Martin Petit
Crédit Maxance Chevalier

Martin Petit grandit à voix haute

Étudiant en communication, alternant dans un média, choriste passionné et créateur de contenus suivi par des centaines de milliers de personnes, Martin Petit jongle avec les identités. Révélé par The Voice Kids, puis sur TikTok avec le format Imagine si ce son était en français, il trace aujourd’hui sa voie dans la musique. Avec, en ligne de mire, un projet clair : écrire, chanter, et toujours y croire.

Tout commence dans une chorale. Martin Petit a six ans, il y découvre la musique, le chant, la scène… et ne décroche plus. « C’est là que j’ai attrapé le virus » confie-t-il. Une passion précoce qui l’amène à tenter The Voice Kids quelques années plus tard. Il n’a que douze ans, mais déjà un pied dans l’univers médiatique. Pour partager sa prestation, il ouvre son premier compte Instagram et poste un cover sur YouTube. « J’étais passionné par les vidéos, même enfant. Mais je n’arrivais pas à tenir le rythme, alors j’ai tout passé en non-répertorié car c’était une catastrophe. » En 2016, il rejoint Les News Poppys, groupe lancé dans le sillage des Kids United. Un album, des clips, un succès d’estime : l’expérience touche à sa fin en 2019. Martin poursuit ses études à l’ISCOM Paris, se spécialise en communication et décroche une alternance en community management dans un média. Mais la musique reste son fil rouge. Il chante dans un groupe, répète avec sa chorale, poste des vidéos quand il peut, sans jamais lâcher prise.

TikTok, crash test réussi

Même si Martin a longtemps hésité avant de se lancer sur TikTok, c’est le confinement qui lui fait passer le pas. Il tente quelques vidéos, sans grand succès, et l’année suivante, il se fixe un objectif : une vidéo par jour sur TikTok et une par semaine sur YouTube. Pendant un an, rien ne décolle. Puis, en septembre 2023, il ressort le concept : Imagine si ce son était en français. Bingo. La mayonnaise prend et son compte explose. Aujourd’hui, il cumule 350 000 abonnés sur TikTok et 30 000 sur Instagram. Mais avec la visibilité vient la charge mentale. « Entre les cours, l’alternance, la musique, les réseaux, c’est devenu difficile de tout gérer. » Depuis mars, Martin poste moins : une à deux vidéos par semaine. Il ralentit sur TikTok, mais relance YouTube avec un format plus intime : 1h top chrono. Le concept ? Ecrire un morceau complet en une heure, à partir d’un thème et d’un style instrumental tirés au hasard. « C’est intense, mais formateur. Je gagne en skills ! »

« Être artiste, c’est aussi savoir se raconter »

En septembre, Martin termine son alternance. Diplômé en octobre, il pourra enfin se consacrer à 100 % à la musique. En ligne de mire : sortir ses propres morceaux, faire des concerts, collaborer avec d’autres artistes. Il ne rêve pas d’un retour dans The Voice, qu’il trouve moins suivie qu’avant. La Star Ac ? Peut-être : « Mais avec ma visibilité, je pense qu’ils ne me prendraient pas. » Aujourd’hui, il vit toujours chez ses parents. S’il a connu des mois à 1 400 euros quand TikTok marchait à plein régime, ses revenus sont désormais aléatoires. « Vivre des réseaux, c’est un grand mot. Je compte davantage sur YouTube et sa monétisation. » Il pourra toucher entre 1,3 et 1,5 € pour 1 000 vues quand la monétisation sera présente. Sur Tiktok, sa vidéo la plus virale, un cover de Sara perche ti amo, lui a rapporté environ 400 euros. « Mais toutes les vues ne comptent pas. Il y a plein de critères d’inéligibilité. » Martin n’a pas encore accepté de partenariats rémunérés, trop de propositions hors-sujet, « les trucs d’électroménager, ce n’est pas mon univers » sourit-il. Ce qu’il veut désormais ? Construire une carrière musicale, sincère, incarnée. « Sur les réseaux, il faut être soi-même. Jouer un rôle, c’est un frein. Et aujourd’hui, il ne faut plus avoir honte de poster. La honte d’il y a dix ans, elle n’existe plus » conclut-il.