« Nous sommes une école de management publique qui propose une ouverture sur la connaissance des entreprises, de leur réalité de leur contexte et de leurs enjeux. »
Nathalie Loiseau, Directrice de l’ENA

Nathalie Loiseau, directrice de l’ENA

Nathalie Loiseau, directrice de l’ENA

Comment l’Ecole Nationale d’Administration envisage-t-elle de façon stratégique ses relations avec les entreprises ?
D’une manière générale, ma mission à la tête de l’ENA consiste à ouvrir l’école sur les réalités politiques, économiques, sociales et internationales de notre pays. Nous devons faire en sorte que les élèves que nous formons aux métiers de la fonction publique connaissent aussi bien que possible la réalité économique de notre pays et ses entreprises. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les pôles forts de la pédagogie de l’école où les stages jouent un rôle significatif puisqu’ils constituent la moitié de la scolarité. Les énarques doivent connaître l’entreprise dans le cadre de leurs futures fonctions de cadres de la fonction publique d’Etat, quel que soit leur parcours ultérieur : la majorité d’entre eux fera carrière dans l’administration, certains feront des aller-retour public/privé ou auront des parcours extrêmement divers. L’école a proposé à des chefs d’entreprise ou des cadres supérieurs de venir présenter aux élèves de l’ENA les mécanismes et les problématiques de la stratégie en entreprise. Il s’agit d’enseignements obligatoires qui font partie du tronc commun de la formation.

 

Les stages en entreprises sont-ils un des axes forts de vos partenariats ?
Ils sont obligatoires pour les élèves qui effectuent leur scolarité à l’ENA. D’une durée de trois mois, ils complètent l’enseignement dispensé à l’école en matière de gestion et de management par une connaissance de la réalité en entreprise. Ces stages se déroulent à Paris ou en Province dans de grands groupes et des ETI. Mis en situation, nos élèves se voient confier des missions et des tâches précises dans les directions fonctionnelles ou la direction générale. Le contenu des stages dépend de ce que l’entreprise peut proposer et du profil de l’élève. L’entreprise doit être en capacité de mettre à disposition de l’élève un maître de stage qui le suit et assure sa formation. A l’issue de cette période, un rapport de stage sera soumis à un jury comprenant un chef d’entreprise.

 

Quels types d’enseignements la formation continue permet-elle de dispenser aux cadres d’entreprise ?
Si elle s’adresse à différents types de publics français et étrangers, nous formons des cadres du secteur public et du secteur privé qui ont en commun d’avoir acquis une expérience professionnelle. Ces derniers choisissent l’ENA pour approfondir leur formation dans un certain nombre de domaines précis pour lesquels l’école est réputée détenir un savoir-faire d’excellence, qu’il s’agisse des affaires européennes ou du management. Le catalogue d’offre de formations se développe en fonction de la demande. Nous proposons également des formations sur-mesure d’une durée de trois jours à trois semaines, voire plus si nécessaire. Les diplômes (masters) sanctionnant les actions longues de formation continue sont délivrés par nos partenaires universitaires (Paris I, université de Strasbourg…)

 

Quels liens l’ENA établit-elle avec les entreprises du point de vue international ?
Nous essayons surtout de faire prendre conscience aux entreprises françaises que les anciens élèves étrangers de l’ENA sont présent dans la haute fonction publique et dans le secteur privé de nombreux pays, à des niveaux de responsabilité qui peuvent leur être d’une très grande utilité. Les membres de ce réseau qui compte environ 3 000 personnes, connaissent particulièrement bien notre pays puisqu’ils ont notamment effectué des stages en région. Il s’agit d’un outil d’influence favorable au rayonnement de la France.

 

Précision
Un cadre d’entreprise peut-il intégrer l’ENA ?
Certainement, car il existe trois filières pour entrer à l’ENA : le concours externe ouvert aux étudiants ; un concours interne pour ceux qui appartiennent à une des trois fonctions publiques nationales ; une troisième filière est ouverte à des membres du secteur privé et associatif à condition d’avoir une expérience professionnelle de huit ans minimum.

 

Patrick Simon