Réseau Polytech

Réseau Polytech : une génération d’ingénieurs qui construit (déjà) demain

Le Réseau Polytech diplôme 10 % des ingénieurs formés en France. Mais comment ses 16 écoles forment-elles concrètement les ingénieurs de demain ? Regards croisés entre Romain Laffont (directeur de Polytech Marseille & délégué général du Réseau), Lionel Torres (directeur de Polytech Montpellier & en charge des enjeux sociétaux et environnementaux au sein du Réseau), Jules Fouquet et Baptiste Barbier-Kézel, étudiants à Polytech Montpellier et Polytech Tours.

S’il fallait résumer le Réseau Polytech en 5 mots ?

Réseau Polytech
Romain Laffont © CLEPS_PUIG

Romain Laffont & Lionel Torres. D’abord, le mouvement et l’anticipation. C’est un réseau jeune, en forte croissance et qui ne cesse de grandir (nouvelles écoles, nouveaux sites et programmes) pour intégrer tous les enjeux des transitions et anticiper le futur. Ensuite, l’ouverture : en tant que réseau d’écoles publiques internes aux universités, la diversité (des étudiants, des parcours, des disciplines) fait partie de notre ADN. Mais aussi l’exigence (envers nous-même et nos étudiants) et l’engagement en faveur des grandes transitions. Un engagement concrétisé dès 2020 dans la charte du Réseau et qui s’illustre aujourd’hui notamment à travers le programme Polytech Green (complémentaire au dispositif Erasmus et qui favorise les mobilités douces) ou le test mis en place dans toutes nos écoles pour valider un niveau minimum de connaissances en la matière.

Jules et Baptiste, vous vous reconnaissez dans ces valeurs ?

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Jules Fouquet

Jules Fouquet. Absolument. J’ai un profil d’artiste de haut niveau et le Réseau (que j’ai rejoint juste après le bac via la prépa intégrée Peip), m’a offert une grande flexibilité, aussi bien en termes d’aménagements que de choix de parcours. Depuis, j’ai choisi la spécialité Matériaux et écoconception et j’ai découvert l’univers des polymères, qui me passionne. Le Réseau m’a aussi ouvert à l’international : je suis actuellement en échange au Japon et je partirai l’année prochaine au Canada pour un double diplôme. D’ailleurs, tous mes amis de Polytech sont aux quatre coins du monde !

Baptiste Barbier-Kézel. Comme Jules, j’ai rejoint le réseau via la prépa PeiP. J’ai eu mon bac à 16 ans et c’est génial d’avoir pu trouver, tout près de chez moi, une école d’ingénieurs post bac, reconnue en France et à l’international, qui offre autant de choix. En parallèle de la prépa, j’ai pu m’engager dans des instances démocratiques et citoyennes, ce qui a sans doute nourri mon choix pour la spécialité Urbanisme et aménagement, que je suis actuellement à Tours.

« Il y a des générations qui héritent du monde, et d’autres qui ont la chance de le réparer ». Qu’est-ce que la baseline de notre numéro vous inspire ?

Jules Fouquet. Pour être honnête, cette idée d’hériter et de réparer sonne un peu faux dans ma tête ! Car nous ne sommes pas les seuls à pouvoir changer les choses. Certes, en tant qu’ingénieurs, on peut donner l’exemple et pousser les autres à faire mieux, mais c’est grâce aux efforts individuels de tous que le monde se portera mieux.

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Baptiste Barbier-Kézel

Baptiste Barbier-Kézel. Je suis d’accord, mais je pense aussi qu’être ingénieur, ce n’est pas rien ! On est amenés à définir des modèles, à occuper des postes à responsabilités : cette capacité d’agir implique d’avoir une vraie lucidité sur l’état du monde, les limites planétaires et l’impact de ce que l’on va produire. Par ailleurs, l’idée de réparer renvoie à la logique de l’économie circulaire. Comme on dit souvent, « en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées » : c’est à nous ingénieurs de réfléchir à être plus sobres et efficaces pour que les impacts des transitions soient plus justes.

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Lionel Torres © Henri COMTE

Romain Laffont & Lionel Torres. Chaque génération a eu son lot de transitions et de transformations à gérer. La différence aujourd’hui, c’est que nous devons former une génération d’ingénieurs capables de répondreaux enjeux du présent, sans compromettre le futur des générations qui vont lui succéder. Une génération d’ingénieurs capables d’assumer leurs valeurs dans le bien commun, de se questionner, de savoir dire non, qui pourront dire dans 10 ans « je suis fier de ce que j’ai fait ».

5 chiffres emblématiques du Réseau ?

Romain Laffont & Lionel Torres. 6 nouveaux sites ouverts en trois ans et 20 nouvelles formations lancées depuis 5 ans, dont la moitié sont centrées sur les enjeux de transition écologique. Le Réseau représente aussi un tiers des écoles internes aux universités : ce n’est pas rien ! Il compte également 160 laboratoires de recherche et 35 % de boursiers. On ne connait pas beaucoup de réseaux qui peuvent en dire autant !