Élu administrateur général de Grenoble INP – UGA en février 2024 et Président du Groupe INP en novembre de la même année, Vivien Quéma dresse le bilan de sa première année de mandat et partage ses ambitions pour Grenoble INP – UGA. Régénération, mode d’emploi !
Quels grands chantiers avez-vous lancés ?
Cette année a été placée sous le signe de l’action. Notre ambition était tout d’abord d’accélérer notre transformation administrative et vers un monde régénératif. Avec un impératif : harmoniser les pratiques au sein de nos huit écoles et vingt-huit laboratoires pour faire progresser notre administration distribuée au service de l’efficacité globale et de la qualité de vie au travail de nos personnels. Nous avons ainsi lancé un premier grand chantier et mis en place différents groupes de travail avec pour mission de dresser un état des lieux des processus actuels, fonction par fonction (RH, finance, formation, recherche, système d’information, etc.) et de définir de nouveaux processus cibles pour simplifier nos pratiques. Par ailleurs, nous avons lancé un deuxième grand chantier visant à bâtir un nouveau modèle économique et financier pour l’établissement. L’objectif est simple : déterminer comment allouer notre budget (constitué à 40% de ressources propres) de la façon la plus pertinente et juste possible entre les différentes activités (recherche, innovation, développement des relations entreprises et des relations internationales, etc.) et composantes de l’établissement.
Et d’un point de vue organisationnel ?
Nous travaillons de façon collective sur ces projets. Dès l’automne 2024, nous avons testé un nouveau mode de gouvernance de l’établissement autour d’un collectif de dirigeants chargés de prendre les grandes décisions stratégiques. Outre les 10 vice-présidents de l’institut et moi-même, le directoire de Grenoble INP – UGA intègre les huit directrices et directeurs d’école et huit directrices et directeurs de laboratoires, ainsi que des membres invités. Nous travaillons collectivement et n’hésitons pas à mettre en place des groupes de travail pour instruire des questions stratégiques portant sur les RH, la finance, la formation, etc.
Cap sur Grenoble INP – UGA 2035
Grenoble INP – UGA va lancer prochainement une réflexion afin de se projeter dans 10 ans et d’imaginer à quoi ressemblera l’institut d’ingénierie et de management en 2035. Quels domaines couvrir, quelle organisation adopter, quel découpage en laboratoires, quels profils étudiant recruter, quelle part d’apprentissage et de formation continue… ? Autant de questions auxquelles répondre collectivement (avec la communauté formation-recherche, les personnels d’établissement, etc.), pour construire la vision de ce à quoi devrait ressembler l’établissement et ainsi préparer la feuille de route des années à venir.
Concrètement, comment entendez-vous devenir un moteur de la transformation vers un monde régénératif ?
À travers des actions externes tout d’abord, menées par les ingénieurs et managers que nous formons, les recherches que nous produisons ou les actions que nous mettons en place. Les écoles se sont emparées du sujet, et ont adapté leurs parcours pour former de nouveaux talents armés pour devenir acteurs de cette transformation. Certaines initiatives sont soutenues par des projets Compétences et Métiers d’Avenir (CMA) financés par l’État dans le cadre du Plan France 2030 dans des domaines aussi variés que les matériaux biosourcés, l’IA, le numérique éco-responsable, l’hydrogène ou la microélectronique. Sur le plan de l’innovation, notre incubateur Right Tech nouvellement créé met l’accent sur les projets d’entrepreneuriat étudiant orientés vers le principe de technologie au juste niveau pour un usage juste. Objectif : promouvoir des usages raisonnés et durables de la technologie en lien avec ce nouveau monde régénératif. Enfin, côté recherche, la future chaire portée par la Fondation Grenoble INP visera à réfléchir sur ces économies régénératives à travers l’étude de différents verticaux, tels que l’industrie de la montagne par exemple.
Quid de vos relations avec les industriels justement ?
L’ADN de Grenoble INP – UGA est de travailler avec et pour le monde socio-économique. L’Institut Polytechnique de Grenoble avait été créé à l’époque pour répondre à un besoin industriel, par les industriels du bassin grenoblois. Nous avons notamment l’ambition de bâtir un cercle de partenaires qui partagent notre vision du régénératif. En ce sens, la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) nous a permis d’établir un certain nombre de contacts pour enrichir notre portefeuille de partenaires industriels concernés par les questions de régénération.
Former les acteurs d’une économie régénérative
En septembre 2025, Grenoble INP – UGA ouvre le cursus ingénieur de spécialisation Acteur d’une économie régénérative avec la SCOP Alma, entreprise marraine de la première promotion. Ce cursus d’un an est destiné aux titulaires d’un diplôme d’ingénieur souhaitant acquérir des compétences complémentaires pour conduire des projets à visée régénérative en entreprise. Pensée dans une approche interdisciplinaire mêlant sciences de l’ingénieur et sciences humaines et sociales, la formation, portée par Grenoble INP – Ensimag, bénéficie des expertises scientifiques de toutes les écoles de Grenoble INP – UGA, et couvre un large spectre de thématiques : éco-conception et ingénierie régénérative, économie circulaire et biosourcée, numérique responsable…
Et à l’international ?
Côté international, mon ambition est de faire de l’alliance Unite! – University Network for Innovation, Technology and Engineering une extension européenne de Grenoble INP – UGA. L’idée est de systématiser la création de doubles diplômes et de parcours pour que tout élève qui le souhaite puisse poursuivre ses études au sein de Unite! Nous sentons aujourd’hui le besoin de renforcer les liens, d’être solidaires et de créer une identité européenne, et un espace européen de l’enseignement et de la recherche. Nous avons besoin d’une Europe forte !
À quoi ressemblera donc le jeune dip’ Grenoble INP – UGA demain ?
Dans un monde en transition, ingénieurs et managers doivent de plus en plus développer toute une collection d’expertises techniques, en ingénierie, en sciences humaines et sociales, en management, en marketing, en propriété intellectuelle, etc. Le fait de concilier ingénierie et management au sein d’un même institut est une excellente décision qui va nous permettre d’être à la pointe dans les années à venir et de répondre aux exigences d’un monde régénératif dans lequel il faudra être en mesure de considérer les problèmes de façon systémique, en prenant en compte toute la chaîne de valeur : depuis la réalisation d’un nouveau procédé pour répondre à un besoin jusqu’à la réparation et au recyclage du produit. Notre rôle est donc d’accompagner les étudiants et les étudiantes, de leur donner le bagage qui va leur permettre d’évoluer dans ce monde complexe. Comment ? En développant des expertises hybrides et en leur apprenant à travailler dans un environnement multiculturel. Nous devons les aider à construire leur propre chemin tout au long de leurs quatre ou cinq décennies de carrière.