Classée parmi les meilleures formations publiques de France en 2025, Grenoble INP – Phelma est reconnue pour sa capacité à former des experts en phase avec les défis du monde actuel. Alice Caplier, sa directrice, partage sa feuille de route.
Les piliers de l’école en 2025 – 2026 ?
Nous entendons développer nos formations dans les domaines technologiques liés à l’ingénierie durable. Toutes nos filières d’ingénierie ont été labelisées en tant que filières menant à des compétences et des métiers d’avenir dans le cadre du programme France 2030 : dans le domaine des batteries, de l’informatique quantique, de l’hydrogène décarboné, de l’intelligence artificielle, de l’électronique, de la santé numérique, du spatial et du nucléaire. Nous participons également à un projet européen, en collaboration avec d’autres universités partenaires. L’idée est de développer une bibliothèque de ressources, de formations et de cours en ligne autour de l’électronique durable. Car il est indispensable aujourd’hui de s’inscrire dans une ingénierie durable. Je dirais donc aux jeunes en quête d’une école d’ingénieurs de ne pas regarder le classement mais plutôt les spécialités que propose l’école.
Et d’un point de vue pédagogique ?
Nous adaptons également notre offre de formation pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux, toujours dans cette optique de former des experts sur un domaine d’ingénierie spécifique, mais avec une culture scientifique générale. Dès la 1re année, un cours commun portera sur les enjeux scientifiques et économiques de la transition écologique. En 2e année, nous mettons l’accent sur l’analyse du cycle de vie des produits et le bilan carbone. Enfin, les questions d’éco-conception et de recyclage seront abordées en 3ème année. Il est là aussi nécessaire de faire évoluer nos formations pour s’inscrire dans une trajectoire dans laquelle nos élèves pourront se sentir acteurs de l’ingénierie durable. C’est en ce sens que nous avons signé un double diplôme en nucléaire civil avec l’université Satbayev du Kazakhstan, en présence de Madame l’ambassadrice du Kazakhstan en France.
Au-delà de la formation, comment participez-vous à former des acteurs engagés ?
Notre forte ouverture à l’international y est justement pour beaucoup. Non seulement nos élèves doivent obligatoirement justifier d’une expérience à l’international – a minima un semestre à l’étranger – pour être diplômé, mais nous accueillons également de nombreux étudiants internationaux. Ces derniers sont souvent frappés par le haut niveau de technicité des travaux pratiques et des équipements auxquels ils ont accès, comme une salle blanche ou un microscope électronique à balayage, ce qui est très rare dans une école. Notre proximité avec l’écosystème de recherche grenoblois – le 2e en France pour les sciences de l’ingénieur – nousp permet de rationaliser le matériel. Certains étudiants profitent également de leur année de césure pour partir à l’étranger. Le projet Échos des Andes a ainsi permis à un groupe d’élèves de parcourir la Cordillère sud-américaine, l’Argentine, le Chili, la Bolivie, pour explorer les effets du dérèglement climatique sur les glaciers des Andes. Cette ouverture multiculturelle et les échanges qu’elle induit participent pleinement à développer l’esprit critique et à former des ingénieurs conscients des enjeux scientifiques par-delà les frontières.
Céline Ternon, prix Irène Joliot-Curie 2024
Témoin de l’excellence de l’école, Céline Ternon, maîtresse de conférences à Grenoble INP – Phelma, UGA et chercheuse au LGMP, vient de recevoir le prix Irène Joliot-Curie 2024. Ce prix récompense également son engagement en faveur de la parité homme-femme et de l’accès des sciences à tous, en particulier aux jeunes filles. Un engagement partagé par toute l’école : chaque année, à l’occasion de la fête des sciences, une trentaine d’élèves intervient dans les écoles primaires, collèges et lycée pour vulgariser et démystifier les sciences.