La mondialisation des échanges commerciaux et des personnes a mis le secteur des transports au coeur des stratégies d’entreprise. Devenant un service de consommation intermédiaire, il participe autant à l’activité de production, qu’à la facilité de nos vies sociales et professionnelles.

 

Le secteur du transport est le 5e secteur d’activité économique de France regroupant trois grands pôles principaux : le transport routiers de marchandises (51 % de salariés), la logistique (14,7 % des salariés) et le transport routier de voyageurs (14,8 %) (source : SITL, 2016). Automobile, ferroviaire ou aéronautique, le secteur des transports est riche en solution et les perspectives nombreuses. De grands projets de modernisation des infrastructures en France par exemple auront pour objectif de faciliter les échanges entre villes françaises mais également en Europe, et ainsi de permettre une plus grande amplitude de champs d’actions pour les métiers propres à chacun de ces domaines. Ingénieurs, logisticiens, manutentionnaires, conducteurs, juristes ou avocats… les métiers sont riches et les possibilités nombreuses. Qu’il s’agisse des métiers stratégiques en amont (par exemple : acheminement et entreposage de matières premières pour la production industrielle) ou ceux, en aval (distribution de produits finis) au coeur de la logistique, un grand panel de compétences est aujourd’hui demandé : des notions légales, ou financières seront exigées autant d’un point de vue national qu’international pour comprendre tout l’enjeu de ce secteur. Gros pourvoyeur d’opportunités, le transport est cependant le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France. C’est la raison pour laquelle de nombreuses innovations sont déjà mises en place au sein de certains états ou entreprises : nouveaux moteurs hybrides, réduction de la chaine logistique, baisse des coûts de production, etc. Tous ces paramètres ne feront qu’accélérer le virage écologique du secteur du transport. Afin également de devenir plus compétitives, les entreprises n’hésitent plus à utiliser les TIC pour augmenter la réactivité et la qualité de leur service. Les progiciels par exemple permettent la traçabilité et la gestion des stocks à l’intérieur même des entrepôts.

Vive le Transport !

L’économie collaborative prend également de plus en plus son importance dans le paysage des transports automobiles particuliers. BlablaCar avec plus de 20 millions d’utilisateurs en 2015, est aujourd’hui le leader mondial sur le covoiturage, Drivy (location de voitures entre particuliers) met à disposition plus de 11 000 voitures partout en France. Selon une étude d’un cabinet de conseil en stratégie, le nombre d’utilisateurs de services de location de voiture entre particuliers devrait passer de 700 000 en 2011 à 15 millions en 2020. Cela représente donc un marché de grande ampleur pour ces entreprises. Les transports urbains et l’offre de mobilité publique ne restent pas en marge de cette révolution et proposent aujourd’hui des offres adaptées à leurs utilisateurs tout en respectant les nouvelles directives écologiques et environnementales. Avec 1,5 milliards de voyageurs par an, la RATP propose par exemple 7 champs d’innovations pour se rapprocher au plus près de ces clients : la soft-mobilité (pour accéder à l’information en temps réel grâce à des services géo-localisables), les services innovants à la personne mobile (devenir voyageur actif et non passif de son trajet), la mobilité active (la sécurité des piétons, et la marche comme grand acteur des « transports » urbains), la mobilité « développementale » (développement personnel & seniors), les nouvelles mobilités (systèmes hybrides), la « neuromobilité » (comprendre les voyageurs, d’un point de vue individuel ou collectif) et la nouvelle génération d’infrastructure transport avec le M21 (métro du 21e siècle) Innovations privées mutualisées basées sur l’utilisation des technologies Internet (auto-partage, co-voiturage, taxis collectifs…) et publiques pourraient à terme déboucher sur un nouveau mode de transport participatif public-privé sur lequel se positionnent déjà quelques gros opérateurs tant français qu’internationaux. A terme, ce Transport public-privé pourrait non seulement ouvrir de nouvelles perspectives d’emplois mais également une autre manière de penser nos déplacements. Ainsi, le secteur du transport ouvre grand ses portes à l’innovation et de nouvelles perspectives seront clairement à observer au cours des années à venir.

Quelques innovations à suivre

Pour le transport de marchandises : • Drone (aeronef sans pilote) • Ferroutage (chargement d’un camion complet sur un train : tracteur-remorque- chauffeur) • le gaz naturel de plus en plus utilisé dans les transports (mise en place d’un réseau de distribution avec LNG box) • Le transport maritime est lui aussi amené a évoluer, la société française Traxens permet de suivre les conteneurs et par exemple d’ajuster la température intérieure de ceux-ci à distance notamment pour les matières périssable ou nécessitant une attention particulière.

Pour les particuliers : • le suivi de colis avec la mise en place de service permettant à chacun d’avoir accès à un système d’information plus efficace et aux individus de se positionner comme livreur payé à la tâche (exemple avec Amazon FLEX) ou aux boutiques de proposer à leurs clients un service de livraison à domicile (exemple avec Uber RUSH)

Pour les petits producteurs : • les réassorts en juste à temps grâce à de nouveaux logiciels qui permettent la gestion des stocks pour les petits producteurs avec les demandes des grandes surfaces).

 

JDE N°78 p1-112

 

Par Ian Corns, responsable Master Supply Chain, ESGCI