Partenariat de rêve, moyens illimités, nouvelles formations : William Hurst, DG d’EDC Paris Business School se prête à l’exercice d’une interview 100 % prospective.

 

 

William Hurst, DG d’EDC Paris Business School

Vos premières décisions si vous aviez les clés du MESRI pour une journée ?

J’ai la profonde conviction qu’on ne peut plus continuer, à l’ère de l’hybridation, de séparer formations professionnelle et initiale. A enseignement tout au long de la vie, ministère tout au long de la vie. Je ferais aussi un projet de loi pour un Crédit impôt formation différé sur plusieurs années pour financer ses études. Enfin, j’ouvrirais une vraie réflexion sur ce qu’est la gratuité des études : l’argent n’est pas sale s’il sert à investir pour l’avenir.

 

Si vous aviez des moyens illimités pour l’EDC ?

Je mènerais une réflexion sur le continuum études / carrière, notamment par le biais d’une « IA appliquée » pour permettre un meilleur sourcing des entreprises et de leurs besoins de recrutement et mieux accompagner le parcours de compétences de nos élèves. Je créerais également une université complémentaire à notre business school afin de combiner design (au sens global) et ingénierie avec 50 % de  cours transverses, quel que soit le programme. Enfin, alors que beaucoup d’écoles parlent de campus physiques sur tous les continents, j’investirais plutôt dans un campus on line mêlant matières de gestion, ingénierie, design et créativité. Un continuum d’apprentissage physique et digital « any time any where any device » : voilà mon Cirque du Soleil à moi !

 

Si vous aviez pu plus anticiper la crise de la Covid-19, qu’auriez-vous fait de différent ?

La résilience n’est pas très anticipatrice ! Je pense que nous aurions pu encore intensifier notre communication dans un contexte général où les élèves et leurs familles ont souvent été mis face à des injonctions paradoxales. Nous nous sommes concentrés sur l’essentiel mais il aurait été fabuleux de pousser l’apprentissage de l’incertitude par une étude de cas en live.

 

Si vous deviez inventer un nouveau cours ?

J’inventerais plutôt un parcours où je pousserais la réflexion sur les Humanités 3.0 et l’identification de l‘honnête homme du 21e siècle. On y trouverait des matières essentielles comme l’anthropologie (l’essence même de la compréhension de la tectonique des plaques des cultures), la data, la créativité par l’art… Un parcours « sortez du cadre » où l’hybridation serait appliquée sur toutes les dimensions.

 

Si vous deviez nouer un partenariat de rêve ?

J’aurais sans doute un partenariat avec un cabinet de recrutement haut de gamme et / ou un gros cabinet généraliste pour développer ce continuum évoqué plus haut. Je développerais aussi un partenariat intelligent avec une université, peut-être à l’étranger, car même si on parle beaucoup de contrats de site, la structure prime finalement souvent sur le projet. Je rêve enfin d’un light campus « anytime, anywhere, any location » via un partenariat stratégique avec un établissement de coworking mondial par exemple. Notre job c’est d’être prospectif, pas de se rabattre derrière la brique !

 

Si vous deviez créer une asso étudiante ?

Parce que nous formons des citoyens humanistes 3.0 qui impactent la Cité, je créerais d’abord un projet lié au handicap, à l’intégration vertueuse de ces citoyens comptant parmi les plus fragiles. Je monterais aussi une association proposant aux alumni de venir témoigner de leurs échecs. Car en France, on ne veut que des success stories, alors que dans l’entrepreneuriat, on apprend finalement plus de ses échecs.

 

Si vous étiez étudiant aujourd’hui, qu’attendriez-vous de l’EDC ?

Je me dirais que c’est une école qui a compris l’absolue incertitude que nous avons sur l’avenir. Qu’elle ne va pas me formater mais me permettre de définir ce que va être mon chemin et de m’outiller pour le construire tout au long de ma vie. Que c’est une école qui forme des défricheurs, ce qui est plutôt pas mal car j’aurai à défricher toute ma carrière ! Qu’elle n’a pas honte de dire que c’est la grande école de l’alternance : le meilleur moyen de faire de l’anthropologie professionnelle in situ.

Ne pensez pas que votre avenir sera limité par le choix de votre école. On peut avoir 10 m d’avance au départ mais au final, la tortue rattrape toujours le lièvre ! Toutes les grandes écoles sont de bonnes écoles et quel que soit votre choix, l’univers des possibles n’est pas fermé.