Pas besoin d’attendre la vie pro pour être TalenTueuse… La preuve avec Laureen Sultan, (étudiante en Master 2 IESEG 26), présidente de Women in Business
Tu as rejoint l’association Women in Business en 2021, évolué de membre événementiel à responsable, puis présidente. Qu’est-ce qui a changé, au-delà de ton rôle ?
Ma vision des choses. J’ai longtemps pensé que chacun avait une case, un chemin tracé à suivre. Que certains métiers étaient “faits” pour certains profils. Mais ce n’était pas une conviction : juste un manque de rôles modèles. Parce qu’on ne peut pas devenir ce qu’on ne voit jamais. Women in Business m’a permis d’ouvrir les yeux. En rencontrant des professionnel(le)s, j’ai compris que beaucoup veulent faire avancer l’égalité. Ce qui manque, ce ne sont pas les alliés, mais les espaces pour en parler, les occasions d’agir. J’ai aussi compris que ce qui m’a freinée – et ce qui freine encore trop de jeunes femmes – c’est la peur d’oser : oser demander, oser essayer, oser se planter. Alors oui, on a encore besoin de diversité dans les parcours. Pas pour cocher des cases, mais pour ouvrir des portes.
En quoi ton engagement a-t-il concrètement changé les choses ?
C’est une chose de rejoindre une association qui promeut l’égalité des genres. C’en est une autre de savoir que ton parcours, ton engagement, tes prises de parole peuvent faire basculer des vocations. J’ai reçu de nombreux appels de jeunes filles qui me disent : « Je n’aurais jamais osé faire ce parcours. Je pensais que ce n’était pas pour moi. Tu m’as fait changer ma vision des choses. » Quand j’entends ça, je réalise que ce que je fais dépasse de très loin un simple mandat associatif. C’est du concret. C’est le début d’un changement de mentalité chez les jeunes étudiantes et étudiants – un changement qui, demain, les guidera aussi dans leur rôle de futurs parents. Ils élèveront leurs enfants autrement, en leur apprenant qu’un métier n’a pas de genre. Et ça, c’est de loin ma plus grande fierté.
« Ton rêve pour le futur de Women in Business »
Que l’association cesse d’exister. Parce que ça voudrait dire qu’on a gagné. Qu’on n’ait plus besoin d’expliquer qu’une femme peut être cheffe d’entreprise, analyste financière, ingénieure ou fondatrice de start-up. Qu’on n’a plus besoin de corriger les biais, parce qu’ils auront disparu. Mon rêve, c’est que plus aucune jeune fille ne se demande si elle a « le droit » ou « les capacités » de faire carrière là où elle veut. Que les RH, les assistantes, les présidents et les DAF soient choisis pour leur talent, pas en fonction de leur genre. Et tant que ce ne sera pas le cas, Women in Business existera.
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