L’université Paris-Saclay, cadre institutionnel qui abrite désormais les actions de coopération entre les 19 membres du Campus Paris-Saclay, est née cet été. Levier de notoriété et de visibilité, l’université est aussi le cadre privilégié du développement de programmes doctoraux, de Masters et de Licences. Détails avec Dominique Vernay, président de la fondation de coopération scientifique Campus Paris-Saclay.

Une nouvelle COMUE est née, comment s’est déroulée la concertation ?
Les conseils d’administration des 2 universités, 10 grandes écoles et 7 organismes de recherche ont adopté les statuts qui fondent la nouvelle communauté d’universités et d’établissements le 4 juillet. Depuis que nous avons été retenus pour l’IDEX en avril 2012, l’atmosphère s’est détendue. Le travail a été collaboratif tant sur la stratégie que les points concrets. Les énergies se sont libérées et ont permis d‘améliorer le dispositif de gouvernance, avec notamment une meilleure reconnaissance de la voix de la communauté scientifique et académique. Le conseil d’administration fonctionne en collèges, toutes les décisions importantes sont prises à l’unanimité. Chaque établissement a une voix quelle que soit sa taille. Notre objectif est de fédérer les membres, de créer une mixité, pas de juxtaposer leurs problématiques !

 

Un nouveau président pour Paris-Saclay en avril 2015

Que va-t-il se passer ces prochains mois ?
En tant que président de la FCS, je vais porter durant un an encore le projet d’IDEX. Ces prochains mois vont être consacrés aux élections des représentants des 19 établissements répartis dans plus de 40 localisations. Plus de 10 000 chercheurs, 60 000 étudiants ainsi que les personnels administratifs et ingénieurs vont voter. C‘est donc une grosse opération. Nous connaitrons les élus en mars ou avril. A l’issue des élections, le conseil d’administration désignera le président de Paris- Saclay. Il restera à organiser le vote pour le conseil académique en juin.

 

Développer une offre de formations

Quels seront les bénéfices de cette nouvelle université pour les étudiants ?
La création d’un collège doctoral va leur offrir une palette de doctorats trans-établissements. Ils porteront sur les grands enjeux scientifiques de demain dans une vision disciplinaire ou interdisciplinaire. Nous mettrons en place un dispositif de bourses. La plus grande révolution va être la création d’une large offre de Masters. Nous avons pris l’engagement, dans le cadre de l’IDEX, que 30 % des Masters soient portés par l’Université Paris-Saclay. Aujourd’hui nous arrivons à 80 % de Masters communs avec une offre de formation totalement repensée ! Le premier bénéfice pour les étudiants est donc une bonne visibilité des parcours, la possibilité de passer d’un établissement à l’autre durant son cursus avec le développement des passerelles.

Quelles autres actions pédagogiques préparez-vous ?
Nous travaillons sur des actions pour développer la Licence dans la veine de l’Institut Villebon Georges Charpak. Nous voulons amener au niveau Licence des jeunes qui ont le goût des sciences et sont plus tournés vers les aspects pratiques que théoriques via une pédagogie adaptée. Autre chantier : faire travailler en réseau les IUT de Paris-Saclay.

Où en est la structuration de la vie universitaire en campus ?
Je crois que c’est la transformation la plus spectaculaire. Après un flot important d’arrivées de membres en 2017-2018 (ENS Cachan, Centrale Paris, Télécom ParisTech), l’ensemble des établissements devrait être installé pour 2020. Le décloisonnement entre les formations va se traduire dans la vie étudiante. D’autant que le campus est doté de toutes les infrastructures nécessaires à une vie étudiante riche et dynamique. L’aménagement du territoire est une autre avancée avec l’arrivée du métro, des lignes de bus en site propre, des voies cyclables, des commerces, des services, des logements, des écoles et crèches… Nous sommes passés du projet d’accueillir des écoles sur le Plateau à la création d’une cité qui à terme accueillera de 50 000 personnes.

 

Notoriété et visibilité

Etre une université qu’est-ce que cela change pour Paris-Saclay ?
L’université c’est une image de marque et une organisation universelle. Le premier bénéfice pour les membres et leurs communautés est donc l’effet d’image. Le second est le pouvoir fédérateur d’un nom et d’un cadre institutionnel communs pour nos actions de coopération. Nos chercheurs et étudiants seront les meilleurs ambassadeurs de la marque.

 

Comment seront intitulés les diplômes de Paris-Saclay ?
Par exemple : doctorat en mathématiques de l’université Paris-Saclay, étudiant à l’Ecole polytechnique. Les écoles ont leurs propres diplômes, progressivement elles ajouteront un suffixe pour préciser qu’elles sont membres de l’université Paris-Saclay.

 

Cet effet sera-t-il également sensible hors de nos frontières ?
Nous partons d’un acquis certain en matière d’actions et partenariats internationaux chez nos membres. Nous allons les développer. Nous avons une carte à jouer dans la compétition internationale pour attirer les cerveaux. Nous disposons de bourses internationales pour les doctorats et Masters financés par l’IDEX. Nous en avons déjà alloué 150. Mutualiser l’accueil des étudiants internationaux pour leur faciliter la vie sera un autre bénéfice. Nous avons une panoplie d’outils pour séduire les enseignants-chercheurs de haut niveau comme les Chaires. L’idée sera de projeter l’université Paris-Saclay à l’international en nouant des alliances sélectives. A un niveau fédéral Paris-Saclay s’intéresse aux grands accords qui apporteront une valeur ajoutée globale, les établissements gardant la main sur leurs alliances. Et déjà, nous sommes sollicités par des délégations étrangères.

 

Quel est votre rêve ultime pour Paris-Saclay ?
Je rêve qu’elle acquière une notoriété académique et scientifique aussi grande et belle que Berkeley par exemple. Je rêve aussi que nous ayons des Prix Nobel dans chacun de nos domaines. A ce jour Paris-Saclay en compte 2.

 

Quels sont les projets en matière de valorisation ?
Notre objectif est double : de multiplier par 2 ou 3 le nombre de start-up créées à Paris-Saclay en 10 ans ; et que l’université soit à l’origine (et identifiée comme telle) de nouveaux développements technologiques. Cela passe par la création d’un continuum depuis les sciences jusqu’à la recherche dans l’entreprise en nous appuyant sur nos instituts et laboratoires, en passant concrètement de la science à la technologie, notre Pôle d’entrepreneuriat étudiant, le dispositif d’accélération du transfert des technologies (SATT). Dans toutes ces actions, l’université a la chance de pouvoir s’appuyer sur l’expérience de ses membres grandes écoles et grandes institutions de recherche très liés au monde économique.

 

A. D-F