École des Ponts
© David Delaporte-ENPC

École nationale des ponts et chaussées : « agir au cœur des transitions et au service du bien commun » 

Comment participer à la construction d’un monde plus durable, plus paisible et plus juste quand on est ingénieur ? Réponse à l’École nationale des ponts et chaussées dans cette interview croisée entre Jérôme Lesueur, directeur adjoint en charge de l’enseignement et de la recherche, Lysandre Pécheur, et Juliette Villard, élèves ingénieurs.

Aux Ponts, la technique est indissociable des SHS : le meilleur moyen pour relever les enjeux des grandes transitions ?

École des Ponts
Juliette

Juliette Villard. L’impact social et sociétal de la technique n’est jamais neutre et c’est important que des cours (comme le cours de géopolitique des ressources) nous éveillent à cela en début de formation. Mais il faudrait aller plus loin et faire prendre encore plus conscience aux étudiants (au sein de leur département) de l’importance de ne jamais séparer dimensions techniques et humaines. Grâce aux cours de SHS, d’économie ou de géopolitique, on se prépare à ce qui peut arriver (sans pour autant connaitre l’avenir). Si je pense qu’on n’est jamais prêt pour le monde de demain, je suis convaincue que l’école nous aide à trouver les chemins potentiels qui nous amènent.

Lysandre Pécheur. L’école nous donne plein de bases scientifiques et techniques pour comprendre le monde, prendre conscience des ratés du passé et des défis qui restent à relever. Et les SHS sont au cœur de ce que nous devons faire pour demain : mettre la technique vraiment au service de l’humain, et pas l’inverse. Si en sortant de prépa ce lien entre technique et SHS n’était pas évident (voire déroutant) pour moi, je réalise aujourd’hui que ces cours m’ont sans doute plus marqué que les cours 100 % techniques.

La vie asso participe aussi à cette dynamique ?

Juliette Villard. Je suis responsable du pôle entreprise du FEAD, le Forum étudiant pour un avenir durable. Avec ce forum, qui rassemble tous types de structures (grand groupes, PME, startups, associations, institutions publiques, etc.), nous voulons montrer aux étudiants qu’il existe une multitude de modèles économiques et de façons d’être ingénieur, en leur proposant des moyens plus forts et plus directs de bifurquer. Nous organisons aussi des conférences-débats entre étudiants sur des thèmes en lien avec les grandes transitions, qui touchent directement les futurs ingénieurs (énergie, construction, agriculture, etc.).

Lysandre Pécheur. Là encore, en arrivant aux Ponts, je ne mesurais pas vraiment ce que la vie associative pouvait m’apporter. Mais aujourd’hui, je sais que c’est un complément absolument essentiel de notre formation. Au sein de La Tribune des Ponts et Chaussées, dont je suis président, on est convaincus que pour avoir une tête bien faite plutôt (et pas juste bien pleine), il est important de nourrir sa réflexion sur le monde pour mieux le comprendre et ainsi prendre des décisions plus éclairées. Surtout dans un monde et un débat public aussi saturés d’informations (plus ou moins fiables) qu’aujourd’hui.

École des Ponts
Jérôme Lesueur

Jérôme Lesueur. On pense souvent que la vie associative d’une école d’ingénieurs c’est la fête et le sport. Rassurez-vous, il y en a à l’Ecole des Ponts ! Mais cela va au-delà. On le voit avec les associations représentées par Juliette et Lysandre : ce sont de vrais vecteurs d’apprentissage. Outre l’apprentissage des (indispensables !) soft skills, la vie associative est aussi un moyen d’aborder autrement les interactions et l’engagement de l’école avec le monde socioéconomique.

Finalement, l’Ecole des Ponts c’est… ?

Jérôme Lesueur. Pour vous répondre, je reviendrais à l’origine des Ponts. Une école fondée en 1747 pour équiper le pays en infrastructures et lui permettre de se projeter dans le futur. Cette école a été conçue pour servir le bien commun, et nous défendons encore aujourd’hui cet état d’esprit avec force. Nous formons des ingénieurs de très bon niveau, capables d’agir au cœur des transition et au service du bien commun.

Dans ce contexte, quel ingénieur voulez-vous devenir demain ?

École des Ponts
Lysandre

Lysandre Pécheur. Un ingénieur responsable qui met l’humain au cœur de ses choix et de ses décisions techniques et politiques. Je suis fier d’être ingénieur des Ponts, de porter l’héritage de ses anciens et de pouvoir transformer le monde de la meilleure manière qui soit, pour nous, aujourd’hui.

Juliette Villard. Je rejoins Lysandre sur la volonté d’être une ingénieure très connectée aux SHS, car la technique n’est jamais neutre. Je veux être une ingénieure consciente des impacts de ses actions et qui va agir le plus possible pour limiter les conséquences du dérèglement climatique.