Travailler à votre compte, sans dépendre d’un patron vous tente ? Etre freelance est peut-être la bonne opportunité pour vous. Mais attention ! Cela demande réflexion pour mener à bien son projet. Johann Ouaki, freelance pendant 10 ans, auteur du livre Tu vas aimer être en freelance et fondateur de SOTØ, agence de communication et de formation, vous donne de précieux conseils. A lire absolument avant de vous lancer ! 

 

Les freelances, de plus en plus nombreux en France ?

C’est un fait. De plus en plus de jeunes diplômés se lancent en tant que freelance. Il y a 15 ans, c’était rare ;  aujourd’hui, c’est entré dans les mœurs et cela permet de légitimer le freelance.
Historiquement, ce sont majoritairement les personnes travaillant dans la communication qui étaient en freelance. Aujourd’hui, on voit de nouveaux métiers s’y mettre, majoritairement les métiers créatifs comme chef de projet, rédacteur…

Etre freelance, qu’est-ce que ça veut dire ?

Alors que le mot « freelance » est sur toutes les bouches, le terme n’existe en réalité pas en France. « Il n’a pas d’existence juridique, fiscale, c’est un terme anglo-saxon », introduit Johann  Ouaki. Le terme freelance sous-entend un indépendant qui fait de la prestation de service pour des entreprises. »
A ne pas confondre donc avec « indépendant », qui est une façon de travailler et « microentrepreneur » – le nouveau terme pour autoentrepreneur – qui est un statut fiscal.
« Freelance ne veut pas dire microentrepreneur. Un fleuriste peut pas exemple être sous statut microentrepreneur mais ne sera pas freelance. Un graphiste peut lui être freelance et microentrepreneur », donne comme exemple Johann Ouaki.

Il est difficile de comptabiliser le nombre de freelances en France. Selon Eurostat (direction générale de la Commission européenne chargée de l’information statistique à l’échelle communautaire), ils seraient 930 000 en 2019 contre 700 000  en 2013. Un chiffre à prendre avec prudence puisque derrière terme de freelance, Eurostat parle de « travailleurs indépendants qualifiés qui vendent leurs services à des clients soit directement, soit via des plateforme ».

Le bon plan pour un jeune diplômé ?

En  tant de crise économique, être freelance peut s’avérer plus simple que de trouver un emploi en CDD ou CDI.  Mais il y a aussi beaucoup d’inconvénients et il faut en être conscient avant de se lancer. Etre en freelance, c’est beaucoup de stress.

Tout d’abord, vous n’avez pas accès à la protection sociale et donc pas de filet de sécurité. Quand le business marche bien ce n’est pas un problème mais le jour où cela devient dur, vous n’avez pas le droit au chômage et ni à aucune indemnisation ou compensation. Il faut alors « s’auto-protéger », c’est-à-dire intégrer dans ses tarifs sa propre protection pour les périodes de creux, d’inactivité.
Un conseil : ne pas avoir peur de facturer au juste prix. Souvent, les jeunes n’osent pas, ils ont honte, peur de ne pas être crédibles, de ne pas trouver de clients mais c’est faux. Sous-facturer ses prestations c’est se mettre en danger.

Deuxième élément à avoir en tête : vos clients ne vous doivent rien, ils ont le droit d’arrêter de travailler avec vous du jour au lendemain.

Troisième élément : vous êtes chef d’entreprise et avez donc en charge, entre autres, la gestion administrative. Il faut s’y mettre, avoir envie de comprendre comment ça marche : le regard sur les chiffres, l’anticipation, les échanges avec l’URSAAF, la sécurité sociale… Il faut le prendre comme un vrai job. C’est quelque chose que l’on n’apprend pas à l’école, ni quand on est salarié d’une entreprise.

Trois qualités indispensables au freelance

Avoir le sens du service client et du relationnel pour se faire une clientèle. Vous pourrez être le meilleur graphiste du monde, si vous n’avez pas de client, cela ne fonctionnera pas !
Etre débrouillard : si vous gérez mal vos affaires, personne ne le fera à votre place.
Etre touche-à-tout, pour gérer l’administratif, s’organiser… A l’image du startupper, il faut être capable de tout gérer.

Quelle est la première chose à faire quand on se lance en tant que freelance ?

Trouver des clients ! C’est la première chose à faire avant même de déclarer quoi que ce soit. Ensuite on se pose la question du statut juridique. Quasiment tout le monde commence en microentreprise car c’est avantageux fiscalement. Il faut se rendre sur le site http://www.autoentrepreneur.urssaf.fr pour s’inscrire et en 5 minutes, c’est fait ! Avec ce statut, il ne faut pas dépasser 70 000 euros de chiffres d’affaires par an. Mais si vous les dépassez, bien sûr,  c’est bon signe !

Il existe d’autres statuts : SARL, SAS, EURL… Il faut bien se renseigner avant de choisir. Exemple, si vous avez du patrimoine à protéger en cas de faillite, certains statuts sont à éviter car le patrimoine de l’entreprise et personnel sont confondus.
Renseignez-vous aussi sur les aides allouées aux débutants qui se lancent,  aux aides pour les petites structures…

Un conseil pour s’en sortir en période de crise ?

Les périodes de crise font souvent peur mais il ne faut pas oublier que ce sont aussi des périodes où les plus belles idées naissent car vous êtes obligés d’être créatifs.
De même, beaucoup d’entreprise licencient par peur ou par anticipation, et peuvent ensuite avoir besoin de freelances.
Enfin, ne soyez pas défaitiste !