La Directrice Générale de la Société Coopérative de la Région d’Arcis sur Aube, Agnès Duwer, DESS en droit privé (93), DEA (94) et 3e Cycle à l’ESCP (2006,2011) décrit avec enthousiasme les rouages d’une entreprise qui emploie 65 collaborateurs, compte 600 adhérents, est actionnaire à près de 5% de Jacquet, et a collecté l’an passé 216 580 tonnes de céréales (principalement blé et orge) pour un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros.

 

Agnès Duwer, DESS de Droit, DEA (93,94), 3e Cycle ESCP (2006,2011) est la Directrice Générale de la Société Coopérative de la Région d’Arcis sur Aube, située près de Troyes.

Agnès Duwer, DESS de Droit, DEA (93,94), 3e Cycle ESCP (2006,2011) est la Directrice Générale de la Société Coopérative de la Région d’Arcis sur Aube, située près de Troyes.

Comment définiriez-vous le cœur de l’activité de la société coopérative agricole d’Arcis sur Aube, dont vous êtes la Directrice Générale ?

Nous accompagnons les agriculteurs du début du cycle de la production jusqu‘à son terme. Nous sommes véritablement le prolongement de l’exploitation agricole. Nous regroupons 600 adhérents. Notre mission consiste, dans un premier temps, à approvisionner l’agriculteur en lui livrant les semences en fonction de sa culture, puis en lui vendant des engrais, des produits de protection des cultures, et en lui délivrant des conseils relatifs à la vente de ses intrants, au fur et à mesure que la culture évolue. Puis, nous rentrons dans la phase de collecte, (juillet-août), qui doit optimiser tous les fruits du travail antérieur. Une fois la collecte réalisée, se met en place le travail essentiel dans les silos. Les responsables des sites et les magasiniers doivent alors  maîtriser la qualité du grain. Notre activité quotidienne dépend de la saisonnalité, comme les moissons par exemple, mais nous la planifions. Conseils, ventes de produits aux agriculteurs pour bonifier leurs productions et, en bout de chaîne, le négoce pour valoriser les  produits à nos clients finaux, constituent notre « labeur » au quotidien. Mais l’activité pour nous n’est qu’un moyen, car ce qui nous importe, ce sont les finalités de la coopérative, à savoir le revenu agricole et la création de richesse sur notre territoire, et ce dans une approche moyen long terme.

 

En quoi vos études de droit et votre double formation à l’ESCP, « Management Stratégique et General » et « Diriger et Motiver » vous ont aidée à occuper vos fonctions actuelles ?

Tout en préparant ma thèse de droit et en enseignant, je suis d’abord rentrée dans une coopérative, à temps partiel, au service « management de la qualité ». Je me suis vite pris au jeu de la coopérative. J’ai ensuite pris en charge la communication de la SCARA et d’une autre coopérative, tout en assumant la responsabilité   des affaires juridiques, avant de prendre en charge le pôle innovation et nouveaux services puis mes fonctions actuelles depuis 2006. Mon évolution dans l’entreprise s’est toujours inscrite dans la création de poste sauf pour le poste de DG, ce qui est passionnant, car cela m’apermis à chaque fois d’élargir le champ des « possibles » et de mes compétences, en apportant ma pierre à l’édifice. Le 3e cycle à l’ESCP m’a apporté beaucoup d’oxygène ! Cela a été une ouverture humaine très riche, capable de mettre en place des passerelles sur notre travail au quotidien. Quel que soit notre secteur d’activité, nous sommes tous soumis aux mêmes problématiques. L’apport pédagogique a été de très grande qualité. Il m’a  permis d’avoir du recul sur ma perception des enjeux de l’entreprise, avant, et sur la façon dont je pouvais les faire évoluer, après. Je suis passionnée par la conduite du changement en période de fortes mutations dans la coopération agricole ; ce fut notamment le thème de mon mémoire majeur qui ainsi m’a permis de faire le lien entre mon expérience professionnelle et le parcours à l’ESCP.

 

Quelles sont les compétences nécessaires pour occuper votre fonction actuelle ?

Je suis d’abord très attachée au système et aux valeurs dont le monde coopératif est imprégné (équité, transparence…). Ensuite, mon lien avec le projet d’entreprise était très fort, puisque j’y avais déjà collaboré en tant que membre de l’équipe de direction. Je pense aussi que le dynamisme, allié à une ouverture d’esprit, sont nécessaires pour défricher de nouveaux territoires et bâtir la coopérative de demain avec le Conseil d’Administration et l’équipe de management ! Je n’occupe pas un poste d’expertise, mais de direction générale, ce qui signifie avoir une vue d’ensemble très large et déployer notre stratégie avec les équipes. Il faut savoir s’entourer de bons managers et prendre conseil auprès d’experts (ingénieurs, gens du marketing, responsables-qualité etc…), quand on couvre des domaines variés principalement dans l’alimentaire (meunerie, malterie…) voire parfois le non alimentaire (biocarburants). Je dois être également très présente pour représenter nos différents partenariats mis en place avec d’autres coopératives ou des industriels français ou étrangers. Enfin une grande capacité d’adaptation du fait de la diversité de nos métiers, de ses acteurs (adhérents, clients et collaborateurs) et de la complexité de nos enjeux actuels…

 

A.B.

 

Contacts
Dorothée MEROT, assistante communication
Céline GILLET, responsable ressources humaines