Toutes les grandes écoles parlent d’intelligence artificielle pour révolutionner leurs enseignements ou leur organisation. Et elles ont raison ! La technologie va bouleverser nos méthodes pédagogiques. Il faut se tenir prêt à relever ces nouveaux défis pour répondre encore et toujours mieux aux attentes des nouvelles générations. Par Elian Pilvin, Directeur des opérations et du développement, EM Normandie

 

IA versus profs : un duel ou une alliance ?

crédits : Studio 101

Que l’on soit bien d’accord : l’IA est un outil et non une fin en soi. Avec cette technologie, nos élèves seront mieux accompagnés et suivis mais les enseignants constitueront toujours la pierre angulaire de notre organisation pédagogique. Ils seront toujours indispensables pour créer des connaissances, enrichir la réflexion et faire grandir les jeunes.

Une fois cette précision faite, à nous de bien préparer cette révolution pour faire passer nos institutions dans une autre dimension.

Dans un premier temps, ces changements nous imposent une information et même une formation du corps professoral et des étudiants. A l’EM Normandie, des grands rendez-vous sont ainsi organisés avec des acteurs majeurs du domaine (chercheurs, scientifiques, experts…) pour acculturer chacun d’entre nous à ce thème et mieux maîtriser ses impacts sur l’enseignement et les métiers.

Un état des savoirs des apprenants à l’instant T 

Et si, grâce à l’IA, on pouvait avoir une visibilité constamment actualisée sur les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être des étudiants ; si on pouvait évaluer instantanément le chemin leur restant à parcourir pour atteindre l’objectif ou le métier visé ; si on pouvait s’adapter en temps réel aux attentes des recruteurs… Et si pour une fois avec les « si » on ne refaisait pas le monde mais on décrivait ce qu’il pouvait être ? Car c’est bien ce que développe pour 2019 l’EM Normandie, via sa filiale dédiée à l’innovation Ingénium Digital Learning.

Mais que devient le prof dans ce nouveau schéma ? C’est un facilitateur d’apprentissage qui met en perspective les savoirs fondamentaux, qui apprend à se poser les bonnes questions et qui renforce au final l’esprit critique. Nous sortons du face-à-face traditionnel : le sachant vs l’apprenant.

Un peu de philosophie…

Cette révolution comporte-t-elle des risques ? Sans doute, si nous croyons que les enseignants disparaîtront et que nous pourrons faire des économies. C’est tout simplement faux ! Nous devons au contraire investir massivement et recruter des enseignants de bon niveau, dans des disciplines plus larges.

Nous ne pouvons pas considérer que le périmètre des sciences de gestion d’aujourd’hui est identique à ce qu’il était hier. Le champ du management pour les jeunes générations est beaucoup plus large : on parle aujourd’hui de design, de codage, de sciences, de culture, etc.

Les grandes écoles de commerce doivent s’adapter, évoluer et s’ouvrir à de nouvelles spécialités. Et l’arrivée de l’IA nous pousse dans cette direction. Nous aurons besoin de la philosophie, de la sociologie, de l’histoire pour mieux questionner les impacts de la technologie sur nos organisations et plus largement sur nos sociétés. Nous devons apprendre à nos étudiants à être acteurs de leurs décisions. C’est une grande responsabilité, mais nous sommes prêts à relever le défi.

Témoignage d’un alumni…

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