Cinq projets et sociétés accompagnés par le biocluster Genopole sont lauréats du concours mondial d’innovation (CMI) 2030, en phase d’amorçage. Il s’agit de la deuxième édition du CMI, organisé par l’Etat pour récompenser les porteurs d’innovations dans huit secteurs de croissance identifiés. Le soutien financier est destiné à favoriser la réussite des entreprises, existantes ou en cours de création, pour accélérer la commercialisation de leur produit, service ou procédé innovant, non encore disponible sur le marché.

 

Ambition « Médecine personnalisée » :

Traaser, stocker, analyser et interpréter les data du séquençage à haut débit 

Fondé par François Artiguenave et Ralph Eckenberg, le projet Traaser, développe des solutions numériques pour valoriser les données génomiques issues des technologies de séquençage à haut débit. L’objectif est de fournir une aide au diagnostic et au pronostic, aussi bien en R&D qu’à destination des cliniciens. Le projet, soutenu par le CEA, vise à structurer les énormes volumes de données produites par le séquençage haut débit, à les stocker, les analyser et à les interpréter. La solution garantit en outre la confidentialité des données grâce un module de chiffrement.

François Artiguenave, co-fondateur : « Ce prix constitue une rampe de lancement pour la création de notre société dans les semaines à venir et va nous permettre le recrutement d’un chef de projet en ingénierie informatique. Cette distinction nous apporte une crédibilité auprès des hôpitaux et des laboratoires que nous approchons pour tester en conditions réelles un pilote du logiciel, centré dans un premier temps sur deux pathologies. Notre objectif est de remettre aux cliniciens une interprétation compréhensible des données du séquençage qui pointe les mutations génétiques pouvant être délétères ou susceptibles d’indiquer la qualité de la réponse au traitement envisagé ».

 

AP Advance, développer un patch pour les diabétiques de type I

AP Advance porte le projet d’un patch destiné aux patients atteints de diabète de type I. Léger, petit, facilement applicable sur l’abdomen, le patch est capable à la fois de mesurer le taux de glucose et d’injecter la quantité nécessaire d’insuline de façon automatique. Les patients insulino-dépendants peuvent prendre connaissance des paramètres mesurés grâce à une application sur smartphone.

Yann de Boysson, co-fondateur d’AP Advance : « L’équipe est ravie d’être lauréate de cette nouvelle édition du Concours mondial de l’innovation, un succès qui représente à la fois un accélérateur significatif pour le développement de notre innovation et un label pour la recherche de financements. La subvention obtenue financera le projet PRECLAP : Preclinical evaluation of a closed-loop artificial pancreas ».

Endodiag, améliorer le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose

Afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose, affection gynécologique invalidante touchant 10% des femmes en âge de procréer, Endodiag propose une nouvelle méthode moins invasive, plus informative et moins coûteuse : le test pronostic EndoPrint®. Il s’agit de détecter la présence d’une combinaison de marqueurs spécifiques de l’endométriose dans le liquide péritonéal afin de dépister de façon spécifique et sensible la maladie. Ce liquide sera prélevé par voie naturelle (transvaginale) évitant ainsi une chirurgie et sera testé grâce à un kit de diagnostic in vitro. L’analyse du liquide déterminera également le risque de récurrence de chaque patiente et orientera la stratégie thérapeutique.

Cécile Real, présidente d’Endodiag : « Le prix CMI est une très bonne nouvelle pour nous et une forte reconnaissance des travaux de recherche que nous menons. Il va nous permettre de financer et d’accélérer le développement d’un nouveau produit qui vient compléter notre offre. Ce produit permettra un diagnostic plus précoce de l’endométriose à l’aide d’un geste minimalement invasif mais aussi l’obtention d’informations plus précises sur la maladie pour une meilleure prise en charge des patientes. 2016 est une année clé pour nous. Nous préparons une levée de fonds pour étoffer l’équipe et étendre notre activité. Le renforcement de nos fonds nous permettra de préparer la commercialisation fin 2017 ».

Ambition « Chimie du végétal » :

PiLi Biotech, produire un biocolorant bleu indigo

PiLi Biotech, récompensé d’un prix Coup de cœur lors du concours Genopole 2014, utilise des bactéries capables de transformer efficacement de la matière organique en colorants. PiLi concentre actuellement ses recherches sur la bioproduction d’un colorant proche du bleu indigo.

Jérémie Blache, co-fondateur et directeur général : « Ce prix va nous permettre de recruter trois personnes et financer un programme de recherche sur notre premier colorant bleu. Nous prévoyons également d’accélérer le développement de collaborations avec des partenaires industriels. L’industrie textile consomme énormément de colorants synthétiques, nous en portons tous les jours sur nous. Nous avons donc la conviction que l’atout environnemental de notre bio-colorant est de nature à intéresser les industriels du textile soucieux de promouvoir des procédés de teinture et des produits plus
« propres » prenant la route de «l’après-pétrole » qui se dessine grâce à la chimie verte et aux biotechnologies. Nous allons réaliser des travaux d’optimisation de production et une série de tests préindustriels pour atteindre les performances requises à l’intégration des colorants : résistance à la lumière, aux variations de température… Nous n’avons aucun doute sur le fait que la bioproduction permette d’atteindre des prix compétitifs, d’autant que ceux des colorants de synthèse augmentent à cause de réglementations renforcées et de tensions sur les intermédiaires chimiques produits en Asie
».

Ambition « Silver Economie» :

Acticor Biotech, traiter en urgence les accidents vasculaires cérébraux ischémiques

Acticor Biotech est une société, spin-off de l’INSERM, qui développe une stratégie thérapeutique innovante pour traiter en urgence les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques qui frappent une personne en France toutes les quatre minutes et représentent la deuxième cause de démence dans le monde après la maladie d’Alzheimer.

Acticor développe un anticorps (ACT-17) agissant comme antiagrégant plaquettaire dans le traitement initial de l’AVC ischémique. Un des atouts du traitement est la diminution du risque hémorragique associé par rapport aux traitements similaires existants.

Gilles Avenard, président : « Etre lauréat du CMI représente un levier très important pour l’obtention de résultats pharmacologiques chez le primate à mi- année. Une fois ces résultats obtenus, nous aurons la preuve de concept du candidat-médicament, passerons à la préclinique puis aux essais cliniques (chez l’homme) en 2017. Cela va nous permettre d’approcher parallèlement de nouveaux investisseurs. Il faut savoir que l’accident vasculaire cérébral est une pathologie dont le nombre de décès va doubler dans le monde dans les vingt prochaines années, du fait du vieillissement de la population. Avoir un traitement immédiat compatible avec les technologies d’aujourd’hui représente donc un enjeu crucial ».