La grande majorité des étudiants de Bachelor envisagent de s’inscrire en Master sans s’interroger sur les motivations profondes et la pertinence de cette poursuite d’études.

 

Poussés par leurs parents, qui craignent pour leur avenir et voient dans le Master une garantie supplémentaire, stressés par les chiffres du chômage qui circulent en boucle sur les médias, angoissés à l’idée de devoir choisir un métier… ils repoussent ainsi l’échéance de l’insertion. Mais un Master, c’est comme les antibiotiques, ça ne doit pas être automatique ! Le retour sur investissement peut s’avérer décevant. Pour éviter les déconvenues, voici les questions à se poser avant de s’engager pour 2 années d’études supplémentaires.

Quelles opportunités de carrière après un Bachelor ?

Beaucoup de jeunes craignent que le Bachelor soit insuffisant pour s’insérer sur le marché du travail. Les opportunités de carrières sont pourtant réelles, il y une vraie demande des entreprises pour des diplômés Bac+3, notamment dans les PME. Le salaire ne sera certes pas le même qu’avec un Bac +5 et la progression de carrière peut être moins rapide. Mais nous le constatons chaque année à Novancia : les étudiants qui décident d’intégrer le monde professionnel réussissent très bien. C’est par exemple le cas d’étudiants entrepreneurs qui choisissent des études plus courtes pour se concentrer sur leur projet de création.

Le Master est-il pertinent/accessible dans votre cas ?

Le niveau l’exigence en Master n’est pas le même qu’en Bachelor, pour les Masters reconnus en tous cas, c’est-à-dire les programmes Bac +5 ayant reçu le visa et le grade de Master. Le cursus est davantage spécialisé, le niveau académique plus élevé, en termes de recherche notamment (à Novancia par exemple, les étudiants doivent réaliser un mémoire de recherche) et l’expatriation internationale est obligatoire. Tous les étudiants de Bachelor ne se sentiront donc pas nécessairement à l’aise avec le travail demandé. Tous les Bac +5 n’ont pas ce niveau d’exigence, mais opter pour un programme qui n’offre pas les meilleures garanties (visa + grade) ne vous ouvrira pas les meilleurs débouchés. Soyez lucide sur votre volonté et votre capacité de travail académique, et vigilant sur la reconnaissance du programme envisagé.

Et si vous preniez le large ?

De plus en plus d’étudiants ont, après leur Bachelor, soif de découvertes ou besoin d’un break. Certains optent pour une expérience à l’international. En entreprise, dans l’humanitaire ou sur les bancs de l’école puisque les Bachelors visés sont conformes aux standards européens et facilitent la poursuite d’études à l’étranger. Dans tous les cas, cette expérience constituera un plus sur leur CV. Enfin, décider de ne pas poursuivre en Master ne signifie pas forcément arrêter ses études définitivement. Il existe d’autres options et c’est à chacun de construire son parcours en fonction de ses appétences et de ses aspirations. Vous pouvez par exemple commencer à travailler quelques années puis reprendre vos études. L’offre de formation continue ne cesse de s’étoffer, en particulier dans les grandes écoles.

JDE N°78 p1-112

© Steve Murez

 

Par Anne Stéfanini,
Directeur de Novancia Business School Paris