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L’engagement collectif de la jeune génération est-il en panne ?

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De l’humanitaire à l’écologie, du parcours scolaire à la réussite professionnelle, les opportunités de s’engager n’ont jamais été aussi nombreuses. Pourtant, on déplore souvent le désintérêt et la passivité des jeunes à prendre leur avenir en main. Au moment où les partis les appellent aux urnes, où les entreprises peinent à les retenir, on s’interroge encore plus sur le sens et les ressorts de l’engagement de cette génération. Un sujet passionnant, au cœur de la réflexion du laboratoire de recherche sur « l’engagement des 18-30 ans » de l’ISCOM.

Si l’on questionne autant l’engagement des jeunes, c’est sans doute parce que l’on attend de cette génération qu’elle relève le défi qui incombe depuis toujours à la jeunesse : changer les choses. Et qu’elle prenne le relais des combats menés par leurs aînés – l’écologie, l’égalité femme-homme, les discriminations etc. – qui n’ont toujours pas trouvé de happy end au fil des générations. Alors que l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, la jeunesse incarne toujours l’espoir d’un avenir meilleur pour tous.

Du collectif à la communauté : aujourd’hui, un avis vaut plus qu’une voix

Dans l’imaginaire collectif, l’engagement des jeunes est souvent lié à une forme de militantisme, de résistance en bloc contre un ordre établi qu’il faut bousculer pour faire naitre une société nouvelle. Or, pour cette génération, l’engagement ne s’impose pas. Il s’impose par des faits, et il appelle des actes. « Soyez engagés » résonne comme une injonction qui ne trouve plus d’écho si les discours ne sont pas suivis de résultats concrets. Leur engagement ne nait pas d’une injonction collective, institutionnelle et désincarnée « à faire », mais d’une identification forte liée à une trajectoire personnelle. C’est la deuxième rupture de fond, celle-ci, née avec le digital. La manifestation de rue bruyante, collective et visible n’est plus leur seule arme d’expression. Avec les réseaux sociaux, la « génération hashtag » a trouvé un autre terrain pour participer individuellement à l’action collective. Ils sortent de l’ombre lorsqu’ils s’identifient à une personnalité, à une situation, à des valeurs ou à une histoire personnelle qu’ils abondent par un « like » ou partagent dans un commentaire. Ils veulent exister individuellement pour le collectif et non par le collectif. Littéralement, « #Metoo » invite d’ailleurs à partager sa propre expérience, à parler de soi, à s’identifier comme en miroir, pour se retrouver ensuite dans une communauté engagée pour une cause commune. Chaque expérience personnelle partagée devient ensuite un levier d’influence pour faire bouger les lignes. De l’idéal à la cause, du collectif à la communauté : le processus d’engagement s’est fortement individualisé.

Quel sens donner à l’engagement collectif de la jeune génération ?

C’est aussi pour cette raison que l’on ne peut plus parler « des jeunes » comme d’un collectif unique ou une catégorie statistique, sans considérer toutes les aspérités et les contrastes d’une génération complexe, hétérogène, aux profils multiples et aux parcours singuliers. Si cette génération adopte des comportements et des codes communs, leur engagement dépendra fortement de leur trajectoire personnelle. C’est aussi toute la complexité à analyser « l’engagement des jeunes » aujourd’hui. Doit-il être synonyme de militantisme ? De mobilisation ? D’implication au travail ? De bénévolat ? De temps sacrifié à une cause ou à une entreprise ? Autant de questions qui interpellent la société et les entreprises et qui animent notre laboratoire de recherche appliquée à l’ISCOM.

Aller au-delà du « like » et du commentaire

Pour autant, la dynamique de l’engagement peut-elle se limiter à un coming out digital face aux grands défis professionnels et sociétaux auxquels ils sont confrontés ? S’engager, c’est aussi se mettre en mouvement. Un peu comme au tennis, où l’engagement désigne le geste qui marque le premier coup à jouer. Au final, l’engagement n’est pas seulement une question de génération, mais aussi, et surtout, une histoire de convictions. Notre rôle à leurs côtés est peut-être de les extraire d’une certaine forme de passivité ambiante qui menace cette génération, autant que la nôtre. D’éclairer avec eux un chemin qui les conduira à affirmer leurs propres convictions et à trouver les ressorts nécessaires pour faire bouger les lignes. Parce qu’au final, ceux qui se sont engagés ont toujours su trouver le chemin de leur propre liberté.

L’auteur est Laurence Gosse, Directrice scientifique, Influence et réputation, ISCOM

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