À l’heure où la performance industrielle devient un enjeu de souveraineté nationale et de compétitivité internationale, Grenoble INP – Génie industriel forme ses étudiants à relever les défis du monde de demain. Son directeur, Frédéric Noël, nous explique comment.
Le fil conducteur de l’école pour l’année 2025 – 2026 ?
Grenoble INP – Génie industriel a l’ambition de maintenir l’humain au centre de la production industrielle. La 4ème révolution industrielle ne sera pas uniquement numérique, mais aussi avec des hommes au centre du système. Notre objectif est donc de former des spécialistes d’une industrie 4.H, capables de maîtriser le déploiement des technologies de l’industrie 4.0 : fabrication additive, robotique, réalité virtuelle et augmentée, IA… mais aussi de maintenir un pilotage humain pour une transformation soutenable des entreprises.
Quelle place occupe l’IA dans l’enseignement ?
Depuis sa construction il y a près de 35 ans, l’école a développé des techniques d’optimisation, – d’optimisation combinatoire notamment – et de recherche opérationnelle pour faciliter l’aide au pilotage des entreprises et favoriser des prises de décision objectives. Depuis ces dernières années, nous avons fortement développé ces techniques en intégrant les sciences des données, pour nous permettre, aujourd’hui, d’évoluer vers le déploiement des techniques d’intelligence artificielle dans nos méthodes de conception, et dans les techniques de suivi de chaînes logistiques, de fabrication, de production. C’est une vraie innovation pédagogique.
L’école des transformations industrielles
38 % des enseignements de l’école intègrent une dimension transformation environnementale et développement soutenable. L’idée est de favoriser les transformations soutenables pour favoriser la maîtrise pérenne des systèmes de production et des systèmes sociaux qui les accompagnent. En ce sens, un cours dédié au pilotage des transformations industrielles vient d’ouvrir en troisième année. Objectif : adresser les enjeux de réindustrialisation de l’Europe dans une vision de développement soutenable afin de faire face à toutes les crises, qu’elles soient environnementales, sociales ou géopolitiques.
Dans ce contexte, en quoi réside la différence Grenoble INP – Génie industriel ?
Nous sommes une école d’ingénieurs managers. Cela s’est inscrit dès la construction historique de l’école. De fait, nous formons des ingénieurs capables de piloter les dispositifs industriels dans toutes leurs dimensions grâce à 35 à 40 % d’enseignements en sciences humaines et sociales. Cette approche transverse et systémique, se retrouvera nécessairement dans la nouvelle formation diplômante pluridisciplinaire de niveau Bac +6 « Acteurs d’une économie régénérative » lancée dans le cadre de la T-En-School (Transition Entrepreneurship School) en partenariat avec l’Ensimag, l’Ense3 et le DHEP*. L’idée est de confronter les étudiants aux problématiques d’une société régénérative et de voir comment l’ingénierie peut y participer. Notre posture est de proposer l’analyse et le déploiement du juste niveau technologique pour les systèmes de production intégrés à la société.
Votre message aux jeunes talents ?
Les métiers de l’industrie sont très variés et vont évoluer vers des directions que l’on n’imagine pas encore aujourd’hui. Il y a donc de la place pour des jeunes hommes et des jeunes femmes qui souhaitent s’épanouir dans des projets porteurs de sens et transformer ces industries vers une société durable et soutenable et que l’on souhaite régénérative.
*Le DHEP ou « Département humanités et pédagogies » regroupe les enseignements communs à toutes les écoles : sport, langues, Sciences Humaines et sociales…