Les étudiants post-Covid qui sortiront de nos écoles de management demain auront quelque chose de sensiblement différents de leurs prédécesseurs. Ils auront traversé l’arrêt de l’économie mondiale, le confinement des populations, une infobésité politico-médicale désorientante, l’incertitude du lendemain comme un fait et non un concept d’agilité, sans nul doute la première pénurie de leur existence confortable, des villes muettes, une planète qui respire mieux pendant quelques semaines, la restriction contrôlées des déplacements, la vie masquée et, enfin, la distanciation sociale.

 

La fin des corps à corps dans l’enseignement

Ils auront aussi vécu un enseignement sans corps à corps du fait de la contrainte de distanciation. D’abord par l’intermédiaire d’outils d’interactions à distance déjà connus mais utilisés jusqu’à présent plus par défaut ou contrainte que par envie, puis sur des campus virtuels proposant, dans des parcs arborés, des salles de cours numériques, des salons d’expositions virtuels, des salles de séminaires ou encore des amphithéâtres dessinés… dont les capacités d’accueils à géométrie variable et les équipements (nombre de bureaux, d’ordinateurs, d’écrans muraux…) évoluent en fonction des besoins, sur le moment, de leur utilisateur. Sur ces campus, les avatars des enseignants serrent les mains des avatars de leurs étudiants, leurs parlent, les organisent en équipes, passent de l’une à l’autre pour en accompagner les travaux et les invitent en salle plénière pour en faire le feed-back et apporter de la valeur. Ceci fait, ils les envoient en pause sur des terrains de football, des plages de sables fins au bord desquels des bateaux en libre accès permettent de s’évader en haute mer dans un design d’une qualité qui n’a rien à envier au plus performant des jeux en ligne. Et pour cause ce sont ces entreprises qui ont développé ces techno-pédagogies. Pour les enseignants attachés au corps à corps, ce que préfigure ces technologies pourrait être troublant.

M² vs octets : vers des écoles sans classes ?

Pour l’instant ces outils ne se substituent qu’aux classes, pas aux personnels enseignants.  Associée à l’intelligence artificielle, ils pourraient y parvenir, notamment sur les sujets très algorithmisables, pour générer prof-Bot. Mais les effectifs d’autres ressources connexes pourraient en pâtir. la potentielle réduction des m² au profit des octets et le renforcement de l’autonomisation des enseignants dans leurs taches réduisent les besoins de nettoyage et d’entretien des classes et équipements (vidéoprojecteur, lumière, son…). Plus besoin de réserver une salle auprès d’un service planification puisque celle-ci matérialisera au fur et à mesure des besoins d’un cours en étant customisée à partir d’un catalogue d’options à la disposition des enseignants. Dimensionner une classe, l’équiper en bureaux virtuels et ordinateurs, afficher autant d’écrans muraux que nécessaire, créer des zones privées pour les travaux d’équipes, inviter des intervenants en générant automatiquement leurs contrats de travail constituera demain un acte banalisé. En support de cette monté e en autonomie et de ce catalogue, des puissances de calculs garantiront la stabilité du système : plus de conflits de classes réservées au même moment, d’étudiants invités à deux cours en même temps, de non-accès à des documents… Aux commandes, des ingénieurs informatiques associés à des experts de la pédagogie maintiendront la stabilité de ses systèmes et accompagneront leurs modernisations vers l’holographie ou les casques 3D. Certains imaginent déjà assister à un cours d’histoire du management en visitant la première usine reconstituée de FORD ou de HEINZ avec, en chair et en os virtuels, le plus célèbre des consultants pour les guider : F. Taylor. Nous écouterions son post-avatar (avatar représentant réellement le personnage) partager ses idées avec nous. D’autres imaginent assister en « direct », grâce aux progrès de l’holographie, aux cinq conférences prononcées par Freud en 1909 à la Université Clark aux Etats-Unis en participant à la séance de questions qui lui avaient été posées.

La promesse de progrès sociétaux

Connectés par leurs avatars, des étudiants éloignés n’auront plus qu’à réunir l’argent de leur inscription pour suivre un enseignement à Grenoble Ecole de Management sans couts connexes (avion, logement, bouche…). Dans ce modèle, un handicap de mobilité ne l’est plus puisque l’avatar garantie l’égalité d’accès des toutes et tous. Un étudiant pourrait choisir sa langue, stopper une conférence pour approfondir une idée avant d’y revenir plus tard sans perturber le système. Chacun pourrait avancer au rythme de ses facultés. Déjà, les MOOC (massiv open online courses) portaient la même promesse. Il s’agissait de cours à distance proposés par des établissement scolaires ou des universités accessibles à tous et gratuitement (du moins au départ) sur Internet. Les campus virtuels ajoutent au MOOC la facilité des rencontres, le corps à corps virtuel, du fun au service de l’enseignement, un design exceptionnel et surtout, des perspectives sans limites autres que celles de la technologie. Il participe à renforcer l’intention des institutions à garantir l’égalité d’accès à l’enseignement et de traitement dans l’enseignement.

Un risque d’intensification du réel du travail des enseignants

Les outils interactifs dont l’utilisation est devenue la règle du fait de la distanciation commencent à faire grincer les enseignants qui, pourtant, les ont adoptés. En corps à corps classique, des services administratifs regroupaient les étudiants en classes, construisaient leurs plannings (cours, examens, soutenances…) et généraient la rencontre avec l’enseignant. Celui-ci n’entrait en interaction avec l’étudiant qu’en arrivant en classe. Avec ces technologies, ces temps induits (invitation de la classe à chaque cours, constitution en amont des sous-groupes) et d’autres (customisation de la classe, nettoyage de celle-ci en fin de cours, gestion des problèmes de son, d’image…) s’ajoutent au travail des enseignants. Certaines voix s’élèvent déjà parmi les enseignants pour une prise en compte de cette évolution du réel de leur travail. Il y a de la pénibilité dans toute transformation. Mais quand elle vaut la peine, elle est moins pénible et ne représente qu’un coût à absorber. Le management de l’enseignement aura la responsabilité d’ouvrir, en parallèle de l’investissement technique, des chantiers d’amélioration de la QVT portés par les parties prenantes de ces tecno-pédagogies.

Ce distanciel est à double-tranchant. Il répond à des situations comme le Covid-19. Mais cette distance est une contrainte de crise sanitaire. Elle ne devrait donc en avoir que la durée. En réalité, la crise a accéléré une tendance commencée bien avant. D’une réponse de crise nous pourrions passer à un nouveau modèle de dispense des enseignements. Cette transition embarque toutes les parties prenantes de la formation, représentant des millions de personnes. Or, sans réflexion critique sur la distanciation facilitée par ces technologies, elle pourrait conduire à l’isolement. Celui-ci est déjà un problème sociétal dont les conséquences en termes de santé sont connues, dont les coûts économiques sont estimés et dont les impacts managériaux sont anticipables. On en parle classiquement pour les personnes âgées ou en difficultés d’insertion dans l’emploi. La problématique pourrait concerner demain des actifs employés. Une société civile devrait s’emparer à priori de cette problématique. Une société privée devra aussi s’en emparer car, par exemple, comment développer tout d’appartenance à une école quand celle-ci n’a plus de classe ? Comment générer l’appartenance à une identité collective quand des écrans ou des avatars interposés nous en bloquent l’accès émotionnel ? Comment valoriser l’autonomie renforcée des enseignants ? Comment repenser le travail des services supports  et la QVT des apprenants ?

L’enjeu social et sociétal à court terme est de trouver le juste équilibre entre des technologies grisantes le respect des humanités nécessaires au sens de la pratique de l’enseignement.

L’auteur est Karim Benameur, professeur à Grenoble Ecole de Management

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