Leadership : Qui sont les nouveaux maîtres du monde ?
Leadership : Qui sont les nouveaux maîtres du monde ? ©AdobeStock

Leadership – Qui sont les nouveaux maîtres du monde ?

C’est un fait : décider est un processus de plus en plus complexe. Mais alors, qu’est-ce qui drive vraiment les plus grands décideurs mondiaux contemporains : fédérer, gouverner, soumettre ? L’ouvrage Les Maîtres du Monde, dirigé par Pascal Boniface (Editions Eyrolles 2025) recense cinq (pas si) nouvelles typologies de leaders et analyse leur approche à travers vingt portraits. Donald Trump, Mohammed ben Salmane, Taylor Swift, Lula ou Greta Thunberg : s’ils n’ont évidemment pas la même puissance, ils contribuent tous à influencer le processus de décision. Voici comment.  

Les hors-la-loi

Souvent au pouvoir, ils devraient être des gardiens de la loi, « mais ils préfèrent la puissance au droit. Le droit, qu’il soit national ou international, leur apparait comme une limite inacceptable et injustifiée à l’exercice de leur volonté […] S’ils sont à la tête de leur pays, ils confondent leurs intérêts personnels et l’intérêt national. Ils estiment être les seuls capables de restaurer, augmenter et développer la puissance nationale. » Parmi eux : Vladimir Poutine, Donald Trump, mais aussi Elon Musk ou El Mencho, chef du plus puissant cartel de l’histoire du Mexique.

Les multi-alignés

Face à une Guerre Froide qui imposait aux pays de choisir leur camp entre deux superpuissances, le mouvement des non-alignés a émergé en 1961. Aujourd’hui, ce clivage entre deux superpuissances aux atouts comparables a disparu, laissant place au multi-alignement. « Il s’agit avant tout de ne pas être enfermé dans une relation stratégique bilatérale unique avec plus fort que soi. ». Le Premier ministre indien Narendra Modi, Mohammed ben Salmane et Recep Tayyip Erdogan s’inscrivent dans ce mouvement.

Les figures du soft power

Vous ne pensiez pas pouvoir un jour classer le Pape, Albert de Monaco et Taylor Swift dans la même catégorie ? Et pourtant ! Chacun à leur manière, ils incarnent le soft power, « l’influence, le pouvoir de convaincre » qui s’oppose au hard power, le pouvoir de contraindre, le rapport de force dans la plus simple expression. « Jésus Christ n’était-il pas une des premières incarnations du soft power ? s’interroge les auteurs de l’ouvrage. Sans être riche ou militairement puissant, il exerçait déjà, de son vivant, une très forte influence […]. Certes, le soft power ne procure pas une puissance décisionnelle. Le pape ne peut arrêter la guerre en Ukraine, le prince Albert stopper le réchauffement climatique ou Taylor Swift empêcher Donald Trump d’être élu. Mais ils exercent tous une influence réelle dans le grand débat d’idées internationales, antichambre de la décision. »

Les représentants du Sud global

Contrairement au Tiers-monde des années 60, le Sud global n’est pas une entité unique. « Les régimes, les états de développement et les orientations diplomatiques des pays qui le composent sont très divers, ils partagent un refus de continuer à accepter la domination occidentale. Ils rejettent collectivement cet ordre ancien et partagent la mémoire collective de la colonisation […] Ils estiment être légitimes pour participer à la conduite des affaires mondiales et à la détermination des règles qui vont les régir. Ils veulent être à la table, pas au menu. » Parmi eux : Xi Jinping, Lula ou Mia Mottley, Première ministre de la Barbade.

Les lanceurs d’alerte

Ils n’ont pas de pouvoir, mais beaucoup d’influence. La force virale des réseaux sociaux permet à leurs idées « de se répandre à l’échelle planétaire et de forcer gouvernements et médias à réagir à un mouvement qu’ils n’ont pas créé et qu’ils ne peuvent pas contrôler. » Mais à la condition que la cause soit juste et corresponde à un besoin sociétal dépassant les frontières. Parmi eux, l’ouvrage distingue notamment Julian Assange (qui a répondu à « la soif des citoyens de connaitre ce que font les Etats et ce qu’ils veulent cacher »), et le mouvement #Metoo, incarnation de la force du collectif. « Les lanceurs d’alerte sont indispensables à l’intérêt général […] Ils sont la mauvaise conscience des puissants et les anges gardiens des causes, qui, sans eux seraient perdues » précise l’ouvrage.

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