Rencontre avec Christopher Cripps, directeur des Relations Internationales depuis septembre 2007.

Quelle est la place de l’Inde dans votre stratégie à l’international ?
Tout d’abord, c’est l’un de nos pays stratégiques, au même niveau que le Brésil et la Chine. Ces pays sont ceux dans lesquels nous mettons beaucoup d’énergie. L’Inde nous intéresse car c’est un pays où l’avenir se fait, où l’on trouve d’excellentes institutions, d’excellents élèves, et un intérêt français.

 

Comment les relations avec l’Inde sont-elles nées ?
Je suis à Centrale Paris depuis 2007, et les premiers pas vers l’Inde ont été faits vers 2005. Avant, j’étais à Grenoble Ecole de Management, j’avais ouvert un bureau à Delhi. Quand je suis arrivé à Centrale, j’ai donc tout de suite établi une représentation à Dehli, et cette personne a immédiatement commencé à travailler pour établir des relations avec des universités indiennes, et créer un réseau d’entreprises.

 

Pourquoi les relations avec l’Inde n’ont-elles commencé qu’en 2005 ?
La barrière d’entrée est grande. Les instituts indiens de management et de technologie sont extrêmement sélectifs et leur internationalisation n’est pas rapide. Ils sont très fiers de leurs instituts, et ils sont extrêmement focalisés sur les Etats-Unis et le Royaume Uni. La France est tout récemment apparue sur leur écran de valeur. Mais d’un autre côté, la France aussi a tardé à aborder ce marché. Elle s’est focalisée sur la Chine : actuellement, il y a environ 30 000 étudiants chinois en France pour seulement 3 000 étudiants indiens*.

 

Quels sont vos projets en Inde ?
Pour l’instant, nous avons développé des échanges avec l’Indian Institute of Technology (ITT) à Delhi, l’ITT Kanpur, l’ITT Bombay, et l’IISC Bangalore. A l’heure actuelle, les activités que nous avons mises en place sont de l’ordre de l’échange d’étudiants pour un semestre (nous avons parlé de doubles diplômes mais nos partenaires indiens ne sont pas encore très partants). Nous envoyons donc chaque année une petite dizaine d’étudiants français dans les établissements partenaires indiens, auxquels s’ajoute une demi-douzaine qui part en stage en Inde. En parallèle, nous accueillons entre 2 et 4 étudiants indiens par an dans le cycle ingénieur, entre 3 et 4 en stages labos l’été, environ 5 dans notre MS Achats, 5 dans le Master Energie Nucléaire et entre 0 et 2 post-doctorants par an**.
Par ailleurs, nous voulons créer un réseau plus fort d’entreprises, mais cela démarre doucement. Est-ce que nous ferons de la formation continue ?  Cela dépendra de ce réseau. Au sein de nos projets, la recherche est aussi une prochaine étape. Nos amis indiens sont très portés sur la recherche et nous aussi, et ils aimeraient que nous mettions en place davantage de collaborations. Je dirais que dans les deux années à venir, nous aurons fait un ou deux séminaires mixtes avec nos partenaires. C’est en discussion. Et nous ne sommes pas très loin d’envoyer des étudiants pour des stages de recherche. Et puis, nous avons déjà accueilli des post doctorants, et ce flux va continuer.

 

Comment se passe l’intégration des jeunes Indiens à Centrale ?
Les différences culturelles sont énormes. Les jeunes Indiens débarquent sur une autre planète. Il n’y a personne pour les aider à porter leurs bagages, la nourriture ne leur convient pas du tout, etc. Et ensuite, au niveau des études, nous leur demandons de parler Français mais quand ils arrivent ils sont parfois trop confiants. Or, à Centrale Paris, ils sont confrontés à un excellent niveau. Donc ce n’est pas évident, et comme en Inde il n’y a pas une grande tradition de voyage en France, ils n’ont pas beaucoup de copains pour leur expliquer comment manger un cordon bleu. Mais à Centrale Paris nous prenons très bien soin d’eux. Et ils n’ont pas de difficultés, ils savent travailler. Et enfin, ils sont très agréables !

 

Et l’intégration de vos étudiants français en Inde ?
Les différences culturelles pour les Français en Inde sont aussi très importantes. Les campus des IIT sont très bien, il y a des petits magasins, ils ont leur vélo, etc. Mais dès qu’ils sortent du campus, il y a une adaptation à avoir. Cependant, nos étudiants sont ravis, même si certains rentrent en disant qu’ils sont épuisés : ils sont très heureux du niveau de l’enseignement, de l’accueil, de l’encadrement. Les professeurs sont très proches des élèves. Ils sont émerveillés par ce pays.

 

Début des relations avec l’Inde :
2005
Nombre d’établissements partenaires indiens :
4
Nombre d’étudiants indiens à Centrale Paris en 2012-2013 :
Environ 20

 

* Chiffres en accord avec ceux du Ministère des Affaires Etrangères : http://www.diplomatie.gouv.fr
** Selon les données des deux dernières années

 

Claire Bouleau