Comment la crise de la Covid a-t-elle mis en avant le management féminin, et plus généralement, fait émerger de nouvelles formes de management ?

 

L’empathie est l’un des adjectifs employés pour qualifier le management au féminin. Sans que cela soit négatif ou positif pour autant, il semble le mieux décrire la façon dont les femmes gouvernent ou gèrent une entreprise. Ces managements ont fait beaucoup parler d’eux ces derniers temps dans le contexte de crise sanitaire, jusqu’à démontrer que les pays où les crises étaient le mieux gérées l’étaient par des femmes, comme la Finlande, la Nouvelle Zélande, l’Islande, ou l’Allemagne. Des faits qui sont intéressants à observer, tant la crise de la Covid a remis en cause les traditionnels modes de gouvernance comme de management.

La crise en question

Il est vrai que cette crise sanitaire a remis beaucoup de choses en question, que ce soit nos manières de vivre, de consommer, de gouverner, ou bien encore de manager. En effet, cette crise a d’abord fait émerger de manière rapide et exponentielle une nouvelle forme de travail : le télétravail. Un processus qui change, en particulier à distance, structurellement la vie professionnelle de tous les employés, chacun doit rester chez lui, isolé, la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle devient de plus en plus floue. Au-delà de question de chiffres, de rentabilité et d’opportunité business, diriger une équipe est aussi et surtout de l’humain.  Cette situation nous a contraint rapidement à changer notre approche du management et a imposé de nouvelles questions : l’attention et la reconnaissance sont devenues centrales. Tous les moments quotidiens d’échanges spontanés dans l’entreprise, autour d’un café, ou quand se croisent dans les couloirs mangers et salariés, sont des moments précieux qui participent eux aussi au bon fonctionnement d’un collectif et sont à mes yeux clef pour se sentir bien au travail.

Comment féliciter ses équipes, comment les encourager, comment essayer de recréer justement ces petits moments à distance (en virtuel) ?

Garder le lien !

A l’Innovation Factory, et à la Web School dont je suis présidente, nous avons très vite mis en place de nouvelles modalités afin de garder ce lien : apéritifs en visio avec l’équipe, création d’un groupe de discussion où l’on échange sur nos avancées, où l’on partage des anecdotes du quotidien et où chacun s’encourage sur ce qu’il a à faire.

Ces exemples montrent simplement que chaque entreprise a dû réinventer sa vie collective ailleurs qu’au sein des locaux habituels, et s’organiser de manière à ce que chaque employé se sente entouré et puisse travailler dans les meilleures conditions possibles.

Tout cela a fait émerger de très belles postures de management homme et femme, car même si spontanément les femmes agissent de manière plus sensible et plus empathique, pour moi le management n’a pas de sexe, et les hommes ont su également durant cette crise faire preuve de belles initiatives humaines et inventives.

Ce qui est va également être intéressant de voir, c’est comment ces nouvelles démarches vont s’inscrire dans le temps. Si celles-ci-vont perdurer quand cette crise sera derrière nous, et comment celles-ci vont impacter durablement la vie collective au travail et de ce fait, les façons à long terme de manager.