« Je pense avoir fait un effort particulier pour travailler avec les acteurs du territoire en sachant que cette collaboration nous projetait immédiatement à l’international. L’université Paris 8 étant située dans un laboratoire de la modernité qui est aussi une zone socialement défavorisée, j’ai développé notre effort dans le domaine de l’innovation comme dans celui de la réussite en premier cycle. »

Danielle Tartakowsky, Présidente de l’université Paris 8 © Université Paris 8 – Service communication

Danielle Tartakowsky, Présidente de l’université Paris 8 © Université Paris 8 – Service communication

Quel est l’impact de la ComUE « Université Paris Lumières » sur votre plan stratégique ?
Nous avons conçu cette ComUE sur la base d’un principe de subsidiarité qui nous permet de faire ensemble ce que nous n’aurions pas eu les moyens d’accomplir isolément comme, par exemple, la mise en place d’une politique de post-doctorants ou l’ouverture d’un bureau « Europe ». Cette ComUE est constituée de trois membres fondateurs (Paris Ouest la Défense, Paris 8 et le CNRS), mais compte également de nombreux membres associés (Archives Nationales, Ecole Normale Louis Lumière, Musée social, Crédit municipal…), culture qui constituent deux de nos axes de recherche. La ComUE travaille également à la construction du Grand Paris sur un territoire en profonde mutation, lieu d’’innovation qui s’étend de Roissy à la Défense.

 

L’enseignement à distance constitue-t-il une de vos priorités ?
Paris 8 se caractérise par son antériorité dans le domaine de l’enseignement à distance puisque, depuis 1992, nous dispensons un apprentissage à distance structuré autour de disciplines centrées sur la psychologie. Un effort de l’université en termes budgétaires nous a permis de diversifier nos usages numériques (primes pédagogiques, formation des enseignants…), rendant l’appropriation des plateformes numériques plus rapide que je ne l’escomptais. L’enseignement à distance intéresse particulièrement les étudiants salariés qui représente 50 % des effectifs de l’université. Notre bibliothèque, qui propose un catalogue numérique important, constitue un élément moteur dans le développement du Learning Center de Paris 8. Nous bénéficions également de la mise en place d’un équipement fourni par l’université numérique de l’Île-de-France qui dispense des formations dans nos murs.

 

De quelle manière l’université Paris 8 s’ouvre-t-elle à l’international ?
Notre université compte 35 % d’étudiants étrangers, avec un taux de 51 % au niveau du doctorat. Les étudiants asiatiques de plus en plus nombreux, sont particulièrement attirés par les formations en art. Nous avons des partenariats actifs avec plus de 150 pays que nous nous efforçons de mieux structurer dans le cadre d’une politique plus rationalisée et proactive. La mobilité sortante du public de notre université, plus défavorisé que dans d’autres lieux, se révélant difficile, nous mettons à leur disposition des bourses de mobilité. De plus, des référents existent dans chaque formation afin de faciliter leur démarche à l’international.

 

Comment mettez-vous en oeuvre l’insertion professionnelle ?
Nous avons mis en place une vice-présidence formation tout au long de la vie qui s’occupe plus spécifiquement des politiques de stage et de l’alternance que nous développons dans toutes les disciplines, afin que l’ensemble des formations s’approprie la professionnalisation des cursus et le développement des stages. Si certains diplômes se construisent avec des professionnels (diplôme sur la violence envers les femmes, par exemple), ces derniers interviennent dans nombre de nos formations, notamment dans le cadre des licences professionnelles, en droit, en gestion, en commerce international, dans le domaine des archives. Enfin, nos alumnis rencontrent chaque année les étudiants de premier cycle pour partager expériences et réflexions sur l’insertion professionnelle et les nouveaux métiers.

 

FOCUS SUR LES GRANDS MÉTIERS auxquels prépare l’université Paris 8
Nous formons bien-sûr des enseignants, des psychologues, des juristes, dont certains plus spécialement tournés vers des domaines qui répondent aux besoins du monde d’aujourd’hui dans sa complexité (droit des minorités, droit du handicap…). Mais je souhaiterais mettre l’accent sur les métiers liés aux industries créatives du cinéma, du son et de l’image. En effet, signataire du contrat de développement territorial de plaine commune, promue « territoire de la culture et de la création », nous formons des professionnels dans tous ces secteurs, notre Master en création numérique préparant les étudiants aux métiers de demain.

 

Patrick Simon