Impact sociétal, recherche utile et nouveaux modes d’apprentissage… Pour 2025, EDHEC Business School veut se mettre au service du business et de la société. Oui mais comment ? L’éclairage de son directeur général Emmanuel Métais lors de sa présentation du plan stratégique Impact Future Generations, le 12 mars 2020.

 

Un plan stratégique que l’EDHEC annonce dans un contexte qu’elle perçoit positif. «  La bascule opérée sur le SIGEM avec emlyon business school, notre concurrent direct, est un signal fort. Alors que 5 à 25 étudiants éligibles aux deux écoles optaient généralement pour l’EDHEC, cette année, ils sont 110 à avoir choisi l’EDHEC. Par ailleurs, la vente de la plateforme Scientific Beta en janvier 2020 a validé notre stratégie scientifique et académique mise en place il y a 20 ans. Cela nous permet d’envisager notre nouveau plan stratégique avec confiance et optimisme », introduit Emmanuel Métais.

Optimiste mais réaliste

Pour élaborer son plan stratégique 2020 /2025, l’école s’est appuyée sur une analyse quantitative, la positionnant « dans un environnement en croissance », mais aussi sur une analyse qualitative. « On nous demande souvent à quoi contribuent vraiment les business schools. Si pendant des années, EDHEC for Business a été notre credo, nous sommes passés à une ère nouvelle où il faut non seulement servir le business, mais aussi servir la société », ajoute le DG de l’EDHEC. D’où le nouveau mot d’ordre de l’école : Impact Future Generations. « Nous restons une école de business mais, par toutes nos actions, nous voulons faire en sorte que le business serve la société et les générations futures », insiste-t-il.

Les objectifs 2025 en chiffres

Passer de 140 à 185 millions € de budget
Passer de 8 500 à 10 000 étudiants, tous programmes confondus (soit +1.5 % / an)
10 recrutements de professeurs / an (soit 200 professeurs en 2025)
Un plan de financement de près de 230 millions d’investissements sur 5 ans

L’EDHEC en ordre de bataille

Pour cela, l’EDHEC compte mener sept « batailles stratégiques » :

#1 La bataille scientifique. Dans la droite lignée de la vente de Scientific Beta, l’EDHEC veut « continuer la bagarre sur la recherche utile à fort impact. Nous sommes devenus une référence sur la recherche en finance et j’espère que nous deviendrons une référence mondiale en finance utile d’ici 5 ou 10 ans ». Par ailleurs, d’importants investissements sont prévus pour développer Scientific Infra, avec l’ambition de devenir la référence mondiale du benchmarking des investissements en infrastructures.

#2 La bataille de l’hybridation. « Former des leaders responsables, armés et volontaires pour amener le business au service de la société fait appel à l’hybridation. Si nous souhaitons rester une business school, nous allons élargir le spectre de nos formations. » Preuve en est, la création d’EDHEC Business University Online, en partenariat avec des universités internationales de premier plan, et de l’EDHEC Augmented Law Institute, capitalisant sur la réputation de l’école en la matière. L’EDHEC étant en effet la première business school dans le domaine du droit en France.

#3 La bataille de la tech. Avec la création du Data & IA for Future Generations, l’EDHEC souhaite former ses étudiants aux hard skills du digital (coding notamment), mais surtout à appréhender l’impact de l’ère digital sur les pratiques business.

#4 La bataille de l’internationalisation. « Notre modèle n’est pas basé sur la création de campus à l’étranger où envoyer nos étudiants en masse. Au contraire, nous avons fait le choix de nouer des partenariats avec les meilleures institutions du monde (en Californie et à Singapour notamment), dans lesquelles nos élèves vivent des expériences immersives uniques », insiste Emmanuel Métais.

#5 La bataille de l’expérience étudiante. « Au cœur de notre stratégie, elle est et doit rester exceptionnelle » insiste Michelle Sisto, directrice du PGE. Comment ? Grâce à la technologie et à l’innovation pédagogique bien sûr, mais aussi aux étudiants eux-mêmes, associés par exemple à l’objectif Carbon neutral for 2030.

#6 La bataille de l’entrepreneuriat.  « Si on souhaite que nos étudiants changent le monde, rien de mieux que de leur donner l’envie d’entreprendre ! » lance Emmanuel Métais. Deux projets phares sont d’ailleurs dans les tuyaux. Le lancement d’un accélérateur en Californie et à Singapour et le développement d’un fond d’investissement pour investir dans les startups incubées à l’EDHEC avec une orientation «  future generations ».

#7 La bataille de l’ouverture sociale. Last but not least, l’égalité des chances fait partie des priorités de l’EDHEC pour 2025. L’école a ainsi pour objectifs de passer de 10 à 13 millions € redistribués aux étudiants d’origines modestes et de 30 à 40 % d’étudiants bénéficiaires d’une bourse. «  Nous sommes actuellement en discussion avec une entreprise sur un dispositif mettant un accent particulier sur l’ouverture sociale aux classes défavorisées » tease même Emmanuel Métais.

Avant de conclure, « quand en 2035 on se retournera sur la période 2020 /2025 à l’EDHEC, j’aimerais qu’on dise que l’école a lancé, et bien lancé, trois transformations décisives. Tout d’abord, qu’elle a conforté son modèle de recherche utile. Ensuite, qu’elle a pleinement réussi  sa transformation digitale et qu’elle peut donc revendiquer un statut de plateforme. Et enfin, que l’EDHEC a réussi à hybrider ses contenus et à sortir de son métier de prédilection. »

Mais comment l’EDHEC va-t-elle gagner la guerre ?

Ce tournant sociétal, de nombreuses business schools, concurrentes mais néanmoins amies, l’ont déjà entrepris. La touche EDHEC qui fera la différence ? « L’optimisme et l’authenticité. Notre capacité à adopter la posture qui corresponde à notre culture », déclare son directeur.