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Relance du tourisme : et si finalement la crise Covid-19 était une chance pour l’hôtellerie de luxe parisienne de se réinventer ?

Crédits Mark Thomas
Crédits Mark Thomas

L’hôtellerie de luxe parisienne a été touchée de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Entre les différents confinements ayant entrainé un arrêt des activités et la disparition de la clientèle internationale (en particulier asiatique et américaine), le secteur connaît sans doute la crise la plus importante de son histoire…

Or le luxe fait toujours rêver. Mais la clientèle et ses attentes changent. Les hôtels de luxe et les palaces parisiens sont donc en train d’adapter leurs offres afin de se rapprocher d’une clientèle, plus nationale, plus locale, avec un besoin de services authentiques. Quelles sont donc les nouvelles tendances qui sont en train de bouleverser le secteur de l’hôtellerie de luxe en profondeur ?

Covid-19 : l’expérience de l’hôtellerie de luxe hors de l’hôtel de luxe

L’offre de restauration des hôtels de luxe a beaucoup changé avec la pandémie de Covid-19. Lors des confinements, les restaurants des palaces ont dû s’adapter rapidement et ils ont mis en place le système de « click and collect » permettant aux clients de profiter, chez eux, d’un repas préparé par un chef, souvent étoilé. A la fin du confinement, suite à la demande de leurs clients, de nombreux hôtels de luxe ont décidé, malgré la réouverture de leurs restaurants, de conserver la vente à emporter. Il s’agit d’une certaine façon de vivre l’expérience palace hors du palace. L’hôtel Le Bristol par exemple propose à la vente des produits maisons comme une terrine de volaille récompensée par une étoile au guide Michelin ou même des cocktails, maison eux aussi, prêts à déguster.

Le luxe, c’est aussi ça…

Attirer et fidéliser la clientèle nationale, voire locale, dans les restaurants des hôtels de luxe

Beaucoup de français n’ont pas encore le réflexe d’entrer dans un palace pour boire un verre. Les restaurants de ces établissements, eux, sont souvent très onéreux. Pour pallier les dégâts causés par la pandémie de Covid dans l’hôtellerie de luxe et afin de sensibiliser et d’attirer cette nouvelle clientèle, moins fortunée mais plus locale et qui peut devenir régulière, de nombreux établissements de luxe montrent désormais qu’ils ont aussi un côté accessible à un plus grand nombre. C’est ainsi que le Peninsula offre sur son Rooftop, en plus d’une vue imprenable sur la capitale, des plats à une vingtaine d’euros. L’idée est aussi que d’autres clients soient ensuite attirés grâce aux photos et aux commentaires présents sur les réseaux sociaux.

Insister sur le développement durable, les circuits courts et les producteurs locaux

Le développement durable et les circuits courts sont aussi des aspects qui touchent sensiblement la nouvelle clientèle aussi bien pour la restauration que pour l’hôtellerie. Côté restauration les chefs souhaitent de plus en plus adapter leur cuisine avec des produits locaux ayant une grande traçabilité. Ils sont aussi fortement sensibilisés au gaspillage alimentaire et réduise les portions si ces dernières sont trop copieuses. Aujourd’hui il est nécessaire d’acheter un produit de qualité et de ne pas le gaspiller. Les emballages du « click and collect » sont quant à eux recyclables.

Dans la partie hôtellerie, l’accent est mis sur un plus grand respect de l’environnement. Il s’agit d’un grand changement dans un secteur qui a mis du temps à se sensibiliser à ce sujet. Face aux demandes de la clientèle en matière de démarche en politique environnementale, l’hôtellerie de luxe ne pouvait pas ne pas s’engager. C’est ainsi que le groupe Mandarin Oriental a décidé de réduire son empreinte carbone et s’est engagé à éliminer l’utilisation du plastique à usage unique, montrant ainsi la façon dont il pouvait « agir de façon responsable» en évitant plus de 900 tonnes de déchets par an.

Le monde de l’hôtellerie de luxe parisien en réagissant à la pandémie de la Covid-19 a trouvé de nouveaux modèles de développement, plus locaux et durables, qui lui ont permis de se réinventer et d’être en accord avec les besoins de son temps.

L’auteur est Nathalie Louisgrand, enseignante-chercheuse à Grenoble Ecole de Management

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