portrait Anne-Sophie Courtier EM Normandie
©David Morganti

#StoryTime – Le portrait d’Anne-Sophie Courtier, DG de l’EM Normandie

Saisir les hasards et les opportunités qui vont pimper sa vie professionnelle : voilà ce qui motive Anne-Sophie Courtier depuis le début de sa carrière. Aujourd’hui directrice générale de l’EM Normandie, elle défend un discours de vérité sur l’avenir des business schools avec trois mots d’ordre : qualité, fierté et transversalité. Portrait.

Revenons quelques années en arrière. Qu’est-ce qui a bien pu pousser la docteure en droit de l’Université Rouen Normandie qu’elle était en 2005, à devenir directrice générale de l’EM Normandie vingt ans plus tard ? « Le projet n’était absolument pas dans les tuyaux ! assure-t-elle en souriant. Passionnée par mes études et la recherche en droit, je me suis naturellement tournée vers le doctorat avec un objectif : réfléchir à la construction des lois et de la jurisprudence pour faire bouger les lignes. Mais faire une thèse étant une aventure au long cours j’ai, en parallèle, décidé de passer le barreau. Pour être honnête, je n’y voyais qu’une bouée de secours au cas où je n’irais pas au bout. Mais sept ans (et deux enfants !) plus tard, j’ai soutenu ma thèse. Et là, un échange avec un membre du jury a tout changé. Il m’a dit qu’un poste d’enseignant-chercheur en droit s’ouvrait à l’ESC Rouen (aujourd’hui NEOMA ndlr). Je me suis dit « pourquoi pas ? ». J’ai postulé et j’ai été prise ! »

Et pourquoi pas ?

Un poste qui a permis à Anne-Sophie Courtier de mettre en application les concepts juridiques qui la passionnaient, en les confrontant à la réalité. De découvrir la recherche interdisciplinaire, de valoriser la place du droit dans les écoles de management et, petit à petit, de prendre des responsabilités, jusqu’à la direction adjointe du PGE et des MSc. En août 2023, poussée par l’envie de se frotter à de nouveaux challenges – sans pour autant quitter sa Normandie natale à laquelle elle est très attachée – elle accepte la proposition de rejoindre l’EM Normandie en tant que directrice des programmes. Elle en devient, en mars 2025, directrice générale… en n’ayant absolument pas à l’esprit qu’elle prendrait un jour la tête de l’école ! Mais là encore, un « pourquoi pas ? » a tout changé. « A l’annonce du départ de mon prédécesseur, je suis entrée dans le process de recrutement. Seule candidate en interne parmi 27 candidats au total, mais sans passe-droit ! » insiste-t-elle.

Un duo de femmes inédit

Aujourd’hui, Anne-Sophie Courtier n’est pas la seule femme à la barre de l’école. Elle forme en effet avec Léa Lassarat, élue présidente du CA à la rentrée 2025, un duo de femmes unique à la tête d’une business school française. « Nos profils sont aussi différents que complémentaires. Léa a une très grande expertise de l’entrepreneuriat en France et à l’international. Première femme élue présidente d’une CCI en France en 2016, elle a un vrai ancrage normand, un réseau institutionnel et d’entreprises incroyable, dont elle souhaite faire profiter l’école. Je représente le monde académique et elle, le monde du commerce. C’est très fort. » Un duo de femmes donc, mais ni calculé, ni empreint d’un girl power revendiqué à outrance. « Nous avons toutes deux vécu des expériences où on a dû jouer des coudes pour avancer. Avec Léa, nous voulons inspirer nos étudiantes, leur prouver que faire des études, faire carrière, tout en ayant une vie personnelle équilibrée, c’est possible !»

La qualité plus que la quantité

Ce duo porte bien sûr la même ambition pour l’EM Normandie : en faire la première grande école française post bac d’envergure internationale à horizon 2030. Pour cela, l’école peut compter sur sa marque, forte et reconnue, « sans pour autant se cacher derrière pour faire n’importe quoi ! Notre objectif n’est pas de grossir mais de grandir, en misant sur la qualité. Je regarde avec attention les plans stratégiques annoncés en cette rentrée par de nombreuses business schools qui, pour la plupart, misent sur la verticalité avec la création d’écoles de tech, d’ingénierie ou de géopolitique. Nous avons fait un choix différent, celui de la transversalité, en nous rapprochant d’autres institutions. En misant sur des doubles compétences qui vont façonner l’agilité intellectuelle de nos étudiants, et nourrir ce petit plus qui fera toute la différence de nos diplômés sur le marché de l’emploi » analyse-t-elle. Et de conclure sur la notion de fierté, un sentiment qu’Anne-Sophie Courtier ressent tous les jours en arrivant à l’école. « Un admis à l’EM Normandie doit être fier de rejoindre l’école, un étudiant doit être fier d’y être, un diplômé doit être fier de l’avoir faite, et nos collaborateurs et nos enseignants-chercheurs sont fiers de participer à tout ça ! »