Interview Julien Cammisano Les Ateliers Bijoux

Les Ateliers Bijoux révèlent l’éclat des ingénieurs – L’interview de Julien Cammisano

Sortez des sentiers battus de l’ingénierie en rejoignant Les Ateliers Bijoux. Entre excellence artisanale, industrie de pointe et gestion de projets, les opportunités sont nombreuses en France et à l’international. Rencontre avec Julien Cammisano (Grenoble INP-Phelma, UGA 01), Directeur industriel Fancy Jewelry de cette entité qui conçoit et produit les collections de bijouterie fantaisie de Christian Dior Couture.

Quels sont les enjeux de la joaillerie fantaisie quand on travaille pour une Maison de luxe ?

Nous travaillons exclusivement pour la Maison avec une exigence absolue de qualité, de désirabilité et de durabilité. Nous nous appuyons sur des savoir-faire historiques en Allemagne et au Portugal, deux territoires reconnus pour leur maîtrise du travail du métal. Nous intégrons une grande partie des étapes de fabrication, tout en collaborant avec un réseau restreint de partenaires hautement qualifiés. Nous lançons dix collections par an et près de 2 000 nouvelles références. Entre le premier dessin du studio et l’arrivée du produit en boutique, il s’écoule six à huit mois. Le challenge ? Être réactifs sans compromettre la qualité ou l’esthétique du produit. Il faut réussir à trouver des solutions techniques et organisationnelles permettant de tenir les délais tout en respectant les standards de la Maison.

Quel est votre rôle dans cette mécanique complexe ?

Je fais en sorte que les collections soient prêtes pour les défilés, puis disponibles dans les boutiques du monde entier. Je coordonne des équipes diverses : designers 3D, artisans, chefs de projet, acheteurs, spécialistes de la supply chain, de la qualité, de la finance ou des RH. Nous sommes 250 collaborateurs en interne et près de 500 en comptant nos partenaires. J’ai la chance d’encadrer des personnes passionnées. C’est une force extraordinaire qui implique une grande dimension émotionnelle. Mon rôle est de trouver le juste équilibre entre les outils, le respect du savoir-faire artisanal, tout en préservant la richesse de ce métier : l’engagement humain.

Être ingénieur dans le luxe, c’est un duo gagnant ?

Oui car on y trouve toutes les compétences acquises en école d’ingénieurs : la gestion de projet, l’amélioration continue, la qualité, l’innovation, mais aussi les mathématiques, la programmation pour la supply chain, l’optimisation par l’IA et la maitrise des sciences des matériaux (métallurgie). Les défis techniques sont stimulants car les contraintes sont fortes et l’environnement exigeant. Le groupe LVMH dispose d’un réseau industriel solide en France, mais aussi en Italie, en Allemagne et au Portugal ce qui offre aux ingénieurs des opportunités sur l’ensemble des métiers. Par ailleurs, travailler à l’international permet d’apprendre à gérer des cultures différentes, d’élargir sa vision du management et de gagner en adaptabilité.

Votre parcours en est la preuve…

Effectivement. Le luxe est entré dans ma vie par hasard grâce à un stage proposé à Grenoble INP. J’y ai découvert un univers où l’excellence industrielle reste profondément humaine. Par la suite, j’ai eu la chance d’évoluer dans plusieurs pays et même de créer ma propre activité de conseil à Hong-Kong lorsque j’ai suivi ma femme en expatriation. Ces expériences m’ont permis de comprendre la réalité des grandes Maisons, mais aussi des fournisseurs. Cette vision 360° continue de nourrir ma vision du management et de l’industrie.

L’industrie française doit-elle oser faire plus de hors-piste ?

« Dans le luxe, La France a déjà démontré sa capacité à innover en trouvant le juste équilibre entre savoir-faire artisanal et industrialisation. Dans ce secteur, l’un des principaux enjeux reste la flexibilité, pour absorber les variations d’activité liées à la saisonnalité. Nous pourrions aller plus loin en développant davantage de souplesse dans l’organisation du travail et les contrats, tout en préservant les acquis sociaux et la protection des salariés. C’est un levier clé pour renforcer notre compétitivité. »

Grenoble INP. « Ma formation m’a apporté de solides bases en science des matériaux, électrochimie, génie des procédés et gestion de projet. J’ai commencé ma carrière dans le pilotage de projets et, depuis plus de 12 ans, je travaille au contact du métal. Cette culture scientifique me permet, encore aujourd’hui, de comprendre les procédés techniques, d’échanger avec les experts et de garder un lien concret avec le terrain. Cette capacité à naviguer entre management et expertise technique reste un atout précieux dans mon métier. »

Contact : jcammisano@christiandior.com