Pour ceux qui l’attendaient la suite *roulement de tambours* voici le troisième épisode de l’aventure PAMacée ! Découvrez et soutenez le projet de Lola et Anne autour des plantes médicinales. Dans cet épisode, l’aventure de Lola au Cap-Vert continue. Bonne lecture !

 

Aleida, une infirmière qui a soif de connaissances

Aleida, infirmière à la délégation de santé de Mindelo, originaire de Santo Antao et convaincue du potentiel des plantes sur notre santé © PAMacée

 Aleida, la sœur d’Adelso, a la même bonté que toute sa famille. Une générosité si grande que j’ai retrouvée à chaque rencontre faite à Santo Antão sans exception. Infirmière à la délégation de santé, elle s’est formée seule à la médecine par les plantes. Si elle tenait de son père un savoir traditionnel sur l’utilisation des plantes locales, ses lectures lui ont apporté non seulement la validation des connaissances familiales, mais aussi la compréhension du fonctionnement de ces dernières sur l’organisme.

« Par mes lectures, j’ai pu constater que ce que disait mon père avait un fondement scientifique. Tout ce que j’ai appris de mon père depuis mon enfance, je sais désormais que c’est vrai. » – Aleida, infirmière naturopathe

Elle constate le désintérêt de la population pour cette connaissance traditionnelle. Alors que dans le temps tout le monde savait préparer une tisane, aujourd’hui, beaucoup de Capverdiens ne savent plus préparer une infusion correctement. Pour ce faire, les parties aériennes (généralement les feuilles, fleurs et tiges) doivent être ajoutées dans l’eau à ébullition, puis être laissées infuser dans l’eau 5 à 10 minutes en coupant le feu. Laisser bouillir des feuilles peut en effet détruire certaines molécules actives présentes dans la plante.

Les résultats de sa médecine naturelle sur les problèmes de diabète, obésité ou tension bluffent ses collègues médecins, qui ne connaissent que les médicaments chimiques. Au Cap-Vert comme en France, la formation des médecins passe sous silence les vertus et l’usage des plantes médicinales.

Leido Pontes, un docteur ouvert d’esprit

Leido Pontes, un des rares médecins capverdiens à connaître le potentiel des plantes pour la santé © PAMacée

Je rencontre les rares médecins qui utilisent les plantes sur l’île de Sao Vicente. Tous les deux viennent de Cuba. Dans ce pays, qui cherche à profiter de ces ressources naturelles, la médecine traditionnelle fait partie des enseignements généraux dispensés à l’Université de médecine.

Mon interview avec le Docteur Leido me rappelle mes rencontres des Canaries. Son approche médicale naturaliste, qui me paraît désormais du bon sens, me semble pourtant très loin de la médecine officielle occidentale. Le malade a besoin de comprendre l’origine de sa maladie pour la résoudre. Les conditions de vie, les problèmes sociaux, l’alimentation, l’exercice physique : tous ces facteurs sur lesquels un médicament n’a aucun pouvoir. Ainsi, il regrette la tendance à la surmédicalisation. Un médecin doit connaître son patient avant de lui prescrire des médicaments, pour comprendre ses problèmes personnels, sa situation familiale ou économique. À quoi bon prescrire des médicaments qu’un patient ne pourra pas acheter ? Au Cap-Vert, l’accès au soin n’est pas donné à tous, malgré les aides étatiques.

« Le médicament résout 30 % des symptômes d’un malade. 70 % de ces maux ne dépendent que de lui-même. » –  Leido Pontes, médecin à la délégation de santé de Mindelo

L’exemple du Covid-19

Le Docteur Leido Pontes souligne l’impact du stress sur la santé. Impossible de ne pas aborder le coronavirus. Il regrette l’angoisse que provoque l’alarmisme face à cette épidémie. Il explique par le phénomène « décompensation », que la peur peut rendre une personne malade, avant même qu’elle soit touchée par le virus. Les organes sont tous interdépendants, rappelle-t-il. Lorsqu’un organe est défaillant, le corps compense souvent sur les autres organes. Cette tension peut s’accumuler avec le temps sans être ressentie, mais lors d’un choc émotif important, l’organe ou l’organisme peut brutalement se dégrader : « la décompensation ».

Pour conclure, pour lui, la santé est la paix intérieure. Cela peut être une personne vivant à la campagne, avec un air pur et une bonne alimentation. Elle n’a pas besoin de médecin, d’hôpital, ou de technologie avancée dans le domaine de la santé. Elle vit en paix elle-même : « une santé naturelle ». Je repense à Adelso, il en est l’illustration parfaite.

A bientôt pour de nouvelles aventures…

Pour les plus curieux :