Frédéric Noël, Grenoble INP - Génie industriel, UGA
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Grenoble INP-Génie industriel, UGA forme des ingénieurs supports aux transformations industrielles – L’interview de Frédéric Noël

30À Grenoble INP-Génie industriel, UGA, la vision de l’industrie 4.H s’affirme plus fortement. L’école forme des ingénieurs capables de déployer les technologies de l’industrie 4.0, tout en gardant l’humain au centre de la prise de décision et en intégrant les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux. Son directeur, Frédéric Noël, revient sur les piliers de cette approche.

Comment l’école intègre-t-elle les principes de l’industrie 4.H en 2026 ?

Nous affirmons plus fortement le positionnement de l’école dans une vision de l’industrie 4.H qui va au-delà de l’industrie 4.0. Notre posture se décline autour de trois piliers clairement identifiés. Le premier consiste à former des ingénieurs dotés de solides compétences en management : 35 % de l’enseignement relèvent des sciences humaines et sociales, hors langues et sport, et incluent l’économie, la gestion de projet, la sociologie, l’ergonomie, etc. Le deuxième pilier repose sur la capacité des étudiants à déployer les technologies de l’industrie 4.0 : cobotique, IoT, réalité virtuelle et augmentée et, aujourd’hui, les techniques d’intelligence artificielle. Quant au troisième pilier, il est incarné par des ingénieurs capables de travailler sur les transformations des entreprises, face aux enjeux de transition environnementale, de géopolitique et de complexité du monde actuel.

Comment cette approche se traduit-elle dans l’enseignement ?

Elle se retranscrit en priorité par un lien très fort avec les entreprises, des PME aux grands groupes, concrétisé par de nombreuses périodes de stage et des projets industriels. Nous faisons en sorte que l’industrie 4.H devienne une préoccupation constante de nos étudiants, à travers une culture de l’impact très forte. Ils sont notamment formés, dans l’ensemble de leurs cours, à mesurer l’impact des technologies qu’ils utilisent. Notre enjeu est de leur donner les clés pour qu’ils puissent déterminer le juste niveau de déploiement, en intégrant les conséquences environnementales, sociales et sociétales. Par exemple : quel est l’impact réel de la réalité virtuelle, d’une visioconférence ou de la fabrication additive ? Nous ne nous focalisons pas uniquement sur les outils. Nous leur demandons de percevoir leur futur métier comme une aptitude à témoigner d’un niveau acceptable, justifié et juste de la technologie.

La différence de vos jeunes dip’ sur le marché du travail ?

Les entreprises revendiquent la multidisciplinarité de nos diplômés, entre sciences humaines et sociales et ingénierie. C’est un parti pris historique de l’école. C’est ce qui permet d’avoir du recul sur les projets industriels, d’alimenter notre culture de l’impact, du risque et de la prise de décision en environnement incertain. En général, nos étudiants évoluent vers des postes de manager bien plus rapidement que d’autres. Les industriels attendent aussi de l’école qu’elle soit en avance de phase sur certains sujets, comme l’IA, et de nos étudiants qu’ils fassent preuve d’une ouverture réelle à une analyse holistique des problèmes et d’une forte capacité à apporter des réponses cohérentes face aux enjeux actuels.

La preuve par l’exemple

Sur les 150 étudiants par promotion, une vingtaine sont inscrits dans les parcours d’entrepreneuriat. Un marqueur fort de l’esprit de l’école. La Junior-Entreprise se positionne également sur des missions en phase avec l’enseignement. Les travaux de recherche dans les laboratoires associés à l’école permettent d’anticiper les transformations industrielles autour de concepts innovants : circularité, ergonomie des postes de travail, usages de l’IA, impacts de la régulation, intégration des technologies 4.0 dans les processus industriels. Ils permettent de maintenir l’école au meilleur niveau de réflexion sur les évolutions industrielles, mais aussi d’aider les partenaires dans leurs évolutions.

Votre message aux élèves ?

Le génie industriel, c’est le lieu où se concentrent les interfaces pour organiser des entreprises en phase avec la demande sociétale. Il y a de la place pour tout le monde, femmes et hommes, dans ces métiers axés sur l’environnement, la technologie et le management. C’est pourquoi nous avons besoin de l’ensemble des jeunes pour construire ce que sera l’industrie de demain.