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Après plus d’un an de pandémie, la culture survivra-t-elle au Covid ?

la culture survivra-t-elle au Covid

Nous vivons une époque difficile pour la culture. Cinémas, théâtres et autres salles de spectacles, fermés, pas d’accès aux évènements culturels pendant les différents confinements et même au-delà. Cependant, nous avons tous, pour notre épanouissement personnel mais aussi pour échanger avec les autres, un besoin essentiel de culture. Comment envisager le futur de ce secteur de l’économie avec sérénité ?

La culture, l’un des secteurs les plus gravement atteints

Les indicateurs économiques montrent que le secteur culturel sera l’un des plus affectés et l’un des derniers à se remettre de la crise. Cependant, le besoin de culture n’a jamais été aussi flagrant que pendant la pandémie. La demande n’a pas diminué. Les managers travaillant dans la culture et les artistes ont dû se surpasser pour inventer des solutions et amener la culture aux gens malgré l’interdiction de sortir.

La culture sur la scène digitale

Le digital a permis de donner accès à des nouvelles formes de culture : expositions et concerts à la maison. Pas seulement en France, les citoyens partout dans le monde ont consommé sans limite la production culturelle à travers Internet : films et séries mais aussi festivals solidaires et œuvres d’art accessibles en un clic. En particulier en France, la relation des citoyens avec la culture a été tangible. Le public s’est aussi montré solidaire avec les artistes et les institutions culturelles, reversant une partie de leurs abonnements suite à l’annulation des représentations.

Une période fertile pour la création

L’expérience nous montre que les temps d’isolement, et donc de confinement, sont particulièrement riches pour la production et la création. Beaucoup d’initiatives nous l’ont démontré, par exemple la pratique amateur de la musique a beaucoup augmenté, mais aussi celle de la danse ou des arts graphiques. Cette tendance a permis à une entreprise iconique du rock n’ roll, les guitares Gibson, presque en faillite avant la pandémie, de bénéficier d’un rebond inattendu des ventes. Le Musée du Prado à Madrid a profité de cette période défavorable pour remodeler ses collections, et prendre le temps de débattre sur la paternité contestée de certaines œuvres. Réflexions et changements difficiles en temps normal. Des applications pour découvrir les meilleures sorties culturelles sont nées pendant cette période, comme Bibi créée par Ophélie Baridaud (Audencia) pour la culture à Paris. Des managers qui ont remarqué que « sans la culture, nous devenons fous », se sont lancés dans l’aventure malgré la crise. Ainsi sous le #covidartmuseum, trois publicitaires espagnols ont rassemblé des œuvres du monde entier. Par ailleurs, ils affirment que « Lorsque tout cela sera terminé, il sera essentiel de recueillir un témoignage émotionnel et artistique de la façon dont le virus nous a touchés ». Ils se posent la question de savoir si le covid art museum marquera une tendance ou un changement d’époque dans le monde de l’art. Des artistes sont nés à la faveur des divers confinements, des entreprises ont été sauvées, de nouvelles façons de s’exprimer ont surgi.

Un soutien nécessaire au rebond

La culture a besoin de soutien en France comme partout en Europe. Le soutien des institutions culturelles initié pendant la pandémie doit déboucher sur une augmentation des moyens récurrents en particulier vers les acteurs les plus fragiles. Il faut aussi se méfier des effets d’aubaine contre-productifs, comme par exemple l’artiste contemporain Damien Hirst, qui a largement profité des aides mises en place par l’État britannique, tout en licenciant un peu plus du tiers de son équipe au sortir du confinement.

La culture a des atouts pour rebondir, elle pourra miser sur sa créativité pour se réinventer. La pandémie a montré que les artistes, les managers et le public de la culture forment un tout indivisible. La crise sanitaire a mis en évidence la place que la culture occupe dans la vie de tous et le vide qu’elle laisse quand elle disparait. La sortie de la crise ne dépend pas que des managers de la culture, la réponse viendra de la société et des politiques mises en œuvre. En France où la culture fait partie de l’identité du pays, nous avons les moyens d’imaginer une autre façon de consommer la culture pour faire en sorte que cette pandémie soit l’occasion d’un renouveau.

L’auteure est Martha Abad Grébert, Professeure et Responsable pédagogique du département communication et culture à Audencia.

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