, tout comme le spectre des disciplines, plus réduit qu’à Dauphine même si emlyon business school fait preuve d’une grande diversité (du management à l’IA en passant par les SHS) et présente une des meilleures facultés d’Europe.

 

Vous êtes diplômée d’emlyon business school. Retour aux sources ou nouveau souffle ?

Plutôt un nouveau souffle, car l’école a beaucoup changé depuis l’obtention de mon diplôme ! Alors mono-programme et mono-site, elle est aujourd’hui présente sur tous les types de programmes et sur 6 campus à travers le monde. Un nouveau souffle pour une école fidèle à ses racines et à son histoire (elle va bientôt fêter ses 150 ans) qui sait se projeter sur demain.

 

Les contours du plan stratégique 2025 ?

Fruit d’une démarche collégiale, il sera dévoilé début 2021. Il capitalisera sur les trois grands axes du plan stratégique Early makers 2023. La globalisation (avec l’internationalisation croissante de ses campus et de ses partenariats), la digitalisation (dans la formation, la recherche, notre organisation…) et l’hybridation (afin d’ouvrir nos élèves à d’autres regards et affronter la complexité du monde). J’ai souhaité y ajouter un 4e axe : l’engagement social et responsable, qui répond à la fois aux attentes de nos élèves et aux besoins de la société, et des entreprises qui les recrutent.

 >>>> Sylvie Jean est la nouvelle directrice du PGE d’emlyon business school

Après 18 mois troublés, emlyon business school est donc sur de bons rails ?

Nous venons de traverser une phase de transition comme en traversent beaucoup d’organisations. Aujourd’hui, nous avons prouvé notre capacité à reconstruire rapidement une gouvernance avec, entre autres, Annabel-Mauve Bonnefous (directrice des programmes), Sylvie Jean (directrice du PGE) et Nicolas Pejout (directeur de la stratégie et du développement). Des bases solides qui nous permettent de répondre aux attentes de notre communauté et de faire preuve de pédagogie, notamment sur notre modèle qui a pu être mal compris par notre environnement.

 

emlyon business school ouvre son capital à des investisseurs privés. Votre réponse à ceux qui craignent que l’école y perde son âme ?

Pour poursuivre son développement et ses ambitions dans un environnement de l’ESR qui évolue vite et massivement, l’école a besoin de partenaires financiers. Des partenaires dont la nature est importante : Qualium Investissement (fonds issu de la Caisse des Dépôts), Bpi France (une banque publique) et la CCI, qui reste majoritaire. Sans oublier les salariés qui peuvent désormais entrer au capital, suivis bientôt des alumni. A ceux qui parlent de « marchandisation de l’école », je réponds que cette ouverture du capital est en réalité une vraie garantie pour sa qualité pédagogique et académique.

 

Certaines écoles estiment que la triple-couronne appartient au « monde d’avant » ? Et vous ?

Nous évoluons dans un secteur très normé dans lequel les accréditations sont un signal fort de qualité. Cela engendre bien sûr des contraintes, mais nous voyons plutôt les accréditations comme un facteur d’amélioration continue et sommes fiers d’être multi-accrédités.

 

Les contours du Early Makers Hub, votre nouveau campus dont le chantier débutera en 2021 ?

C’est plus qu’un projet immobilier. Il incarne la pédagogie Early Makers, celle de la coopération, de la créativité et du faire. Mais aussi la responsabilité sociale de l’école, en lien avec ses partenaires présents sur cette zone en pleine reconstruction.

 

Trois mots pour définir votre état d’esprit ?

Confiante, déterminée et enthousiaste !